La campagne française fait soupirer les people vaudois

Election présidentielleHenry Dès, Gérard Rabaey, Bernard Nicod ou encore Pascal Broulis: des personnalités nous livrent leurs impression sur la présidentielle, avant le scrutin de dimanche.

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Tout le monde sera rivé dimanche soir devant le poste de télévision pour connaître les résultats du premier tour de la présidentielle française. Y compris certaines personnalités vaudoises, qui suivent la campagne de près, avec un avis bien tranché sur la question.

«Agressive», «dégoûtante», «trop longue», «irresponsable»: à gauche comme à droite, la critique est virulente et le scepticisme de mise. «Ils font des frais énormes, sur le dos du contribuable», estime le cuisinier français Gérard Rabaey. «La modestie d’une élection suisse est plus logique. Deux jours après l’élection, ils sont au boulot, nos conseillers fédéraux!» tance le patron de l’immobilier Bernard Nicod, qui voterait Sarkozy.

Alors que la France s’englue dans une dette colossale, Pascal Broulis s’inquiète, lui, du ralenti dans les affaires: «Depuis le début de la campagne, la France n’a fait aucune réforme, alors que l’Europe les attend», regrette le conseiller d’Etat.

Choix difficile

Pour la première fois de sa vie, le dessinateur valdo-français Barrigue avoue quant à lui ne pas savoir pour qui voter. Parmi les Vaudois qui ont le droit de vote en France, l’hésitation persiste, à quelques jours du scrutin.

Patron du Paléo et syndic de Nyon, Daniel Rossellat a obtenu la double nationalité par mariage. Mais il ne s’est pas non plus décidé. «Les rôles sont inversés, on dirait que c’est à Hollande de défendre son bilan. Je pense que les Français sont capables de réélire Sarkozy!» Ce malgré un choix pléthorique: «Il y a trop de candidats pour une présidentielle, estime ainsi l’UDC Claude-Alain Voiblet, qui voterait Sarkozy. Cinq d’entre eux ont un rôle à jouer, mais les autres, on se demande ce qu’ils font là. C’est pousser un peu loin l’équilibre entre les partis», poursuit le politicien.

Binationale elle aussi, la Lausannoise Yasmine Char ne sait pas quoi faire de sa carte de vote: «Je crois que je vais m’abstenir. Je voterai peut-être, mais pour contrer la montée de l’extrême droite.» Autre personnalité à préférer s’abstenir (mais pour des raisons différentes), Béatrice Métraux ne cédera pas aux innombrables publicités l’incitant à donner sa voix à l’un ou l’autre des candidats. La conseillère d’Etat s’est en effet fixé une règle absolue: «On ne peut pas être élue dans un endroit et voter dans un autre.» Sans compter que vue d’ici, la campagne électorale s’est pour beaucoup vidée de son sens.

«L’écologie et le chômage sont passés au second plan, estime Henri Dès, qui a vécu 19?ans à Paris. Les deux candidats qui s’affronteront au deuxième tour devront sortir le pays de la dette, mais personne ne parle de ça», s’indigne le chanteur. «Pour l’instant personne ne parle des problèmes financiers, confirme le ministre des Finances Pascal Broulis. Seul Bayrou est venu avec des vrais chiffres.»

Piques et attaques

L’ampleur du show médiatique, quant à elle, désole des Suisses évidemment très prudes en la matière. «En France, on attend des hommes politiques qu’ils soient des stars du rock’n’roll», regrette le cinéaste Fernand Melgar. Et la déferlante de clips vidéo, indispensable outil de campagne, n’arrange rien. «Tout se joue sur le geste d’un candidat, sa manière de dire les choses, d’être présent en images», observe Jean-Marc Richard. Et l’animateur de se demander si «c’est vraiment ça, la vie des Français».

«J’ai pu rencontrer Hollande au Festival des Vieilles Charrues, raconte Daniel Rossellat. Il est cultivé, ouvert, très sympa. Et là il devient très agressif, au-delà de sa vraie personnalité.» «Dans cet exercice, il faut écraser pour gagner. Ça en devient presque divertissant», s’amuse pour sa part la comédienne Anne Carrard.

L’agitation électorale de nos voisins fait aussi sourire. Et relativiser. «La plupart des gens pensent que la droite, ça n’a pas marché. Mais bon, en 2017, ça repassera de l’autre côté, parce que la plupart des gens penseront que la gauche, ça n’a pas marché», conclut Jean-Marc Richard.

Créé: 19.04.2012, 15h20

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