Réputation et passion intactes, l’entrepreneur roule pour le LS

PortraitStefan Nellen, enfant de Brigue, mais Vaudois d’adoption, touche-à-tout talentueux, intègre un monde du football auquel il est lié depuis toujours

Stefan Nellen, fondateur de Plafonmetal, vice-president du LS.

Stefan Nellen, fondateur de Plafonmetal, vice-president du LS. Image: CHRISTIAN BRUN

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Lorsqu’on lui demande quel cadre il souhaite pour la photo qui illustrera son portrait, Stefan Nellen opte sans hésiter pour son bureau chez Plafonmetal, l’entreprise familiale de faux plafonds, sise au Mont. Un endroit où, même s’il continue de s’impliquer, il ne passe pourtant pas le plus clair de son temps depuis qu’il a confié la marche des affaires à deux de ses trois enfants, Kevin et Justine, il y a quelques années déjà. Mais le lieu reste très particulier pour lui, puisque c’est là que tout a commencé.

Les alternatives ne manquaient pourtant pas à Stefan Nellen, talentueux touche-à-tout. Il aurait en effet pu choisir ce quartier de Chailly, dans les hauts de Lausanne, qui l’a vu grandir et mûrir malgré «une enfance compliquée entre un père absent et les autres membres de la famille qui en souffraient encore plus que moi». Ou alors se diriger un peu plus à l’ouest, vers la Sallaz, où il préside depuis 2002 le conseil d’administration de Tridel. Ou encore vers le Stade olympique de la Pontaise, où évolue ce Lausanne-Sport dont il est devenu le vice-président il y a deux mois. Il est appelé à jouer un rôle plus important dans ce club dès cet été, puisqu’il s’occupera du département communication et relations avec les différentes institutions nationales et internationales. Tout cela sans oublier Froideville, un village qu’il a habité durant sept ans et où il a découvert le monde politique grâce à son élection à la Municipalité.

Les plafonds plutôt que le Japon

C’est donc dans les locaux de cette entreprise créée en 1968 par ses parents qu’il se sent le plus à son aise. «Elle est une grande partie de ma vie, sourit-il. Et comme cela a été souvent le cas pour moi, Plafonmetal doit beaucoup aux rencontres et au hasard. Alors que mon père n’était qu’un simple employé dans une entreprise de plafonds, ma mère a participé à un concours organisé par «Blick». Mon nom a été tiré au sort pour le premier prix: un voyage au Japon, qui représentait alors une véritable expédition. Mais mes parents ont choisi d’échanger ce prix, d’une grande valeur, contre de l’argent qu’ils ont investi pour créer leur propre entreprise.»

Quelques années après le divorce de ses parents et le départ de son père, Stefan Nellen rejoint naturellement l’entreprise que sa mère, qui occupe une place fondamentale dans sa vie, n’a jamais voulu abandonner. «À 20 ans, à peine mon apprentissage terminé, je me suis retrouvé à la tête de cette société que ma maman, à force de sacrifices énormes, était parvenue à pérenniser. Longtemps, elle a d’ailleurs continué de s’occuper de toute la partie administrative. (Il marque une longue pause.) C’est incroyable ce qu’elle a fait pour moi.»

Pas rancunier

Autodidacte, travailleur, rigoureux, sympathique et droit sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent lorsqu’on demande à des personnes l’ayant côtoyé de définir Stefan Nellen. Une dernière qualité qui a pourtant été largement écornée, l’an dernier, avec l’affaire de bonus jugé «disproportionné» qu’il se serait accordé en tant que président du CA de Tridel – et dont il aurait aussi fait bénéficier Olivier Français – qui a défrayé la chronique. «Cette histoire m’a profondément blessé. Parce que je savais – et les différents audits l’ont confirmé – que nous avions fait les choses de façon légale et limpide. Durant cette période difficile, les nombreux messages de soutien de personnes avec qui j’avais collaboré m’ont fait beaucoup de bien. Quant aux autres, je ne leur en veux pas. La rancune, je ne connais pas. Avec le recul, ma seule erreur a été de solliciter un nouveau mandat – qui se terminera en septembre – au lieu de quitter Tridel en même temps qu’Olivier Français.»

Ces attaques ont failli coûter cher à Stefan Nellen. Passionné de football, un sport qu’il a sans cesse pratiqué durant plus de quarante ans «sans talent mais avec l’avantage d’être polyvalent», le Valaisan de naissance mais Lausannois de cœur pensait voir son rêve d’enfance – œuvrer dans le monde du foot – s’évanouir brusquement, face à ces lourdes suspicions. «Durant près de huit ans, j’avais tissé un rapport de confiance fort avec Ineos et son directeur, David Thompson.» Il avait rencontré l’homme grâce à un ami d’enfance, connu sur les terrains du FC Chailly, qui avait contribué à l’installation de cette multinationale à Rolle. Puis à la faire entrer au LS en tant que sponsor de Team Vaud, le secteur formation dont Stefan Nellen s’occupait à l’époque. «Tout cela avant que nous mettions en contact Ineos et Alain Joseph pour le rachat du club, l’été dernier. Des liens solides que les doutes sur mon intégrité avaient injustement ébranlés.»

Ces suspicions balayées, Stefan Nellen a pu intégrer l’organigramme du LS au début de l’année. Et faire bénéficier les nouveaux propriétaires d’un carnet d’adresses richement fourni. Et pas seulement au niveau local puisque le Valaisan a pu côtoyer, ces vingt dernières années, les hautes sphères du football mondial grâce à une illustre relation familiale. «Sepp Blatter est le cousin de ma maman. Du même âge, ils ont toujours été très proches. En 2002, j’ai même failli rejoindre la FIFA à Zurich mais l’occasion de lancer un important projet local comme Tridel a eu ma préférence.» Il ne regrette pas une seconde ce choix, malgré la souffrance endurée. «Je suis une personne résolument positive qui a eu la chance de vivre plusieurs carrières au cours desquelles j’ai pu constamment apprendre. Le changement et la remise en question ne me font pas peur car j’ai cette chance de savoir m’adapter rapidement à chaque contexte.» Une qualité dont va bientôt pleinement profiter le Lausanne-Sport. Stefan Nellen aborde ce nouveau défi avec son habituel enthousiasme. (24 heures)

Créé: 08.06.2018, 08h47

Bio

1963
Naît le 23 octobre à Brigue. Très vite il déménage à Vevey puis à Lausanne.
1983
Entre chez Plafonmetal, où il travaille durant vingt ans.
1988
Arrivée de Kevin. Suivront Justine deux ans plus tard et Kilian en 1995.
1998
Élection à la Municipalité de Froideville, où il vit durant treize ans. Assiste à Paris à sa première finale de Coupe du monde.
2002
Devient président du conseil d’administration de Tridel.
2004
Nommé président de l’association Team Vaud.
2013
Rencontre Sve, avec laquelle il partage toujours sa vie.
2016
Naissance de Keao, son premier petit-fils, puis de June l’année suivante.
2017
Affaire Tridel.
2018
Prend la vice-présidence du Lausanne-Sport.

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