David Beckham: génie et vision

ENCORE!Le footballeur est la première star du football à avoir su capitaliser sur son image. Grâce à sa femme.

La décontraction soignée de David Beckham accordée à son art du tatouage en font un parfait ambassadeur de beauté.

La décontraction soignée de David Beckham accordée à son art du tatouage en font un parfait ambassadeur de beauté. Image: DR

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Premier metrosexuel du football

Dans son regard bleu acier, il y a toujours eu une idée. Une vision même. Celle de rayonner au loin, au-delà du pré carré qui délimitait son terrain de jeu. Enjamber les barrières, coûte que coûte. Car David Beckham est un phare, une lumière dans les ténèbres dans un milieu alors conservateur à souhait. A lui seul, il a révolutionné le football moderne au virage du XXIe siècle. D’un sport des talus façon champ de patates, il a fait une piste aux étoiles. Avant, le footballeur était crasseux et acariâtre; après, il sera gominé et affable. C’est bien simple, Beckham est le premier millennial du ballon rond.

Sa femme lui inculque son savoir-faire en matière de paraître.

On en avait pourtant vu d’autres: des stars du football aux coupes de cheveux excentriques… Carlos Valderama et son palmier persistant. Roberto Baggio et sa longue nuque tressée. Ou encore Alberto Tarantini et son buisson ardent. David Beckham, lui, ne s’est pas contenté d’une seule tonsure emblématique. Non, à chaque mois sa taille, sa couleur et sa texture. Le gamin de Leytonstone les a toutes faites. Et il ne s’est pas arrêté aux considérations capillaires. A tout seigneur tout honneur. Cristiano Ronaldo et autre Neymar n’ont rien inventé. David Beckham est bel et bien le premier metrosexuel du football. Trente-deux tatouages – selon les derniers recensements – pour la plupart en référence à sa famille et son parcours de vie. Des crampons boueux aux mocassins à glands, du maillot détrempé de sueur au costume trois-pièce, il a fait du grand écart sa marque de fabrique. Dans un éventail ébouriffant d’inventivité, en perpétuel renouvellement, il a refusé de suivre les tendances pour mieux les imposer. Au centre de cette métamorphose, une femme. Lorsqu’il épouse Victoria Adams le 4 juillet 1999, David Beckham est encore un footballeur comme les autres. Beau gosse, certes, mais encore loin de la gravure de mode qui deviendra. La Spice Girl inculque son savoir-faire en matière de paraître. A son contact, lui aussi devient «posh» – chic, du surnom de la chanteuse. «C’est elle qui m’a appris à prendre soin de moi, explique volontiers l’homme au pied droit ravageur. Quand je l’ai rencontrée, j’avais mes petites habitudes et elle m’a appris à porter un regard nouveau sur mon image. D’ailleurs, je continue de jeter un œil dans les produits de beauté de ma femme dès que j’en ai l’occasion, car elle a toujours des choses géniales.» D’où, sans doute, la ligne de cosmétiques qu’il vient de créer.

Image de bellâtre en slip

Très vite pourtant, la médaille s’est tournée pour laisser apparaître son revers. Le footballeur génial qu’il est se voit réduit à son image de bellâtre en slip, placardé aux carrefours de toutes les mégapoles. David Beckham est d’abord une icône des magazines en papier glacé, tandis que la presse sportive prend vite un malin plaisir à stigmatiser sur papier journal ses pas de côté. Le grand public retient ses apparitions glamour pour tristement oublier sa patte de velours. Une erreur assurément. Car jusqu’à la fin et sa dernière saison au PSG en 2013, il a continué à régaler les esthètes des prés carrés: ses ballons délicieusement brossés, ses transversales millimétriques ou son encore son sens du professionnalisme à l’hygiène de vie implacable, pour ne citer qu’eux. Peu importent les mauvaises langues au final. Le temps s’est chargé de lui donner raison. «Le sport a beaucoup changé, confesse-t-il encore régulièrement. Je l’ai remarqué dans le football mais aussi dans d’autres disciplines, comme le basket-ball aux Etats-Unis. Vous pouvez y voir ces hommes de deux mètres de haut, vêtus de tenues immaculées. Ils font attention à eux, à l’image qu’ils renvoient en tant qu’athlètes mais aussi en tant qu’hommes, maris ou que pères.»

Des gens se sont demandé si nous étions restés ensemble parce qu’au fil des années notre couple était devenu une marque.

Cette dernière notion tient tout particulièrement au cœur de l’Anglais. Avec son épouse et leurs quatre enfants – Brooklyn (19 ans), Romeo (15 ans), Cruz (13 ans) et Harper (6 ans et seule fille) – il a toujours tenu à afficher un front uni. Même dans la tourmente, comme en 2004 lorsque son ancienne assistante Rebecca Loos a prétendu avoir entretenu une relation extraconjugale avec lui. «Tout le monde fait des erreurs, c’est la vie qui veut ça, expliquait-il au Manchester Evening au début de l’année. Le plus important pour un couple, c’est de continuer à parler ensemble, à échanger dans les bons comme dans les mauvais moments. Des gens se sont demandé si nous étions restés ensemble parce qu’au fil des années notre couple était devenu une marque. Non, nous sommes restés ensemble parce que nous nous aimons et que nous aimons nos enfants.» Cette façon d’envisager les choses a imposé l’image d’un couple normal, qui comme les autres connaît des hauts et des bas. Mais en mieux tout de même, comme en témoigna l’élection, par un panel britannique en 2013, du duo de stars au rang de meilleurs parents du Royaume.

Bon an mal an, David Beckham est resté fidèle à sa position d’équilibriste. A la fois icône d’un football anglais au meilleur de sa forme, vedette photogénique des tapis rouges et père de famille attentif. Une corde raide, précaire, sur laquelle il a toujours fait valoir ses talents de funambule. Son regard bleu acier au loin, David Beckham a suivi sa vision.

House 99, une marque créée par Beckham
Bonne nouvelle pour ceux qui espèrent devenir beaux comme Beckham. L’ancien footballeur vient de lancer sa marque de produits de beauté en collaboration avec L’Oréal, en distillant l’essence du barbier britannique en petits flacons noir et blanc. House 99, c’est 21 produits qui font la part belle aux cheveux et tatouages, à la barbe et à la peau. «Nous avons créé cette marque pour soutenir les hommes, explique David Beckham, pour leur donner les outils dont ils ont besoin pour jouer avec leur look et pour se sentir bien dans leur peau.» La star anglaise a participé pendant deux ans au processus créatif, de la sélection des ingrédients au design du packaging. Derrière le nom se cache l’envie de fonder une communauté d’adeptes au grooming, le soin de la beauté masculine que la star a désacralisé. Quant au 99, il symbolise une année cruciale dans la vie de Beckham avec un mariage, un enfant et trois trophées. Pour prendre soin de son corps comme il le fait, passage obligé chez Manor qui détient l’exclusivité de la ligne en Suisse.

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(Encore!)

Créé: 21.06.2018, 10h10

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