Le barjo de Seiry devrait faire son entrée au «Guinness Book»

PortraitAmateur de défis fous, Stéphane Cand, un cyclotouriste valdo-fribourgeois, a traversé seize pays en six jours durant ses vacances d’été.

Pour s'entraîner, Stéphane Cand va travailler tous les jours à Bière en vélo, été comme hiver, soit en 130 et 140 km quotidiens en selle depuis son domicile de Seiry, dans la Broye fribourgeoise.

Pour s'entraîner, Stéphane Cand va travailler tous les jours à Bière en vélo, été comme hiver, soit en 130 et 140 km quotidiens en selle depuis son domicile de Seiry, dans la Broye fribourgeoise. Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Il y a quinze ans de cela, quand il avait aligné 30 marathons en une année, Stéphane Cand était volontiers surnommé le «barjo de Gland» par les médias. Installé désormais dans la Broye fribourgeoise, dans un village dont il est tombé amoureux en même temps qu’il décidait de refaire sa vie auprès de Lauriane, peut-on l’appeler le «barjot de Seiry»? «Mes amis me disent parfois que je suis le marin des terres car je suis un solitaire, qui aime les épreuves au long cours, sans trop de sommeil, mais toujours sur terre», répond l’homme qui devrait prochainement entrer au Livre Guinness des records. Tenez-vous bien, le cyclotouriste vient de passer ses vacances d’été en selle, réussissant l’exploit de traverser seize pays en six jours!

Parti le dimanche 11 août de République tchèque, il a traversé la Slovaquie, la Serbie, la Hongrie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Slovénie, l’Autriche, l’Italie, le Liechtenstein, l’Allemagne, la Suisse, la France, le Luxembourg, la Belgique, avant de passer par les Pays-Bas et de s’arrêter à nouveau en Belgique, à la frontière de Mouland, le samedi suivant. Avec ces 2200 km avalés à raison de 300 km par jour et quatre petites heures de sommeil par nuit, il bat la précédente marque de quatorze pays en sept jours, établie par le Polonais Marek Dzienisiuk. «J’ai vu sur internet qu’un cycliste aurait traversé quinze pays depuis lors, mais que son record n’est pas encore homologué, du coup, j’en ai traversé un de plus pour assurer le coup», rigole le Vaudois de cœur, qui vient d’envoyer tous les documents nécessaires à son inscription au Guinness.

Une famille sportive

Pour réussir son odyssée, le quadragénaire, venu au monde à Nyon dans une famille sportive, a minutieusement préparé son aventure durant plus d’une année. Suivi médicalement depuis des années dans ses aventures par le Dr Daniel Blanc et désormais par son fils Gontran, il a choisi son itinéraire en évitant les villes, mais en suivant quand même les grands axes. «Sur les routes principales, les limitations de vitesse sont souvent mieux respectées. Il y a toujours du passage en cas de soucis et il est plus simple de s’y ravitailler qu’en pleine campagne. Enfin, le revêtement de la route est souvent meilleur et cela monte moins que sur les axes secondaires», décrit-il.

Par contre, les villes sont souvent longues à traverser et il n’a pas de temps à perdre. D’ailleurs, c’est aussi pour ne pas perdre de temps qu’il a choisi de dormir à l’hôtel plutôt que chez l’habitant, même si son périple s’est réalisé en totale autosuffisance. «Comme je dors très peu, jamais plus de quatre heures par nuit, et que je me levais tous les matins à 3 h, c’est compliqué de loger chez l’habitant. Dans un hôtel, on part quand on le souhaite.»

