FootballÀ Lausanne, les Suissesses sont à la fête
Devant 2222 spectateurs enthousiastes, l’équipe de Suisse a dominé l’Azerbaïdjan mardi à la Pontaise (3-0). Mais il y a encore du travail avant l’Euro.

Pour son ultime duel des éliminatoires pour l’Euro 2025 en Suisse, la Nati a dominé l’Azerbaïdjan 3-0 mardi à la Pontaise. Déjà qualifiée en tant que pays hôte, la troupe de Pia Sundhage disputait ces éliminatoires avec l’objectif d’être promue en première division de la Ligue des nations. Une mission validée depuis vendredi dernier en s’assurant la première place du groupe grâce au succès 0-2 en Turquie.
Ce dernier match officiel de l’année n’avait donc pas de grands enjeux sportifs. Il s’agissait de finir cette campagne sur une bonne note et de se rappeler au bon souvenir de la dernière venue des Suissesses à Lausanne (victoire 15-0 contre la Moldavie à la Tuilière en septembre 2022). Si le score n’a pas été aussi étincelant, le public a vibré. «C’est mieux de jouer en Suisse romande, s’est réjouie Smilla Vallotto. Il y a toute ma famille de Genève qui peut venir me soutenir.» L’air lausannois convient bien aux joueuses de l’équipe nationale.
«Ça fait vraiment du bien»
Hormis la victoire, l’autre bonne nouvelle de la soirée réside dans l’affluence: 2222 personnes se sont déplacées à la Pontaise. C’est plus que pour la dernière finale des play-off entre Servette Chênois et Zurich (2144). Pour un match sans enjeu un mardi soir en période de vacances scolaires, c’est très bien. Et le public a donné de la voix, avec de nombreux «Hop Suisse» et «Schwizer Nati» tout au long de la partie. «On était surpris de voir un tel engouement dans les gradins.», a résumé Johan Djourou, nouveau coordinateur sportif de l’équipe.
Avec cinq changements par rapport à l’équipe victorieuse il y a quatre jours, la Suisse a mis du temps à trouver ses repères. Il lui a fallu une quinzaine de minutes avant de se montrer dangereuse, mais ni Lydia Andrade (13e) ni Ana-Maria Crnogorcevic (14e et 20e) n’ont pu ajuster leurs tentatives. Au contraire de Meriame Terchoun, dont la frappe dès 18 mètres a fait mouche (25e, 1-0). «Ça faisait longtemps que je n’avais pas marqué. Ça fait vraiment du bien.»
Manque de réalisme
La Nati allait-elle dérouler? On l’a bien cru quand Crnogorcevic a touché le poteau (27e), quand Andrade s’est présentée seule face à la gardienne adverse (43e) ou quand Géraldine Reuteler a armé sa tête (45e+2). Mais il a fallu se montrer patient. Les quatre changements opérés à la pause, notamment avec les entrées de la Genevoise Smilla Vallotto (20 ans) et de la Valaisanne Naomi Luyet (18 ans) et de la chouchou des supporters Alisha Lehmann ont permis aux Suissesses d’avoir plus d’allant offensif. Et les occasions se sont enchaînées (Vallotto, 53e; Luyet, 54e; Andrade 58e; 63e Vallotto; 63e Viola Calligaris).
Sans succès jusqu’à un coup franc botté par Vallotto – omniprésente depuis son entrée en jeu – et repris victorieusement de la tête par Calligaris (77e, 2-0). La défenseure de la Juventus marque ainsi son 3e but sur coup de pied arrêté durant cette campagne, qu’elle termine en tant que meilleure buteuse. «Je ne le savais pas. Mais je suis contente de pouvoir aider l’équipe.»
Le 74e but de Crnogorcevic
De son côté, la milieu d’Hammarby signe son 6e assist (pour un but). «Ce n’est pas mal quand même, rigole la jeune Genevoise. Cela ne fait même pas une année que je suis dans l’équipe (ndlr: elle a fêté sa première sélection le 23 septembre dernier). Je suis très heureuse». Finalement, après avoir touché une 2e fois les montants, les efforts de Crnogorcevic ont été récompensés par sa 74e réussite en équipe nationale (88e, 3-0). Acclamations pour la détentrice du record de sélections avec la Nati (159).
La relégation en deuxième division de la Ligue des nations subie l’hiver dernier est désormais digérée. Il s’agissait peut-être d’un pas en arrière pour mieux sauter. De quoi reprendre confiance à un an de l’Euro, dont le coup d’envoi sera donné le 2 juillet 2025 à Bâle. Mais lors de ce tournoi, la Nati affrontera des équipes d’un tout autre calibre que l’Azerbaïdjan, la Hongrie, ou la Turquie. Il lui reste donc moins de douze mois pour hausser son niveau de jeu. D’abord lors de matches amicaux cet automne, puis avec la deuxième édition de la Ligue des nations, contre l’élite du football européen. Afin d’être prête pour le grand rendez-vous.
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