Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Exposition à Lausanne
Photo Élysée entrouvre les archives de Sabine Weiss

La mannequin Svetlana Lloyd en robe trapèze Dior, photographiée par Sabine Weiss en 1958. 
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

Elle gardait tout, dans des boîtes minutieusement étiquetées puis répertoriées sur des fiches cartonnées. Au crépuscule de sa vie, Sabine Weiss avait notamment amassé 200’000 négatifs et plus de 8000 tirages qu’elle conservait ainsi dans son appartement parisien. En 2017, elle lègue l’ensemble de ses archives à ce qui s’appelle encore le Musée de l’Élysée, à Lausanne. Devenu Photo Élysée, ce n’est qu’au printemps dernier que le musée vaudois de la photographie peut entamer l’exploration de cette somme patrimoniale. Leur intégration définitive nécessitera plusieurs années et l’exposition qui est visible depuis la semaine dernière ne révèle donc qu’une toute petite partie de ce fonds photographique.

Ayant eu le bonheur de découvrir la rétrospective consacrée par les Rencontres d’Arles au travail de Sabine Weiss, quelques mois avant sa mort en 2021, on commence par douter de l’intérêt d’une exposition forcément moins ambitieuse. Parmi celles présentées à Photo Élysée, cinq images de Sabine Weiss sont réinterprétées par Nathalie Boutté, une artiste plasticienne française. Mais les relectures de Boutté expriment son admiration pour la Suissesse et l’empêchent de bousculer ses œuvres (ou de les questionner, comme on dit dans les milieux artistiques).

Sabine Weiss reste donc le personnage principal d’une rencontre qui n’a pas vraiment lieu. Elle s’impose dans cette exposition qui, heureusement, conserve une approche tant biographique que thématique. Et même si on connaît déjà la vie de cette femme née il y a cent ans à Saint-Gingolph (VS), où elle a sans doute appris que les frontières sont faites pour être franchies, il est des histoires qu’on veut relire encore et encore. D’une salle à l’autre, on parcourt les différents volets de son travail, la photographie de rue, le studio ou la publicité, et on s’aperçoit que ces catégories photographiques sont traversées par une même sensibilité, une même intelligence, une même exigence et un même humour. C’est l’histoire d’une photographe et l’histoire d’une femme.

Lors de la visite organisée pour la presse, la fille de Sabine Weiss est présente avec ses enfants, tous trois jeunes adultes. Leurs commentaires et leurs anecdotes nous racontent ce qu’était la vie avec Sabine. On sourit, on rit même. Puis, devant un portrait montrant la photographe dans son studio, sa fille s’immobilise et l’observe, longuement. La gorge nouée, les yeux humides.

À voir: «Sabine Weiss x Nathalie Boutté», Photo Élysée, Lausanne, jusqu’au 12 janvier 2025, elysee.ch

Newsletter
«Dernières nouvelles»
Vous voulez rester au top de l’info? «24 heures» vous propose deux rendez-vous par jour, directement dans votre boîte e-mail. Pour ne rien rater de ce qui se passe dans votre Canton, en Suisse ou dans le monde.

Autres newsletters