Passer au contenu principal

Changement à la tête de l’Ensemble Vocal de LausannePierre-Fabien Roubaty réenchante les voix

Le jeune chef fribourgeois dirige ses premiers concerts comme directeur artistique et musical du chœur professionnel.

Pierre-Fabien Roubaty, nouveau directeur musical et artistique de l’Ensemble Vocal de Lausanne, se prépare à diriger son premier programme. Il conduit la répétition au Centre culturel des Terreaux.
Pierre-Fabien Roubaty, nouveau directeur musical et artistique de l’Ensemble Vocal de Lausanne, se prépare à diriger son premier programme. Il conduit la répétition au Centre culturel des Terreaux.
Florian Cella/24Heures

Un nouveau capitaine en pleine tempête. C’est en quelque sorte la tâche de Pierre-Fabien Roubaty, chargé de reprendre la barre de l’Ensemble Vocal de Lausanne (EVL) alors que le navire prenait l’eau de partout. Le chœur professionnel vit en effet un nouveau changement de cap dans une période difficile où, aux soucis de gouvernance interne, s’ajoute un cataclysme chamboulant tous les projets.

Le jeune chef fribourgeois de 36 ans s’apprête à diriger cette semaine en Suisse romande une série de concerts concoctés en catastrophe pour remplacer ceux qui ont sombré. Avec Jean-Sébastien Bach comme bouée. «Nous devions donner des signes de vie, rassure Pierre-Fabien Roubaty. D’autant plus que nous avons très envie de retrouver le public.»

«Nous devions donner des signes de vie. D’autant plus que nous avons très envie de retrouver le public»

Pierre-Fabien Roubaty, directeur de l’EVL

À vrai dire, la nomination du chef de chœur avait été entérinée en septembre 2019 déjà par le conseil de fondation, avec l’accord du directeur musical Daniel Reuss, qui reste chef invité principal. Pierre-Fabien Roubaty a officié depuis longtemps comme pianiste répétiteur et comme chef assistant de Daniel Reuss. En outre, il était passé récemment aux commandes de l’administration, pour pallier une vacance du poste. Et il aurait dû diriger son premier concert en mars à Romainmôtier…

«Pierre-Fabien était volontaire pour reprendre les choses en mains, mais il n’a jamais été question qu’il ne fasse que de l’administratif, indique Marie-Christine Bataillard, présidente. Nous étions dans une phase de transition où tout était remis en ordre pour redécoller, mais la pandémie est venue déstabiliser nos plans. Maintenant, les choses sont claires, avec l’engagement d’un administrateur pour le seconder.»

En somme, Pierre-Fabien Roubaty aura occupé tous les postes clés au sein de l’EVL. Un ensemble qui expérimente son troisième directeur artistique depuis la retraite progressive de son fondateur Michel Corboz.

Jamais deux sans trois

Pour rappel, la transition à la tête de l’EVL aura bien pris une dizaine d’années puisque Michel Corboz avait introduit dès 2010 Guillaume Tourniaire pour lui succéder petit à petit. Mais la sauce n’avait pas pris dans un contexte où le chef historique restait encore très actif. Nouvel essai en 2015 avec la nomination de Daniel Reuss, grande pointure internationale de la direction chorale, très motivé à élargir le répertoire de l’ensemble lausannois, ce qu’il a fait avec brio.

«Daniel Reuss restera engagé pour diriger régulièrement, ce qu’il faisait jusqu’ici, en étant déchargé de trouver des financements et des concerts», poursuit Anne-Christine Bataillard, qui assure que l’entente entre les deux chefs est au beau fixe. «Le passage de témoin se déroule très naturellement, confirme le Fribourgeois. D’ailleurs, nous avons eu plusieurs projets ensemble en dehors de l’EVL, à Fribourg avec mon chœur Arsis, et en Hollande.»

Anne-Christine Bataillard a suivi, depuis quatre ans qu’elle a intégré le conseil de fondation, l’épanouissement du talent de Pierre-Fabien Roubaty: «Il vient d’une famille très musicale, il a une grande expérience de direction chorale et il vient de terminer brillamment son master de direction d’orchestre. Faire ce pas n’est cependant pas évident, d’autant qu’il n’a pas encore dirigé l’EVL en concert, mais je suis très confiante. Michel Corboz est enchanté de ce choix et cela m’a beaucoup confortée.»

Enthousiasme et abnégation

En lieu et place d’une création repoussée à des temps meilleurs, Pierre-Fabien Roubaty a cherché un plan B. Un voyage estival sur les traces de Bach en Allemagne et une correspondance échangée avec Gilles Cantagrel lui ont suggéré une idée de programme auquel le musicologue français s’associe généreusement. Mais les conditions de travail restent rocambolesques: «Nous essayons de prendre toutes les mesures de protection: distances, masques, désinfection avant et après les services, 90 minutes de répétition puis 25 minutes d’aération, chaque chanteur a sa chaise et son pupitre… Et je dois quand même faire face à des défections de dernière minute. Il faut beaucoup de résilience en ce moment!»

1 commentaire
    Jérôme Corboz

    Bien M. Roubaty .... je vous souhaite bcp de succès ! Vive la jeunesse ....