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Une autorité naturelle au service du jeu et du LS

Quinze ans après avoir joué au Lausanne-Sport, Giorgio Contini y revient en tant qu’entraîneur, cette fois.

Le Zurichois a réintégré le LS, comme entraîneur cette fois.
Le Zurichois a réintégré le LS, comme entraîneur cette fois.
FLORIAN CELLA

Juin 2003. Au lendemain d’une faillite aussi retentissante que traumatisante, Giorgio Contini quitte le Lausanne-Sport en se posant mille questions. Sur la précarité de son métier de footballeur professionnel et son avenir personnel surtout. Le véloce attaquant n’a pourtant que 29 ans, un âge où un joueur est à l’apogée de sa carrière. Un destin d’autant plus étrange pour ce Zurichois d’origine italienne, né à Winterthour, qu’il avait connu deux consécrations rares peu auparavant.

Au printemps 2000, Giorgio Contini avait en effet eu l’immense bonheur de fêter le deuxième titre national de l’histoire centenaire du FC Saint-Gall au milieu d’un public qui voue une vraie passion au club de sa ville. Quelques mois plus tard, il s’était même vu appelé en équipe de Suisse par Enzo Trossero, l’éphémère sélectionneur de l’époque. «À cause, aussi, de mauvais choix, ma carrière a basculé très vite, explique-t-il non sans une pointe de regrets. Je venais de passer cinq magnifiques années à Saint-Gall lorsque j’ai décidé de rejoindre le FC Lucerne. Une grossière erreur, puisque le club connaissait d’énormes problèmes financiers qui allaient l’amener à la faillite. Nouvelle mauvaise décision six mois plus tard avec le Lausanne-Sport et ses promesses jamais tenues.» Avec l’issue que l’on connaît.

Un double choc qui aura un impact prépondérant sur la suite d’un parcours dont il mesure toute la fragilité. «Je suis retourné dans mon club, à Winterthour, mais en décidant de commencer à passer les différents diplômes d’entraîneur en parallèle. Jusqu’au jour où René Weiler m’a proposé de m’occuper des espoirs saint-gallois. Un choix qui impliquait que je mette un terme à ma carrière de joueur, à 31 ans seulement. Deux ans trop tôt car j’avais alors encore envie de jouer. Mais cette proposition présentait le grand avantage de m’offrir la possibilité de voir si ce métier était fait pour moi.»

«Lorsque j’étais moi-même joueur, j’avais souffert du mutisme ou de l’indifférence de certains coaches»

Un ban d’essai plus que concluant. Avec autant de passion que de travail, il permet à nombre de jeunes talents du club de rejoindre l’équipe professionnelle. «Je me suis très vite rendu compte du rôle capital que jouent la communication et la psychologie. Lorsque j’étais moi-même joueur, j’avais souffert du mutisme ou de l’indifférence de certains coaches. Raison pour laquelle je pense être une personne ouverte au dialogue, qui donne des informations tout au long de la semaine. Mais je suis, bien sûr, aussi là pour prendre les décisions finales. Et les assumer ensuite.»

Dans ce nouveau métier, la première chose qu’a apprise Giorgio Contini est la difficulté, pour les joueurs, de placer l’intérêt collectif avant le leur. «Un entraîneur ne fait pas toujours jouer les onze meilleures individualités, mais celles qui composent, à ses yeux, le meilleur ensemble pour un certain plan de jeu. Une évidence pour un coach qu’il n’est pas simple de faire passer. Et je parle en connaissance de cause, puisque nombre d’entre eux préféraient, à l’époque, m’utiliser dans le rôle frustrant de joker.»

Un père boxeur

Une évolution qui a ensuite permis à Giorgio Contini d’obtenir des responsabilités plus importantes à Vaduz, à Saint-Gall puis au LS avec lequel il a pour mission de rejoindre très vite la Super League. Mais qu’aurait-il fait si ce métier ne lui avait pas convenu? «Je crois que j’aurais pu tout faire, rigole-t-il. Même vendre des parapluies les jours de beau temps! Je pense être une personne très positive qui aime le contact avec les gens. (Il marque une pause.) La seule chose inconcevable pour moi est de passer huit heures par jour assis sur une chaise dans un bureau.»

Un besoin de bouger et de se dépenser que lui a certainement transmis son père. Boxeur émérite, ce dernier a même décroché, en 1972, un titre de champion de Suisse. «Le sport a toujours rythmé nos journées, raconte Giorgio Contini. Je me souviens que je me rendais à l’école avec un ballon sous le bras. J’adorais aussi le tennis et le ski. Jusqu’au jour où il m’a fallu choisir.»

Un choix parfait au vu d’un parcours en ascension constante malgré quelques moments pénibles. «Dans un premier temps, j’ai mal vécu mon licenciement de Saint-Gall, en avril dernier. Même si le courant ne passait pas bien avec les nouveaux dirigeants, les résultats étaient bons (ndlr: 3e place au classement). Ce qui s’est ensuite avéré rassurant, c’est que je n’avais pas été mis à l’écart pour des raisons objectives. Cela ne m’a pas empêché de me remettre en question. La progression passe par là.»

Une issue abrupte qui permet aujourd’hui à Giorgio Contini de retrouver Lausanne et un homme qui l’a choisi en connaissance de cause. «Pour le grand projet que nous avons ici, détaille Pablo Iglesias, le directeur sportif lausannois, Giorgio est l’entraîneur idéal. Joueur (ndlr: il l’a dirigé au LS lors de la saison 2002-2003), il dégageait déjà cette autorité naturelle qui le caractérise toujours. Pour se faire entendre, il n’a pas besoin d’élever la voix. Et puis, j’apprécie chez lui non seulement sa capacité de travail, sa psychologie et ses compétences, mais aussi le fait qu’il ait d’abord passé cinq ans à se former avec les jeunes.»

Mais la vie de coach a aussi ses inconvénients. En relevant le défi que lui propose le LS, Giorgio Contini a dû sacrifier en partie sa vie de famille. Avec deux enfants en âge de scolarité, les Contini ont estimé plus sage qu’ils restent à Saint-Gall avec leur mère. «Je ne peux leur accorder qu’un jour par semaine, soupire-t-il. Une fois le match et les différentes analyses terminées, je me rends à Saint-Gall pour me consacrer entièrement à ma famille.» Une indispensable soupape de sécurité pour un homme qui passe ensuite une douzaine d’heures par jour au stade de la Pontaise. Avec succès jusque-là.

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