Polémique raciste?Outre-Sarine, le commentateur vedette de la Nati dans la tourmente
Sascha Ruefer est tancé pour avoir prononcé une phrase raciste à l’égard de Granit Xhaka. Le journaliste de la SRF se défend, plaidant notamment l’absence de contexte.

C’est une phrase qui n’aurait jamais dû sortir. Pourtant, elle est sortie. Et, de fait, elle est impossible à ignorer. Traduite du suisse-allemand, elle dit littéralement que «Granit Xhaka est beaucoup de choses, mais il n’est pas Suisse». Exprimés de la sorte, il ne fait guère de doute que les mots de Sascha Ruefer comportent un fond raciste. Reste que l’histoire est un petit peu plus complexe que ça. Outre-Sarine, elle fait grand bruit depuis la fin de la semaine passée.
Parce que Sascha Ruefer est l’un des commentateurs vedettes de la SRF. Il est d’ailleurs la voix alémanique de l’équipe de Suisse, depuis 2009. À ce titre-là, son avis compte plus qu’un autre. Il a ainsi fait partie des experts invités à s’exprimer dans le documentaire «The Pressure Game», qui a suivi l’équipe de Suisse tout au long de l’année 2022, avant d’être diffusé sur les canaux de la SSR en mars.
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C’est dans le cadre de cette série, à l’occasion d’un épisode largement consacré au capitaine de l’équipe nationale, qu’il a prononcé la fameuse phrase. Sauf que celle-ci n’a jamais été diffusée: Ruefer l’a fait retirer avant la version finale – une pratique relativement courante – jugeant qu’elle pouvait être mal interprétée. Mais sa teneur a fini par fuiter, dans la «Wochenzeitung». Et le journaliste, qui envisagerait de porter plainte contre le média, a dû se défendre.
Manque de contexte
Ainsi, il a convié plusieurs titres de presse alémaniques à regarder l’intégralité de son interview (près d’une heure), dont quelques passages ont été utilisés dans la série par le réalisateur Simon Helbling. Les présents ont pu constater que la phrase en question avait été dite une fois l’entretien formellement terminé, mais alors que les caméras tournaient encore.
Il apparaît aussi que Sascha Ruefer faisait référence à la manière dont Xhaka avait de se comporter en tant que leader, à savoir en affirmant son ambition plutôt qu’en se mettant en retrait. Une approche qui résisterait donc aux clichés associés au «Suisse type». De quoi donner du sens au contexte.
Il n’empêche, bien que le commentateur ait «un grand respect pour Granit Xhaka en tant que footballeur», il a l’habitude de ne pas mâcher ses mots à l’égard du milieu de terrain. En 2018, lors de la célébration de l’aigle bicéphale contre la Serbie, il avait par exemple caractérisé le geste de «stupide». Ou, lors de la dernière Coupe du monde, il s’était interrogé quant à la légitimité de Xhaka en tant que capitaine de l’équipe de Suisse. Légère fixette?
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