L'économiste sait simplifier son savoir

PORTRAITSamuel Bendahan, député socialiste.

Samuel Bendahan:

Samuel Bendahan: "Aujourd'hui, on a besoin de personnes qui font comprendre les réalités aux autres et leur donnent les outils pour les assimiler." Image: ODILE MEYLAN

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Qui n’a jamais entendu la voix de Samuel Bendahan commenter la politique fiscale ou économique? Cette voix, c’est celle d’un jeune prodige, grand communicateur et amoureux de la vulgarisation. Au Café des Artisans, le Lausannois sirote calmement son thé d’agrumes en attendant notre venue. De son attitude se dégage une grande disponibilité. C’est sa marque de fabrique. Toujours prêt à expliquer; à dispenser de la théorie économique sous sa forme la plus simple; ou encore à imager un concept complexe comme celui de la masse monétaire.

«Il est important de concilier l’académisme avec le terrain. Et s’il faut avoir un discours sur la société, autant avoir un pied dedans»

«Pour moi, il est important de concilier l’académisme avec le terrain, dit-il. Et s’il faut avoir un discours sur la société, autant avoir un pied dedans.» Samuel Bendahan, fils d’un père juif marocain aujourd’hui décédé et d’une maman argovienne protestante, qui tient une petite entreprise familiale fabriquant de la crème Budwig, est un citadin impliqué. Docteur ès sciences économiques de HEC, enseignant, chercheur à l’EPFL, il est aussi administrateur de la Banque Cantonale Neuchâteloise, cofondateur d’une petite entreprise de services à but non lucratif, député et engagé à titre bénévole dans plusieurs groupes associatifs.

Enfant, Samuel Bendahan a vécu dans les alentours de Morges. A cette époque, il ne connaît pas la vie urbaine et ne rencontre pas grand monde. Puis il entre au gymnase à Lausanne et se met au théâtre, à l’improvisation. Il s’épanouit: «J’ai commencé à l’âge de 17 ans. Pendant plus de dix ans, cela a été une part majeure de ma vie sociale et cela a aussi changé mon rapport avec les autres. Beaucoup de mes amis d’aujourd’hui sont issus des rencontres faites dans ce cadre.»

La cuisine des chefs

Au Café des Artisans, Samuel Bendahan continue de décrire sa vie avec un sourire presque inamovible. A 35 ans bientôt et à quatre mois de son mariage, il mène son existence tambour battant. Il ne supporte pas de s’ennuyer et calme son impatience dans un foisonnement d’activités. Un de ses loisirs, c’est la cuisine. Mais attention, pas dans le genre pépère. Il reconstitue des plats de grands chefs, se prend la tête avec des recettes de pâtisserie et ose même la cuisine moléculaire: «J’aime bien faire des choses compliquées.»

En plus de son mandat de député, le socialiste est occupé par quatre emplois. C’est le règne de l’hétérogénéité et du pluridisciplinaire: «J’ai un profil particulièrement dispersé, ce qui n’est pas un avantage du point de vue de la carrière académique. Cela me donne moins de chances de devenir prof.»

Samuel Bendahan préfère voir jaillir les synergies issues de ses différentes activités. A travers l’association BSC, dont il est le cofondateur, il remplit des mandats auprès d’entreprises qui lui permettent de nourrir ses recherches et inversement.

Eternels pulls rouges

Au Grand Conseil, Samuel Bendahan fait partie des étoiles montantes de la gauche lausannoise. Habillé de ses éternels pulls rouges («J’en ai d’autres couleurs mais personne ne les remarque…») il dispense sa science macro et microéconomique. La gauche s’est imposée à lui alors qu’il était gymnasien, lorsqu’il faisait partie du mouvement contre l’austérité prônée à l’Etat.

Au fil des ans, une idée s’est imposée peu à peu: celle de devenir politicien. Pourtant, elle n’allait pas de soi pour cet intellectuel qui étudie les effets néfastes du pouvoir: «J’ai attendu avant de choisir un parti. J’associais le parti à une image d’intrigues, de combines.»Il finit par choisir les socialistes, parce qu’en militant sur les marchés notamment, il y rencontre de «vrais gens». Il peut y travailler selon son credo, décliné notamment dans sa thèse, qui est que tout pouvoir doit être décentralisé. «Aujourd’hui, poursuit-il, on a besoin de personnes qui font comprendre les réalités aux autres et leur donnent les outils pour les assimiler.» (24 heures)

Créé: 24.02.2015, 09h23

Carte d'identité

Né le 11 juin 1980 à Lausanne.

Cinq dates importantes
1997 Débute théâtre et improvisation.
2007 Adhésion au PS.
2010 Obtention du doctorat ès sciences économiques de HEC.
2011 Création de BSC, association de consultants à but non lucratif.
2012 Election au Grand Conseil vaudois et à la Commission des finances.

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