AboHomicide dans la campagne genevoisePolicier abattu dans une ferme à Jussy: voici la version du tireur
L’homme admet avoir tiré plusieurs fois en direction du fonctionnaire, selon nos informations. Il exclut en revanche tout contentieux avec la victime.

Le 25 juin dans la matinée, la police a reçu un coup de fil d’un agriculteur de Jussy expliquant avoir tiré sur un proche. La «Tribune de Genève» a appris que l’homme de 44 ans, qui a tué à son domicile son cousin policier, n’expliquait pas vraiment son geste. S’il évoque aujourd’hui une peur soudaine, il exclut tout litige avec la victime, qu’il dit avoir beaucoup aimée.
Interrogé par le Ministère public, il ne formule pas non plus d’explications claires au fait d’avoir ôté la vie ce même jour à son propre chien, de la même manière.
Risque de récidive?
Le paysan genevois a-t-il fait une décompensation qui l’a mis dans un état second, dans une autre réalité? Était-il dans un délire paranoïaque? L’expertise mandatée par la première procureure Anne-Laure Huber, permettra dans quelques mois d’y voir plus clair sur l’état de santé psychique du prévenu au moment des faits. Le document confirmera donc si l’homme, sans antécédents, souffrait d’une maladie psychique, si son état, perturbé par le récent décès de son père cette année, a pu avoir une influence sur son geste.
L’expertise, qui abordera également la question du risque de récidive, dira si le détenu doit être considéré comme totalement, moyennement, faiblement responsable, voire irresponsable. Dans ce dernier cas, il ne sera donc pas condamné à une peine de prison.
Au moins trois coups de feu
Quoi qu’il en soit, le suspect, qui avait une arme enregistrée au sein des services policiers compétents, n’a manifestement pas confondu son cousin avec un cambrioleur en lui tirant dessus avec son fusil. Dans le cadre de ses auditions, le paysan a admis avoir tiré au moins trois fois en direction de son cousin sans pour autant le viser. Il avoue également avoir fait de même envers son chien.
Il est aujourd’hui établi que le policier s’était rendu chez son cousin sur requête d’un proche inquiet pour son état. Dans la foulée de l’arrestation du tireur, le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) a ordonné sa mise en détention provisoire pour une durée de trois mois notamment en raison des risques de collusion.
Contacté cette semaine, son avocat Me Vincent Spira ne souhaite pas faire de commentaires. Tout comme Me Stéphane Grodecki, défenseur du père du policier et de sa compagne. Me Lorella Bertani représente dans cette procédure la mère du défunt. Né en 1996, ce policier, sportif d’élite spécialisé dans l’aviron à Vésenaz, était un agent dévoué qui travaillait dans le domaine de la police de proximité cantonale.
Deux personnes connues
Quant au prévenu, il vivait avec sa mère dans la ferme située au cœur du village de Jussy. Bien connu dans la région, il occupait des fonctions politiques. Il est également membre de la compagnie des sapeurs-pompiers de sa commune. Tout comme l’était d’ailleurs la victime.
Un retraité que nous avons rencontré au lendemain de cette tragédie confirme que les deux hommes jouissaient d’une notoriété certaine au village: «On connaissait tous ces deux personnes de près ou de loin. Ici, c’est tout petit, vous savez.»
«On connaissait tous ces deux personnes de près ou de loin. Ici, c’est tout petit, vous savez.»
La victime «était quelqu’un qui était toujours prêt à aider», raconte un riverain. Un bistrotier avait vu en juin le jeune homme lors de son travail en brigade. «Il a travaillé à la Pallanterie et vivait à Meinier», précise un client. «Nous avons livré des repas pour son club d’aviron, ajoute le restaurateur. C’était un jeune très sympa.»
Quant au tireur, il est décrit par un habitant comme «quelqu’un de combatif au niveau politique, mais de sympathique, très intégré. Personne n’aurait pu penser qu’il commettrait un tel geste. Je l’avais croisé quelques jours avant les faits lors d’un exercice des pompiers. Il m’a semblé tout à fait normal, ni particulièrement affecté par le décès de son père. Je n’ai vu aucun signe avant-coureur.»
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