PakistanDes violences entre chiites et sunnites font 43 morts
Le bilan des attaques de jeudi sur deux convois transportant des chiites à Kourram, près de la frontière afghane, est particulièrement meurtrier.

Les deux attaques jeudi sur des convois policiers escortant des familles chiites dans le nord-ouest du Pakistan ravagé par des violences entre sunnites et chiites ont fait 43 morts, dont sept femmes et trois enfants, selon un nouveau bilan vendredi.
Outre ces morts, «seize personnes ont été blessées dont onze sont dans un état critique», a ajouté Javed Ullah Mehsud, membre de l’administration du district de Kourram, dans la province du Khyber-Pakhtunkhwa frontalière de l’Afghanistan.
Un officier de la police locale a confirmé le bilan des morts à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat.
Alors que la majorité des victimes sont des chiites, à Parachinar, bastion chiite de Kourram, «des habitants ont lancé dans la nuit un sit-in qui se poursuit au bazar central», a indiqué un autre membre l’administration locale.
Réseau de téléphonie mobile coupé
En réponse, «le réseau de téléphonie mobile a été coupé, un couvre-feu a été imposé sur la route principale» et la circulation est «suspendue», a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.
Javed Ullah Mehsud, lui, affirme désormais qu’une jirga, un conseil tribal, «a été convoquée pour rétablir la paix et l’ordre».
Dans la région montagneuse où le code d’honneur tribal l’emporte souvent face à la loi que l’État peine à imposer, ces réunions servent à arracher des trêves.
Mais, à trois reprises au moins depuis l’été, les heurts tribaux et confessionnels ont repris à Kourram malgré des accords de jirga, à coups d’armes légères ou lourdes, notamment d’obus de mortier.
Ainsi, jeudi, deux convois transportant des chiites avaient été criblés de balles par «une dizaine d’assaillants», selon Javed Ullah Mehsud, alors que les familles des deux confessions ne circulent plus depuis des mois dans les zones habitées par l’autre camp que sous escorte policière.
Vendredi, plusieurs corps de victimes étaient alignés dans une mosquée chiite de Parachinar pour la prière des morts.
De juillet à octobre, 79 personnes sont mortes dans des violences entre tribus chiites et sunnites souvent nées de différends pour la terre, selon la Commission pakistanaise des droits humains (HRCP), principale ONG de défense des libertés du pays.
AFP
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