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ÉditorialParler d’un parc autre qu’éolien

Un Suisse sur deux est incapable de citer le nom d’un seul parc naturel régional du pays. Pis: 86% de ceux qui habitent dans l’un de ces dix-sept parcs ne sont pas au courant de son existence. C’est ce qui ressort d’une enquête de Pro Natura, publiée en mai dernier. Treize ans après la révision de la loi qui a permis leur création, les «PNR» de chez nous restent méconnus.

Ceux qui s’y sont attelés le savent: on part de très loin quand il s’agit de monter un tel projet. Les trois Yverdonnois qui lancent l’idée de labelliser le balcon du Jura en sont conscients. À 1000 mètres d’altitude, certains n’y verront que la volonté des bobos urbains de se mêler d’affaires communales qui ne les regardent pas. Dans la campagne, ce reproche a aussi été adressé aux autorités lausannoises, qui rêvaient d’un vaste Parc périurbain du Jorat.

Lire aussi: Et si le balcon du Jura devenait parc naturel régional?

Faut-il alors décliner l’invitation à réfléchir? Au fond, les verts pâturages sainte-crix, bullatons ou fleurisans n’ont rien à envier à ceux du Chasseral, du Mont-Tendre ou du Haut-Jura français. Le patrimoine naturelet notamment forestierde ce coin de pays n’est pas moins digne d’être valorisé, il l’est d’ailleurs déjà considérablement. Penser à le faire de manière concertée, à une échelle intercantonale, n’a rien de farfelu.

Pour rassurer ceux qui croient à la fable de la «mise sous cloche» d’une région, la lecture du rapport, critique, de Pro Natura s’impose. En gros: trop de marketing et de visées touristiques au travers de ces parcs naturels régionaux, pas assez de protection des ressources naturelles. Rappelons que ce statut de parc a été voulu peu contraignant par le législateur, et les organisations environnementales s’en sont d’ailleurs émues dès le départ. Il n’y a donc pas de révolution verte à craindre ou espérer d’un tel projet, plutôt une politique de petits pas payée en partie par la Confédération.

La proposition de l’association Un parc pour notre région n’en demeure pas moins pleine de cohérence avec son époque. Celle de l’éveil des consciences face aux changements climatiques. Celle du «flygskam» et de la pandémie, qui nous imposent de redécouvrir notre pays plutôt que les Club Med du bout du monde.

Le travail de conviction ne peut être couronné de succès que si les habitants concernés s’emparent rapidement du projet. Le sujet a tout lieu d’être débattu et ne mérite en tout cas pas d’être balayé avec dédain.

2 commentaires
    Nicole

    Pour les éoliennes, je ne sais pas, je laisse le soin aux concernés de se concerter. En France, il ne peuvent pas le faire et subissent les décisions "d'en haut". Ce qui engendre malheureusement parfois des conflits très violents.

    La France est belle. La Suisse, en lisant le 24h pendant ma semaine de vacances, j'ai trouvé quantité d'idées de destinations magnifiques et je me demande si j'aurais aussi assez d'une vie pour n'en réaliser qu'un faible pourcentage. Et je ne pense pas avoir la même organisation et le même entrainement physique que cette personne qui met en valeur et fait connaitre son magnifique pays.