Passer au contenu principal

Résultats de notre sondageOui au vaccin anti-Covid, mais sans contrainte

Une majorité des quelque 5000 participants à notre enquête en ligne se déclare prête à se faire vacciner. Le «passeport Covid» suscite une approbation timide.

La vaccination contre le Covid-19 fait toujours débat.
La vaccination contre le Covid-19 fait toujours débat.
Keystone/EPA/Guillaume Horcajuelo

Depuis deux semaines – une semaine environ pour Genève et Vaud –, le vaccin contre le Covid-19 a commencé à être administré en Suisse. Un sérum particulièrement attendu si l’on en croit les résultats du sondage que nous avons soumis lundi à nos lecteurs et auquel près de 5000 d’entre eux ont participé.

Les sondés sont une très large majorité (75%) à indiquer leur intention de se faire vacciner, dont près de 58% dès que cela sera possible. «Je suis une personne à risque et la vaccination permettra de se protéger ainsi que de protéger son entourage», justifie par exemple un des participants. La plupart mettent ainsi en avant leur statut de personne âgée, quand d’autres évoquent un acte de «solidarité», de «bon sens» ou encore la volonté de «retrouver une vie normale».

Les personnes favorables à la vaccination mais désireuses d’«attendre un peu» invoquent souvent une prudence liée à l’efficacité du sérum ou encore à ses effets secondaires. «Je ne suis pas dans les personnes à risque», explique un des sondés qui, comme d’autres, préfère laisser la priorité à ceux qui en ont besoin.

Parmi les réfractaires, seuls 12,5% affirment ne vouloir «en aucun cas» se voir administrer le vaccin. Les explications données par ces votants démontrent majoritairement un manque de confiance envers un sérum «trop vite mis sur le marché», certains craignant là aussi ses effets secondaires. D’autres encore justifient leur refus par le fait qu’ils ne font pas partie des groupes à risque.

Non au vaccin obligatoire

Et ce vaccin, faut-il le rendre obligatoire? Pour nos lecteurs, c’est clairement non (54%). Ils mettent largement en avant «la liberté individuelle» pour expliquer ce choix. «Ce serait un pas dans le sens d’une société restrictive, ce qui est ma crainte en ce moment. Expliquer et donner l’exemple est mieux», souligne l’un d’eux, indiquant par ailleurs vouloir se faire vacciner «dès que possible».

Les personnes favorables à une vaccination obligatoire exigent à une courte majorité (19%) qu’elle le soit pour tous, tandis que 17,5% y consentent si le cours de l’épidémie n’est pas enrayé et 9% uniquement pour les personnes à risque. Les arguments avancés par ces votants sont la sauvegarde de la santé publique ou encore de l’économie. «Si la responsabilité individuelle ne suffit pas à obtenir un pourcentage suffisant de personnes vaccinées, alors je pense qu’il faudrait rendre la chose obligatoire», estime un participant au sondage.

Petit oui au «passeport Covid»

Quid d’un «passeport» ou «certificat» Covid qui réserverait l’accès à certains lieux, manifestations ou services aux personnes vaccinées? Cette idée, qui est dans l’air depuis quelque temps déjà, divise toujours à en croire notre sondage. Une légère majorité (52,4%) y est favorable tandis que 47,6% des sondés rejettent le projet.

«Un carnet de vaccination a toujours existé (du moins dans mon enfance et je l’ai toujours), pourquoi ne pas continuer?» interroge un internaute en faveur du «passeport Covid». «Il n’y a pas d’autre façon d’éviter que des personnes qui auraient refusé la vaccination et qui sont éventuellement porteuses du virus ne puissent pas contaminer d’autres personnes dans des situations de rassemblement», tranche un autre.

Les votants contre ce projet crient, eux, à la «restriction de libertés» ou à la discrimination. «Ce passeport Covid poserait de nombreuses questions liées à l’éthique. Moralement, cela me semble une très mauvaise idée», avance une personne interrogée, alors qu’une autre critique «un moyen détourné d’imposer la vaccination».

34 commentaires
    Alain Burnand

    Le vaccin est le contraire du masque : le masque protège l'entourage, non le porteur. La vaccin protège le vacciné, non son entourage.