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ÉditorialPlus qu’une simple question d’amende

Vous les appelez probablement «les policiers en gris», voire «les flics en gris», et vous les connaissez surtout parce qu’ils délivrent des amendes aux véhicules mal garés en ville. Officiellement, ce sont des assistants de sécurité publique (ASP) et à l’avenir ils devraient aussi pouvoir coller les voitures quand elles roulent.

Une façon d’augmenter les amendes? Peut-être à la marge, mais pas nécessairement. L’évolution de ce métier de la sécurité, parfois ingrat, traduit plutôt des manques, ou en tout cas de nouveaux besoins, dans le système policier vaudois.

Lire aussi: Les «policiers en gris» veulent pouvoir coller les voitures qui bougent

En ville, revoir le job des agents en gris, c’est une façon de contrer le manque de policiers en bleu. Les autorités ont beau s’enorgueillir chaque année du recul de la criminalité, toutes les polices demandent davantage de moyens. Le but est dès lors de rendre les «bleus» plus visibles dans la rue, au lieu de le voir poireauter dans une voiture à côté d’un radar.

Dans les villages, la multiplication des ASP et de leurs missions montre là aussi un vrai besoin. Dans un canton qui accueille chaque année au minimum 10’000 nouveaux habitants, une bonne partie s’installe dans des communes sans police, où c’est la gendarmerie (cantonale) qui intervient.

Nouvelles populations, urbanisation, multiplication des activités: face à cela, les gendarmes paraissent parfois bien lointains pour certains édiles. Payerne, qui est désormais une ville, mais sans police, fait même patrouiller ses assistants de sécurité jusqu’à 22h ou 23h pour contrer les incivilités.

Lire aussi: «Il m’a foncé dessus avec une pelle»

Pourquoi ne pas engager des policiers en bleu? D’une part, c’est plus cher. Mais surtout, la loi interdit depuis 2012 d’engager un policier bleu sans garantir des patrouilles 24 h/24 et 7 j/7.

Ce n’est donc pas pour rien que de plus en plus de villages choisissent les ASP. Onze ans après le rejet populaire de la police unique, l’évolution des prérogatives des agents en gris n’est que l’une des preuves que la réforme policière vaudoise n’est toujours pas finie.

1 commentaire
    Marlise Burnand

    C'est devenu dangereux partout, moins à la campagne, mais tout de même. On a bradé notre patrie, laissé les frontières ouvertes, et voici ce qui arrive-

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