Le boss de Morat-Fribourg court depuis toujours

PortraitAncien d’Athletissima, le Broyard Olivier Gloor est le nouveau directeur de la course commémorative fribourgeoise.

Olivier Gloor le dit: «Morat-Fribourg, c’est la doyenne. Un monument du patrimoine des courses à pied, qui fait partie de l’ADN fribourgeois»

Olivier Gloor le dit: «Morat-Fribourg, c’est la doyenne. Un monument du patrimoine des courses à pied, qui fait partie de l’ADN fribourgeois» Image: JEAN-PAUL GUINNARD

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Les souvenirs d’enfance d’Olivier Gloor semblent tous liés à la course à pied. Le nouveau directeur de Morat-Fribourg, qui vit sa 86e édition le 6 octobre, se rappelle la course Payerne-Granges-Payerne organisée par son père au sein du Club athlétique broyard (CAB): «Le jour de la course, il prenait tous les stylos de la maison pour les inscriptions. Nous, nous étions au bureau. C’étaient mes débuts dans le bénévolat.»

Près de quarante ans plus tard, le Payernois a pris du grade. Il succède tout naturellement au charismatique Laurent Meuwly, entraîneur d’athlétisme à succès et directeur durant dix-huit ans de Morat-Fribourg. «Habitant la région, Olivier a participé lui-même plusieurs fois à la course. Son expérience dans l’organisation d’événements sportifs d’envergure et sa connaissance de la course à pied en faisaient un candidat idéal à ma succession», décrit ce dernier, entraîneur de la Fédération néerlandaise d’athlétisme depuis le mois d’avril. C’est lui qui a proposé le nom de son successeur au CA Fribourg, propriétaire de l’épreuve qui, depuis 1933, commémore la victoire des Confédérés sur Charles le Téméraire à Morat en 1476. Et retrace le parcours du messager qui, une branche de tilleul à la main, avait couru l’annoncer à Fribourg.

Fer de lance des épreuves de course à pied en Suisse romande dans les années 80, avec régulièrement 15 000 sportifs réunis, Morat-Fribourg n’enregistrait plus que 6000 participants au tournant des années 2000. À force de travail, Laurent Meuwly est parvenu à inverser la tendance pour stabiliser la participation autour des 12 500 personnes ces dernières années. La 85e édition de 2018 a même réuni 13 661 athlètes, une première depuis les années 80. Autant dire que le défi qui attend Olivier Gloor n’est pas à prendre à la légère. «C’est la doyenne. Un monument du patrimoine des courses à pied, qui fait partie de l’ADN fribourgeois. C’est aussi une course particulière qui conduit d’un point A à un point B, ce qui complique tout au niveau de l’organisation», décrit le directeur.

Olivier Gloor a eu de belles ambitions sportives, comme se qualifier pour les Mondiaux de cross à Avenches en 2003 – son papa, Ruedi, en était une cheville ouvrière. Coureur d’élite de Swiss Athletics, il avait disputé les championnats du monde militaires de la spécialité en 2002 et en 2004. Las, le train partait sans lui, lui ouvrant d’autres portes. «Le système du sport suisse fonctionne grâce au bénévolat et ayant beaucoup reçu quand je faisais de la compétition, j’ai plaisir à pouvoir rendre cela. N’ayant pas été retenu pour 2003, j’étais ainsi secrétaire de la commission presse.»

Au contact de l’antidopage

Le rôle cadrait bien aussi avec sa formation commerciale, qu’il utilisa au laboratoire suisse d’antidopage à Lausanne, où il fut un temps employé de commerce. «Tout sportif souhaite que chacun ait des chances égales et le laboratoire travaille dans ce sens. Cette philosophie me plaisait bien, tout en me permettant de vivre ma passion», glisse celui qui se détend volontiers en montagne ou à la cuisine, appréciant les mets italiens.

Jamais il n’aurait pourtant pensé revêtir un jour l’habit d’organisateur professionnel. Il y a douze ans, alors qu’il s’apprête à devenir papa d’Alice, il met un terme à sa carrière sportive et entre de plain-pied dans la vie active au sein de la Commune de Payerne. Mais rapidement, le virus de la compétition reprend le dessus. En 2009, le voilà coordinateur général du meeting Athletissima. «Il s’agissait alors de gérer tout le business, les projets liés à la manifestation.» Un nouveau job permettant aussi à ce voyageur, mais pas baroudeur, de découvrir d’autres cultures par le biais du sport.

Si l’aventure auprès du meeting lausannois et de son boss, Jacky Delapierre, ne se terminera pas forcément bien, elle lui permet notamment de faire la connaissance d’un certain Laurent Meuwly, alors entraîneur de plusieurs athlètes suisses de niveau mondial. Un coach qui viendra le rechercher courant 2018, alors qu’Olivier enchaîne période de chômage et mandat auprès de l’association Special Olympics, le mouvement sportif pour les personnes en situation de handicap mental, qui lui tient particulièrement à cœur. Il monte alors Olivier Gloor Management avec son épouse, Nathalie, qui a choisi de diminuer son temps de travail d’enseignante pour s’investir dans la structure, et reprend l’organisation professionnelle de l’épreuve fribourgeoise. «Les choses ont très bien fonctionné jusqu’à maintenant et on ne va pas tout chambouler. Mais j’ai quand même quelques idées d’évolution que je compte amener au fil des ans.» Déjà, il doit assembler toutes les pièces de ce grand puzzle réunissant plus de 1000 personnes autour de l’organisation, dont au moins 400 bénévoles. Premier exemple concret et terre à terre, mais ô combien important, il songe à centraliser les sanitaires au départ.

«C’est une certaine fierté pour moi qu’il ait été retenu pour ce rôle, mais aussi de l’anxiété, car ce n’est pas un travail tout simple», admire son papa, Ruedi, qui avoue qu’il aurait peut-être aussi relevé une telle opportunité si elle s’était présentée. Reste qu’Olivier le dit, ce défi n’est pas que le sien, mais celui de toute la famille. Ainsi, en dehors du Morat-Fribourg, la société peut représenter des athlètes au niveau international ou s’engager comme mandataire auprès d’autres organisations. Les prochains JOJ de Lausanne sont notamment dans son viseur.

Créé: 04.10.2019, 09h33

Bio

1980
Naissance le 29 septembre, à Payerne. Sa maman pratique la course à pied et son papa, entraîneur d’athlétisme, la course d’orientation. Une sœur.
1998
Participe aux championnats d’Europe de cross juniors.
2001
Maturité professionnelle de commerce, après un séjour linguistique en Australie.
2002
Employé au laboratoire suisse d’antidopage à 60%. Décroche le bronze au championnat suisse du 3000 mètres steeple (or en U23). Participe aux championnats du monde militaires de cross.
2007
Naissance d’Alice, suivie par Jeanne en 2009. Met un terme à sa carrière sportive, devient chef technique du Club athlétique broyard (CAB), puis s’engage à la Commune de Payerne.
2010
Mariage avec Nathalie et engagement comme coordinateur général du meeting Athletissima.
2018
Est engagé par Special Olympics et fonde Gloor Management.
2019
Succède à Laurent Meuwly à la tête de Morat-Fribourg.

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