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AboPolitique genevoise
L’affaire Fischer fait chauffer les partis

Genève, le 20 mars 2023. Conférence de presse de Fabienne Fischer, conseillère d’État chargée du Département de l’économie et de l’emploi (DEE).
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Faut-il l’appeler l’affaire Fischer? L’affaire Rossiaud? Les deux? Peu importe finalement, les partis se positionnent sur les questions soulevées, qu’il s’agisse du volet sur le partage des rôles entre l’administration et l’équipe de campagne au moment des élections cantonales ou sur le rôle existant ou fantasmé joué par le conjoint de l’ancienne ministre dans l’attribution de mandats d’étude à des associations.

À une encablure des élections fédérales, tous les partis sont aux aguets, sauf peut-être celui de Pierre Maudet (Libertés et justice sociale), dont le groupe n’a pas encore de conviction arrêtée sur la question, explique son chef de groupe Jacques Jeannerat.

«Affaire grave»

Pour les autres, l’affaire est grave. «Cette polémique est partie de l’utilisation de certains fonctionnaires par la magistrate durant la campagne, souligne Jacques Blondin, président du Centre. Elle débouche sur le rôle de son conjoint et l’attribution de certains mandats. Ce cumul de reproches nous impose de faire la lumière sur les faits».

Selon le député, il convient de mettre de l’ordre en particulier dans la manière de gérer les campagnes de réélection des magistrats en cadrant le rôle des fonctionnaires et des conseillers personnels. Ce qui tombe bien, puisque la Commission de contrôle de gestion du parlement a été saisie. «Par ailleurs, l’attribution des mandats, très libre en dessous d’un certain montant, doit être revue».

C’est ce point aussi qui semble marquer le président du Mouvement citoyens genevois, François Baertschi. «L’État dépense environ 150 millions par an en mandats qui ne sont pas visés par les députés, car inférieur à un certain montant. Il va falloir trouver un système de contrôle parlementaire. Ces mandats ne peuvent pas être distribués comme s’ils sortaient de la cassette personnelle des magistrats.»

Pour l’élu MCG, la magistrate Verte a démontré un «amateurisme préoccupant nourri par la certitude d’être dans le vrai. Les leçons de morale des Verts se retournent contre eux.»

Offensive à droite

«Trois cent mille francs d’argent public ont été attribués à des associations liées au compagnon de l’ancienne conseillère d’État Fabienne Fischer, et ce malgré les préavis négatifs du département», déplore le président du PLR Pierre Nicollier, dans un communiqué. Il estime que ce «scandale s’ajoute aux révélations précédentes: l’implication de collaborateurs de l’État dans sa campagne, et les relations entre son compagnon et son administration. Il convient maintenant de faire toute la lumière sur ce dossier.»

Pour la présidente de l’UDC Céline Amaudruz, «c’est une nouvelle crise institutionnelle qui touche Genève. Il y a la présomption d’innocence sur le plan judiciaire, mais politiquement, c’est intenable et il faut faire toute la lumière sur cette affaire».

«Il serait intéressant d’obtenir dorénavant une liste de tous les mandataires de l’État, même pour les petites sommes, afin de limiter les dérives potentielles».

Thomas Wenger, président du PS

Selon la présidente du parti, «le volet sur l’attribution de mandats est insupportable, c’est la politique des petits copains. Fabienne Fischer a fait campagne sur l’éthique, pourtant, au lieu de servir l’État, elle s’en sert pour réaliser ses dogmes en passant outre les préavis négatifs des fonctionnaires. Cela ouvre la boîte de Pandore, car il y a pour 150 millions de francs de mandats attribués sans appel d’offres».

Elle appelle à revoir les lois. Au risque de créer une usine à gaz? «Tout le problème, c’est la présence de son conjoint, il faut au minimum annoncer un conflit d’intérêts au reste du collège gouvernemental.»

Gêne socialiste

La polémique touchant les Verts donne du souci aux socialistes. «Il est évident qu’une affaire ciblant un parti n’est jamais une bonne chose durant une campagne électorale, soupire le président du PS Thomas Wenger, qui se console en assurant que les «Genevois sont bien davantage préoccupés par la hausse des primes et des loyers que par l’affaire en cours».

Pour le reste, le PS estime que la transparence doit être faite sur tous les volets de l’affaire. «Il serait intéressant, ajoute-t-il, d’obtenir dorénavant une liste de tous les mandataires de l’État, même pour les petites sommes, afin de limiter les dérives potentielles».

Gênés, les Verts bottent en touche

La présidente des Verts Delphine Klopfenstein Broggini, par ailleurs candidate à sa réélection au Conseil national, explique que son parti veut la vérité et se distancie de la polémique.

Delphine Klopfenstein Broggini. Présidente des Verts.

Que penser des révélations successives concernant Fabienne Fischer et Jean Rossiaud?

La justice a été saisie, elle doit faire son travail. Le parlement aussi, à travers la Commission de contrôle de gestion. À ce titre, nous soutenons le principe d’une enquête qui soit adressée à tous les magistrats lors de la dernière législature, sans discrimination. C’est à partir de ces conclusions que nous pourrons nous exprimer.

Y a-t-il eu conflit d’intérêts dans l’attribution des mandats à Monnaie Léman et Après?

C’est au Grand Conseil de le dire à travers la Commission de contrôle de gestion. Faut-il revoir les règles d’attribution des mandats? Il faut en tout cas qu’elles soient très transparentes, et peut-être le sont-elles.

Jean Rossiaud, compagnon et chef de campagne… Comme présidente du parti, auriez-vous dû sonner l’alarme pour éviter la catastrophe?

Les Verts n’ont pas été associés à cette question.

Ces affaires vont-elles peser pour les Verts aux élections fédérales?

Les Verts peuvent compter sur un bon bilan.