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Deux sœurs liées par la passion de l’art

Isabelle et Florence Renaut, metteuse en scène et chanteuse lyrique.

Florence et Isabelle Renaut, comédienne et metteure en scène, au Théâtre Benno Besson.
Florence et Isabelle Renaut, comédienne et metteure en scène, au Théâtre Benno Besson.
ODILE MEYLAN

Foyer du Théâtre Benno Besson à Yverdon, fin janvier. Debout devant les tréteaux, toute de noir vêtue, Isabelle Renaut s’adresse à la comédienne de la Lettre à Elise. «J’aimerais bien que tu t’assoies quand même.» Sans ciller, cette dernière acquiesce. Au premier abord, un échange banal de répétition théâtrale. Sauf que la comédienne n’est autre que sa sœur, Florence. Ce lien de famille rend-il la collaboration entre les deux fondatrices de la Cie Cantamisù un brin plus complexe? L’aînée – elle fêtera ses 40 ans dans deux mois – répond sans ambages: «Dans le rapport artistique, nous n’avons pas de complicité. Nos rôles respectifs sont très clairs. Il y a évidemment quelques points de friction, parce que je ne lâche rien de ce que je veux. Et puis, pas question de faire de différence avec les autres comédiens.»

Pour Florence, 33 ans, les choses ne sont pas toujours simples non plus. «C’est parfois plus difficile à vivre qu’avec d’autres metteurs en scène», reconnaît celle qui est chanteuse lyrique avant d’être comédienne. Mais la complicité existe entre les deux Yverdonnoises. Elle se perçoit au premier coup d’œil. Professionnellement, elle se remarque lors de la conception et de la production d’un projet de leur compagnie. Mais les deux frangines n’ont pas toujours tout partagé. Enfants, la différence d’âge faisait qu’elles n’étaient pas très liées. «Même si on ne s’entendait pas mal, nous avions peu d’activités communes. Quand j’allais aux concerts de The Cure, Flo jouait encore à la Barbie.» Paradoxalement, c’est l’éloignement qui va les rapprocher. Florence: «Quand Isabelle est partie six mois en Nouvelle-Zélande, j’ai éprouvé le besoin de resserrer les liens. Je m’inquiétais pour elle.» Au retour d’Isabelle, elles commencent à sortir ensemble, au théâtre notamment.

«Le spectacle, la rencontre avec le public nous fait rêver, comme disait Benno Besson»

Normal que le milieu artistique les réunisse: la culture tient le haut du pavé dans la famille Renaut. A Paris, où elles passent leurs premières années (elles sont nées d’un papa Français et d’une maman Yverdonnoise, tous deux férus d’histoire), elles découvrent l’univers des musées. Un intérêt qui ne s’arrête pas au seuil des vacances. «Il fallait toujours à un moment donné visiter, apprendre, se baigner dans la culture locale», remarque Florence.

Petit à petit, leur complicité grandit, via des études qui se complètent (en histoire de l’art pour Florence, au Conservatoire pour Isabelle) et un théâtre, L’Echandole, où elles évoluent ensemble: Isabelle sur les planches, Florence à l’accueil. Et puis l’aînée pousse sa cadette à s’essayer au chant lyrique: «Je lui ai dit qu’on avait le droit d’essayer des choses, et que j’aurais aussi aimé qu’on me le dise».

Le chemin reste long jusqu’à la naissance d’une véritable collaboration. Un hasard que Florence provoque par son envie de chanter du lyrique avec un ami d’Isabelle. Leur prof exhume les partitions du Pepitod’Offenbach. «Plutôt que d’en faire une simple «version lutrins» d’un soir, on demande à Isa d’imaginer une mise en scène», se souvient la soprano.

La Cie Cantamisù vient de naître. Et Isabelle, qui s’imaginait davantage sur les planches, change de voie. «Je tenais le rôle de metteur en scène en trop haute estime…» La formation qu’elle suit dans une école de mouvement bruxelloise lui ouvre les yeux. «Trouver des solutions scéniques est un casse-tête qui me plaît beaucoup.»

Lettre à Elise est la troisième création en six ans de Cantamisù. C’est peu et beaucoup. Car Flo et Isa ne passent pas toute leur vie ensemble, bien occupées chacune de leur côté. Jeune maman, Florence chante dans plusieurs ensembles et enseigne l’art lyrique à Bâle, à Lausanne et à Yverdon. Quant à Isabelle, qui aime parcourir le monde, elle coordonne un certificat en dramaturgie et performance du texte à l’UNIL et à l’EPFL. Cantamisù les ramène donc à Yverdon et consolide le ciment sororal. «Et surtout, le spectacle, la rencontre avec le public nous font rêver, comme disait Benno Besson», concluent-elles de concert.

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