AboPiratage informatiqueVol de données dans une organisation internationale basée à Genève
Des hackers menacent l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC). Basée à Lancy, l’institution est proche de Moscou.

Le message a été mis en ligne samedi dernier. Le groupe de pirates informatique «Medusa» a annoncé sur son site avoir accédé aux serveurs de l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC) et pris possession de milliers de fichiers internes. Le responsable informatique de l’institution confirme que l’attaque «a crypté et bloqué tous nos systèmes informatiques, que nous nous efforçons de remettre sur pied actuellement».
Des premiers extraits publiés sur le darkweb semblent indiquer que les hackers détiennent des documents sensibles. Selon une liste déjà accessible, des copies de passeport, des documents comptables, des contrats de travail, des fiches de salaires de collaborateurs ou encore de relevés bancaires risquent d’être divulgués.
«Des premiers extraits publiés sur le darkweb semblent indiquer que les hackers détiennent des documents sensibles.»
Les pirates exigent un paiement de 100’000 dollars afin d’effacer les données dérobées. Ils proposent également à quiconque de directement télécharger les informations pour la même somme. Le compte à rebours qui s’affiche sur le darknet indique qu’il ne reste plus que 6 jours à l’organisation pour s’acquitter de la rançon avant que la totalité des fichiers ne soit rendue accessible.
«Nous n’allons pas payer la rançon demandée», assure-t-on depuis l’OIPC, qui annonce qu’une plainte va être déposée.

Dépendante de Moscou
Cette fuite, si elle devait se concrétiser, n’est pas une première pour l’OIPC. En 2020, la RTS avait eu accès à des documents internes et publié une enquête dévoilant les liens intenses entre la Russie et l’organisation qui occupe une demeure du Parc Chuit, au Petit-Lancy.
L’article avait révélé des mécanismes financiers par lesquels l’organisation genevoise recevait la quasi-totalité de ses financements de Moscou, avant d’attribuer des mandats à des sociétés privées russes pour des «programmes humanitaires» menés dans des pays de la sphère d’influence russe. Une activité entachée de forts soupçons de détournements de fonds.
Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’OIPC continue à afficher sa relation privilégiée avec la Russie. Son site internet promeut notamment des formations fournies par le Ministère des Situations d’urgence russe (EMERCOM) offertes à des délégations de pays membres.
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