Une seule pause pour 70 heures de vélo

Pour autant qu’on s’arrête vraiment pour dormir, pourrait rajouter notre volubile interlocuteur. De Maribor au lac de Constance, il a ainsi passé trente-huit heures sur son vélo pour 673 km par les Alpes. Après un petit sommeil réparateur de 2 h 30 et beaucoup d’énervement à cause de travaux sur la route en Suisse qui n’étaient pas signalés, il a enchaîné trente-deux heures en selle pour 647 km jusqu’à son arrivée en Belgique. Justification: «À cause des températures de 44 degrés rencontrées en Hongrie et du vent de face dès le deuxième jour, j’avais pris du retard.» Un steak tartare en Slovénie et des températures plus clémentes lui permettront de finir à temps.

«J’ai toujours eu l’exagération en moi, tout en recherchant le plaisir en premier lieu», ajoute celui qui a donné un nouveau tour à sa vie en quittant son travail de magasinier chez Novartis, à Nyon, pour un job de logisticien à la caserne de Bière en 2012. Enfant, il a tâté du judo, mais ne supportait pas la discipline. Passionné ensuite de ski, tant de piste que de fond, il a arrêté car cela coûtait trop cher et s’est mis à la course à pied. À 14 ans, il transgresse le règlement de Morat-Fribourg, interdit aux jeunes, et court en 1 h 14. S’enchaîne une fracture de fatigue qui l’amène sur un vélo. Mais le cyclisme est un sport d’équipe et il est trop individualiste pour cela. Le voici donc à pratiquer le duathlon jusqu’au niveau mondial, avant de s’orienter vers la course de longue distance. Avec notamment 30 marathons avalés en un an, mais aussi le raid des trolls, des épreuves en Égypte ou encore la descente du Rhône d’Aletsch à Port-Saint-Louis, soit 800 km, en dix jours!

Pourtant, tout aurait pu s’arrêter après sa rencontre avec Lauriane Chassot. Par amour, il a ainsi posé le vélo près d’une année. «Mais en vacances au bord du lac Majeur, il passait son temps à regarder défiler les cyclistes», témoigne la maman d’Amandine, qui le remet alors en selle. Dans la lignée des prénoms se terminant en -ine, ses deux premières filles se prénomment Justine et Caroline, et la famille possède les chats Hermine et Cocaïne…

«Vélotaff» tous les jours jusqu’à Bière

Pour garder du temps pour sa vie de famille, Stéphane invente alors le «vélotaff», soit 140 km de vélo aller et retour pour rejoindre son travail à Bière, dès 5 h le matin. En hiver, la ration est diminuée à 130 km, par tous les temps, au soleil comme sous la neige. «Cela me fait mon entraînement et, le week-end, je suis disponible à la maison», sourit-il. La formule fonctionne si bien qu’il vient de vendre sa voiture.

Déjà, les idées des prochains défis fourmillent dans son esprit. En 2020, il se verrait bien s’attaquer au record de la traversée de l’Europe, du cap Nord, en Norvège, à Tarifa, en Espagne. À moins que l’idée de traverser le maximum de pays en trente jours, un nouveau record proposé par le Guinness, ne finisse par l’emporter.

Créé: 12.09.2019, 09h51

Bio Express

1972
Naissance le 20 juillet à Nyon, d’une famille sportive, sa maman en natation, son papa en athlétisme.
1986
Après avoir tâté le judo et le ski, court le Morat-Fribourg à 14 ans en 1 h 14, puis s’oriente vers le vélo.
1988
Apprentissage de magasinier à Nyon.
1990
Pratique le duathlon jusqu’au niveau mondial, avant de revenir à la course à pied, en longue distance.
1992
École de recrues à Drognens.
2000
Mariage avec Brigitte.
2001
Remporte le raid des trolls en Norvège.
2003
Naissance de sa fille Justine. Elle sera suivie par Caroline (2012) et Amandine (2013).
2004
Court 30 marathons.
2010
Revient au cyclisme.
2012
Quitte son emploi chez Novartis et devient logisticien à la caserne de Bière. Il y rencontre Lauriane, tombe amoureux, divorce et s’installe à Seiry.
2015
Record des plus rapides traversées de la Suisse du nord au sud et d’est en ouest à vélo.
2019
Traverse seize pays en six jours

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