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Bande dessinéePains au levain, amour de jeunesse et trahisons

Un premier roman graphique concocté par deux auteurs américains fans de pâtisserie. C’est «La saveur du printemps», ou quand Ari pétrit la pâte avec Hector.

Le scénariste américain Kevin Panetta et l’illustratrice Savanna Ganucheau ont testé toutes les recettes avant d’écrire et d’illustrer les scènes de la boulangerie avec Ari et Hector.
Le scénariste américain Kevin Panetta et l’illustratrice Savanna Ganucheau ont testé toutes les recettes avant d’écrire et d’illustrer les scènes de la boulangerie avec Ari et Hector.
Jungle

Certaines histoires d’amour ont un goût bien particulier. Davantage encore quand elles se laissent bercer par les plaisirs gustatifs. Dans «La saveur du printemps», la plongée en eaux troubles apparaît dans l’univers confiné d’une boulangerie familiale, là où les poussières de farine se respirent à pleins poumons, jusqu’à provoquer de l’asthme chez les plus aguerris.

Le premier roman graphique des Américains Kevin Panetta et Savanna Ganucheau évolue ainsi au rythme des fournées des petits pains au levain et d’un amour naissant entre deux jeunes adultes. Ari, tout juste diplômé du lycée, rêve de quitter la pâtisserie située dans un village sans nom, au bord de l’océan, pour conquérir les métropoles avec son groupe de musique. Alors que ses parents font de la résistance, il part en quête désespérée d’un apprenti qui pourrait le suppléer. Mais tout se bouscule quand le bel Hector sonne à la porte, brandissant l’annonce déchirée, une étincelle dans le regard.

«Le premier roman graphique de Kevin Panetta et Savanna Ganucheau évolue au rythme des fournées des petits pains au levain et d’un amour naissant entre deux jeunes adultes»

Reste que le départ du premier semble proche et que le passage de témoin doit se faire. Hector, totalement fou de gâteaux, pose d’emblée en fils idéal, désireux de faire honneur aux recettes du père. De son côté, Ari affronte la jalousie, d’autres sentiments naissants qu’il ne sait maîtriser et, toujours, l’envie irrépressible de prendre le large.

Comment vivre pleinement malgré les faux pas? C’est la question posée par les auteurs, alors que leurs personnages, poussés dans leurs retranchements, portés par l’insatiable fougue et les gestes maladroits, finissent par commettre l’irréparable. Les illustrations sont vives, capables de transporter d’une scène de la vie quotidienne à la métaphore visuelle, histoire de ne pas tout expliquer. Quelques douces représentations florales deviennent ainsi l’âme des protagonistes, les accompagnant très loin, vers l’espoir ou la douleur. Les gestes sont révélés délicatement par les gros plans, jusqu’à passer sous silence certaines expressions du visage, tant ils se suffisent à eux-mêmes. Le temps que la levure fasse gonfler le pain.

«La saveur du printemps», Kevin Panetta et Savanna Ganucheau, Éd. Jungle, 368 p.