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ÉditorialPlan climat, à ceux qui sont déçus en mal

On les attendait et ils ne nous ont pas déçus. Pour ceux de la grève du même nom, le plan climat vaudois est mauvais, peu ambitieux, pas assez radical. Et peu importe que des scientifiques pointus sur la question - comme la climatologue Martine Rebetez dans nos colonnes - adoubent les bonnes intentions du Conseil d’État pour autant qu’elles se concrétisent dans les actes. Sous des températures qui clivent autant qu’elles montent, la fissure sur ce dossier est aussi béante qu’un trou dans une couche d’ozone.

Le projet vaudois vient quelques jours après qu’un parlement fédéral, pourtant majoritairement de droite, a voté la mise en application de la loi sur le CO2. Dans laquelle est prévue une majoration des taxes sur les énergies fossiles. Ces mêmes augmentations de l’essence qui ont mis une partie des Français dans les rues l’an dernier, pour une hausse au litre prévue moitié moins chère qu’ici. Les gilets jaunes ne voulaient pas que la révolution verte touche à leur porte-monnaie, à leur pouvoir d’achat.

Ce feu populaire français n’est pas tout à fait éteint. En fait, même si nous en avons peu parlé ici, il a débouché sur l’assouvissement d’un fantasme: celui du tirage au sort dans le processus politique. Le même, ou presque, qui nous était proposé dans lexcellente saison 3 du «Baron noir» où un gourou complotiste candidat à la présidentielle déversait sa sauce populiste sur les réseaux. Le même, ou presque, qui vient d’être refusé pour le Conseil communal de Nyon, car illégal.

«La fissure sur ce dossier est aussi béante qu’un trou dans une couche d’ozone.»


À
l’initiative dEmmanuel Macron, 150 quidams choisis donc au hasard – la Convention citoyenne pour le climat - ont mis 150 propositions sur la table. Pour «changer la société». On lit dans leur catalogue des pistes souvent passionnantes et parfois révolutionnaires: une baisse de la vitesse sur les autoroutes, l’obligation de ne pas chauffer son appartement à plus de 19 degrés, la notion d’écocide, la contrainte de diminuer de 20% les viandes et produits laitiers consommés et la baisse des heures légales de travail hebdomadaires de 35 à 28 heures. Des idées, des objectifs chiffrés, mais pas une ligne sur leur applicabilité.


Suite à cette démarche, l
e référendum que l’Élysée a promis de ne pas exclure n’aura jamais lieu. Dans le cas contraire, une nette majorité des Français moyens renoncera dans les urnes à renoncer dans les faits à son confort individuel pour le sacrifier aux intérêts universels du bien collectif. À l’utopie gauloise, fusse-t-elle institutionnalisée, le politicien d’ici préfère le pragmatisme helvète en utilisant les outils de notre démocratie directe. Un petit pas pour certains, mais un grand pas par rapport à d’autres.