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Le casse-tête de La DôleParquer en France pour skier en Suisse: le paradoxe de La Dôle

Les Suisses pourraient pouvoir skier sur le massif de La Dôle dans deux semaines. Ils chausseraient leurs skis sur sol français, où la pratique est interdite.

Le télésiège des Dappes est sur le territoire suisse, mais il n’est accessible que par la France. Le parking est d’ailleurs situé sur sol français.
Le télésiège des Dappes est sur le territoire suisse, mais il n’est accessible que par la France. Le parking est d’ailleurs situé sur sol français.
Alain Rouèche/Archives

Si l’autorisation de skier en Suisse fait des envieux en France, où la pratique est interdite, que doivent penser les habitants des Rousses? Si la neige continue de tomber, ils verront passer les Suisses devant chez eux, parquer sur la frontière du côté français pour prendre le télésiège construit côté suisse. Cette situation incroyable pourrait être réalité dès le 18 décembre.

Il faut admettre que le contexte est très particulier. Les pistes du massif de La Dôle sont situées en Suisse, mais leur accès n’est possible qu’en passant la frontière à La Cure. Elles sont intégrées dans un domaine franco-suisse exploité par la société française Sogestar qui gère la station des Rousses. Dans les bureaux de cette dernière, on s’arrache les cheveux pour savoir comment respecter les réglementations différentes. «Nous nous posons beaucoup de questions», reconnaît Claire Devillers, porte-parole de Sogestar.

Cette semaine, les responsables de la société ont rencontré le préfet du Jura, qui leur a affirmé qu’il ne fermerait pas le parking d’accueil en bas du télésiège des Dappes, qui monte à La Dôle. Les Suisses pourront donc s’y stationner. «Mais comment les habitants voisins réagiront en voyant ces sportifs chausser leurs skis librement en bas de chez eux alors qu’eux-mêmes devront être mis à l’isolement durant sept jours s’ils faisaient la même chose? Y aura-t-il des gendarmes en bas des pistes pour contrôler la nationalité des skieurs?» s’interroge Claire Devillers.

«Y aura-t-il des gendarmes en bas des pistes pour contrôler la nationalité des skieurs?»

Claire Devillers, porte-parole de Sogestar

Il reste encore quelques jours au moins pour trouver des réponses et obtenir des assurances. Car il manque encore de la neige. Aux Rousses, une quinzaine de centimètres de poudre est tombée vendredi matin. Il en faut au moins le double, voire une cinquantaine de centimètres, pour damer les pistes en vue d’une ouverture. «En France, nous n’avons de toute façon pas le droit de mettre en marche les dameuses, explique Claire Devillers. Ce qui est dommageable, car la neige résiste mieux aux épisodes pluvieux et à la hausse des températures si elle est tassée. Nous pourrons en revanche travailler sur le massif de La Dôle le moment venu.»

Nouveaux télésièges à l’arrêt

Il y a de la frustration parmi les acteurs touristiques concernés, d’autant plus que les sommets se couvrent d’un tapis blanc. «Il y a beaucoup d’appels de Suisses qui veulent savoir s’ils pourront remettre les lattes ce week-end», signale Patrick Freudiger, directeur de Télé-Dôle, société suisse qui possède les installations du massif.

L’hiver à venir devait être particulier et festif, en outre, car deux nouveaux télésièges ont été construits pour créer enfin une liaison facilitée entre le massif de La Dôle et celui des Tuffes, côté français. Pour marquer cette réunion, les abonnements nationaux ont été abandonnés pour n’en vendre plus qu’un couvrant l’ensemble du domaine. Les Suisses ont également investi, puisqu’ils ont assaini le parking, qui était jusque-là un champ de nids-de-poule.

7 commentaires
    Philippe Wegmuller

    C'est donc une fermeture de fait du massif de la Dôle vue que la frontière avec la France est quasi fermée.