Dans la rubrique Réflexions du 21 décembre dernier, le politologue René Knüsel pose la question: «Paie-t-on trop d’impôts dans le canton de Vaud?»… pour répondre, sans surprise, par la négative. On se permettra de le contredire: à l’évidence, les contribuables vaudois sont trop lourdement taxés.
Comment expliquer, sinon, que depuis une décennie les excédents de recettes cumulés dépassent les six milliards de francs, soit une moyenne annuelle de quelque 600 millions de francs? Comment justifier de tels surplus alors que, sous de nombreux aspects, la pression fiscale vaudoise est parmi les plus fortes de Suisse? Que l’on considère les couples mariés, les célibataires ou les rentiers, Vaud caracole dans le peloton de tête des cantons qui ont la main (fiscale) la plus lourde. C’est ce que fait clairement ressortir l’action «Vache à lait», menée par la CVCI, la FPV et la CVI depuis plusieurs mois.
«En comparaison intercantonale, les Vaudois sont clairement les vaches à lait du système!»
En comparaison intercantonale, pour un revenu brut de 60’000 francs, un couple marié lausannois avec deux enfants sera soumis à un taux de 0,95% alors qu’à Zurich, un taux de 0,50% s’appliquerait - soit près du double -, alors qu’à n’en pas douter, Zurich offre des prestations de même niveau que Lausanne. Pour la fortune, le barème vaudois truste aussi le podium des taux supérieurs par rapport à ceux d’autres cantons de taille comparable. En comparaison intercantonale, les Vaudois sont clairement les vaches à lait du système!
Cette manne financière trop abondante conduit au gaspillage en ce sens qu’elle aiguise les appétits et favorise l’indiscipline financière. La constante augmentation des effectifs de l’Administration cantonale en constitue une preuve flagrante: ils se sont accrus de 15% depuis dix ans, soit trois points de plus que l’augmentation de la population.
Voilà vingt ans que le Canton n’a pas réformé la fiscalité des particuliers. Il l’avait fait à une époque où il devait affronter une grave crise financière. Depuis, les efforts des assujettis et des Communes ont porté leurs fruits. Ces quinze dernières années, les recettes de l’État ont doublé. Il est grand temps que les citoyens bénéficient d’un juste retour pour leurs efforts.
Des défis à relever
Cette fiscalité excessivement lourde ne trouve aujourd’hui plus aucune justification. Nos édiles doivent aller au-delà de «mesurettes» en faveur de telle ou telle classe de contribuables. Les nombreux défis qui se profilent, à l’aune d’une crise sanitaire qui s’éternise, exigent la mise en place d’une imposition des individus plus équilibrée.
Améliorer l’attractivité fiscale de notre canton permettrait de soulager les travailleurs, les indépendants, ainsi que les responsables de PME qui font de notre vaste région un poumon économique. Pour innover, clé de notre prospérité, nous devons faire venir des talents. Ces derniers ne sont évidemment pas insensibles à une imposition attractive. S’attaquer à ce chantier requiert du courage et de la détermination. Nos autorités devront s’en souvenir pour la nouvelle législature à venir.
* Au nom des associations économiques faîtières vaudoises, CVCI, Fédération patronale vaudoise (FPV) et Chambre vaudoise immobilière (CVI).
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L’invitée – Oui, on paie trop d’impôts dans le canton de Vaud!
Claudine Amstein demande une véritable réforme de la fiscalité des particuliers*.