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PortraitKevin Grangier, secrétaire de l’UDC.

Kevin Grangier avec la chaise pour son troisième enfant à naître, dans la maison familiale en réfection à Noville.

Kevin Grangier avec la chaise pour son troisième enfant à naître, dans la maison familiale en réfection à Noville. Image: CHANTAL DERVEY

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Au commencement était la politique. Kevin Grangier se souvient de la date exacte du jour où il créa son propre parti. C’était le 17 mai 2000. Il avait 15 ans et voulait refaire le monde avec son ami Dylan Karlen. A Noville, les compères étaient voisins, portaient tous deux des noms de vedettes américaines et on les confondait souvent. Ce qu’ils partageaient surtout, c’était une admiration pour les idées souverainistes de Christoph Blocher. La majorité des jeunes Romands avaient encaissé le non à l’EEE de 1992 comme une claque, ces deux-là s’en réjouissaient. Leur petit parti s’intitulait l’Union démocratique populaire…

Seize ans plus tard, on retrouve assez logiquement Dylan Karlen à la vice-présidence de l’UDC Vaud, tandis que Kevin Grangier en assume le secrétariat général. Le trentenaire porte la cravate, choisit ses mots pour s’exprimer, mais le fond reste passionné: «Je refuse la mondialisation et l’internationalisation qui nous déracine et nous réduit à l’état de seuls consommateurs, je crois au peuple souverain et à la démocratie directe, je m’opposerai toujours à ceux qui veulent nous enlever ce droit.»

Besoin d'ordre et de contrôle

Puis il y a eu les drapeaux. Formation de médiamaticien (généraliste en communication) en poche, Kevin Grangier travaille brièvement à Genève, avant de faire son école de recrues à Thoune, en 2005. Il enchaîne deux ans d’armée et trouve vite sa voie: le grade de sergent-major convient à merveille à son besoin d’ordre et de contrôle. «Le sergent-major est un solitaire au service des autres. C’est lui qui gère l’intendance, qui vérifie que tout fonctionne. J’aime cette notion d’exigence», explique Kevin Grangier, aîné d’une fratrie de trois garçons dont les deux plus jeunes suivent actuellement une formation pour devenir officiers de carrière.

L’UDC Vaud, qui l’a nommé secrétaire général en 2014, s’est trouvé un sergent-major pour tenir la caserne. Après six ans de formation, civile celle-ci, au secrétariat central de l’UDC à Berne, l’adjudant Grangier est rompu aux situations de crise. Il a tenu bon lors des querelles internes qui ont déchiré le parti cantonal et mené à l’éviction de Claude-Alain Voiblet, en mars 2016. Il dit avoir été affecté par ces affaires, mais la page est tournée: «Le parti a été secoué, mais il n’a perdu que 18 membres sur 2900.»

Enfin, il y a eu la conversion religieuse. Kevin Grangier a été baptisé à la foi catholique – excusez du peu – par le pape Benoît XVI en personne. C’était à Rome, la veille de Pâques 2011. De père catholique et de mère protestante, le Chablaisien avait grandi sans religion. En 2008, un prêtre lui parle et fait germer en lui la graine de la foi. C’est un ami fribourgeois, Grégoire Piller, garde du pape à Rome, qui intercédera auprès du Saint-Père pour le faire baptiser au Vatican, sous les marbres et les dorures de la basilique Saint-Pierre.

«Le pape baptisait six adultes, j’étais le premier à passer»

Séquence trac et émotion: «Le pape baptisait six adultes, j’étais le premier à passer.» Des milliers de personnes étaient présentes. L’échange avec Benoît XVI «était intense et il restera inoubliable». Il communie et confirme le même soir, devant le souverain pontife qui enduit son front de saint chrême. Joseph Ratzinger lui dit: «Pax tibi» (la paix soit avec toi). Kevin Grangier, qui peut répondre dans la langue de son choix, opte pour le latin: «Et cum spiritu tuo» (et avec ton esprit). Après un tel chemin de Damas, il confie que la religion «joue un rôle important, c’est quelque chose que je partage avec mon épouse, protestante, et nos enfants. Nous allons aussi bien au culte qu’à la messe.»

Hussard missionnaire

Ce triptyque de politique, d’armée et de religion dessine le portrait d’un hussard missionnaire. L’initiative que l’UDC Vaud s’apprête à lancer contre la reconnaissance des religions vise l’islam, c’est un fait. «L’islam est directement concerné car c’est une religion revendicatrice, affirme-t-il. Nous voulons préciser que la reconnaissance d’une communauté ne lui donne pas le droit d’obtenir des aménagements que la société devrait lui accorder au nom de la liberté religieuse.»

Derrière le discours rodé, le polémiste se tient toujours en embuscade, prêt à bondir sabre au clair. Quand il traite de «naïfs» ceux qui croient à l’intégration, ou quand il propose de soumettre à autorisation le divorce des personnes qui n’ont pas les moyens de l’assumer. Pourtant, il se défend de toute provocation gratuite. (24 heures)

Créé: 21.10.2016, 09h53

Carte d'identité

Né le 19 janvier 1985, à Vevey.

Cinq dates importantes

2000 Le 17 mai, fonde l’Union démocratique populaire, un parti souverainiste, avec son ami Dylan Karlen.

2011 Le 23 avril, est baptisé par le pape Benoît XVI, à Rome.

2012 Le 14 décembre, se marie avec Laetitia Bernard, à Fribourg.

2013 Le 17 août, naissance de jumeaux, Esteban et Sophia.

2015 Le 9 décembre, Guy Parmelin, à la campagne duquel il a œuvré, est élu conseiller fédéral.

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