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ConjoncturePerspectives moroses pour les entreprises romandes

Selon une étude publiée par les Chambres latines de commerce et d’industrie (CLCI), quatre firmes romandes et tessinoises sur dix sont très pessimistes quant à la marche des affaires ces 6 prochains mois.

Alors que les industries alimentaire et pharmaceutique demeurent solides, les fabricants de machines, composant et autres équipements électroniques sont durement touchés.
Alors que les industries alimentaire et pharmaceutique demeurent solides, les fabricants de machines, composant et autres équipements électroniques sont durement touchés.
Keystone

Les entreprises de la Suisse romande et tessinoise ne sont pas près d’apercevoir le bout du tunnel, d’après une étude publiée par les Chambres latines de commerce et d’industrie (CLCI). 41% des sociétés sondées estiment que la marche des affaires sera médiocre à mauvaise au cours des six prochains mois. Les ventes et la rentabilité ont fortement reculé, les investissements diminuent, il n’y a que la perspective d’un recul de l’emploi freiné qui fait figure d’élément positif.

Les CLCI précisent que leur étude a été réalisée entre la mi-août et début octobre 2020, à une époque où la perspective d’un reconfinement était inimaginable. «Les données déjà préoccupantes récoltées à ce moment-là ne laissent par conséquent planer aucune équivoque sur les tendances dégagées» pour l’année prochaine, expliquent-elles dans un communiqué paru jeudi.

Surtout l’industrie d’exportation

44% des 2100 entreprises qu’elles ont interrogées jugent négativement la marche de leurs affaires. La crise pandémique semble avoir affecté en particulier l’industrie d’exportation, où une société sur deux fait état de difficultés. Interrogés sur une perspective à plus long terme, les répondants étaient 45%, et même 55% dans le secteur secondaire, à se déclarer pessimistes.

C’est que la pandémie de nouveau coronavirus n’affecte pas toutes les branches de la même manière. Alors que les industries alimentaire et pharmaceutique demeurent solides, les fabricants de machines, composant et autres équipements électroniques sont durement touchés. Sans parler des secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, qui traversent une crise historique.

Cette récession affecte la rentabilité, puisque 30% des entreprises jugent leur marge d’autofinancement médiocre à mauvaise, même si 31% évoluent dans une situation bonne à excellente, en partie grâce aux réserves cumulées lors des exercices précédents.

Dur à prévoir le long terme

Caractérisée par son imprévisibilité et par de nouvelles vagues de contaminations aussi soudaines qu’inattendues, le Covid-19 empêche toute visibilité et donc tout investissement sur le long terme. Seulement 48% des entreprises de l’industrie/construction et 26% des sociétés de service investiront l’année prochaine alors qu’elles ont été respectivement 56% et 32% à le faire au cours des douze derniers mois. Les montants investis en 2021 seront également en nette diminution par rapport à 2020.

Sur le front de l’emploi enfin, une entreprise sur quatre (24%) a dû tailler dans ses effectifs en 2020 alors que 17% seulement les ont étoffés, 59% des sondés ayant parvenu à les garder stables. En 2021, 15% des entreprises prévoient de supprimer des postes de travail alors que 13% envisagent d’en créer.

ATS/NXP