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La colère face à l’inhumanité a porté son ONG pour l’humanité

L'ancien directeur de Terre des hommes Michel Hoffmann fête ce week-end les 20ans de Vivere, son association aux moyens modestes mais à l’aide large.

Mike Hoffman dans son appartement lausannois qui sert aussi de bureau à l'association Vivere.
Mike Hoffman dans son appartement lausannois qui sert aussi de bureau à l'association Vivere.
Patrick Martin

Il se plie gentiment aux flashes du portraitiste même s’il est photosensible. S’il le fait, c’est pour le bien de l’association qu’il a fondée, pas pour son ego. «Si vous me demandez de parler de Vivere, je peux le faire pendant des heures. De moi, ce sera vite terminé.» Son modeste appartement lausannois sert aussi de bureau à l’ONG. Mike Hoffman rentre juste des Kivus, en RDC, où il aide des associations locales. «Il y a 17'500 soldats de l’ONU bien protégés, bien équipés, bien payés dans leur garnison, qui sont censés garantir l’intangibilité des frontières de la RDC. Elles sont quand même traversées quotidiennement par des milices étrangères. Les populations meurent au pied des casernes et la Monusco ne fait rien pour les sauver.» Il a passé deux semaines là-bas pour suivre les projets. Comme cette ONG locale, l’ACMEJ, qui documente et publie tous les assassinats de masse de cette région où six millions de personnes sont mortes ces vingt dernières années. «En représailles, trois des membres de l’association ont déjà été tués par les factions armées et un quatrième est dans le viseur après l’arrestation d’un chef de guerre. Je l’ai vu pour lui donner 280 $ afin qu’il puisse aller dans une autre région se faire oublier un moment.»

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