La femme qui fait courir des milliers de Vaudois

PortraitOrganisatrice du Tour du Pays de Vaud et du Lausanne Marathon, Josette Bruchez-Bernasconi est une perfectionniste.

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Elle est un peu la bonne fée de tous les coureurs. Depuis un quart de siècle, Josette Bruchez-Bernasconi fait courir les Vaudois à l’occasion du Tour du Pays de Vaud (TPV) et du Lausanne Marathon. Cette Montheysanne d’origine est la bienveillance incarnée. «Je me mets toujours à la place des participants. À chaque fois que je prends une décision, je me demande ce qu’ils vont penser, comment ils vont réagir.»

Ce mercredi, lors de la première étape du TPV à Nyon, on la verra régler les petits problèmes de dossards, accueillir les athlètes, prendre des photos pour le site internet de la course et remettre les bouquets de fleurs aux trois premiers. Comme d’habitude, elle sera au four et au moulin, pour s’assurer du bien-être de chacun. Il faut dire qu’elle les aime «ses» athlètes. «J’ai beaucoup de respect pour les gens. Au TPV, il y a de sacrés personnages, des fidèles d’un certain âge qui sont présents depuis le début. Quand il en manque un, je me demande toujours pourquoi il n’est pas là.» Les sportifs sont sensibles à l’attention et aux gestes de l’organisatrice. À l’image de Laura Hrebec, double lauréate du Lausanne Marathon. «Josette est une femme que l’on remarque, estime la championne. Elle est très grande et a une certaine classe. C’est une personne avec qui on a envie de discuter. Elle rend service, fait toujours du mieux qu’elle peut. Elle a toujours du plaisir à féliciter les athlètes. Elle est sensible, à l’écoute et s’intéresse aux autres.»

Avec son fils Steve, Josette Bruchez-Bernasconi forme le duo gagnant de la société RBO qui organise des événements sportifs et assure des mandats pour d’autres manifestations. L’ancienne volleyeuse a créé des courses comme la Barjot Run. Le principe? Crapahuter dans la boue, déguisé, qui plus est sur un parcours semé d’obstacles. «Pour la première édition, on ne savait pas si ça allait prendre. Finalement, il n’y a eu que 20 participants sans déguisement. Les 500 à 600 autres étaient déguisés. Nous avons eu des lapins, des cow-boys ou des hommes habillés en femmes. C’était une belle surprise!»

Les femmes en avant

En 2006, Josette Bruchez-Bernasconi imagine le Women Sport Evasion. Un événement qui permet aux femmes de tester des activités sportives durant une ou deux journées tout en recevant des conseils de beauté, des soins, sans se soucier de devoir préparer le repas de midi. «Parce que les femmes ont beaucoup à faire à la maison, observe-t-elle. Entre les enfants, les courses, le ménage et les autres corvées, il leur fallait une parenthèse.» Résultat: 2600 dames se retrouvent depuis douze ans à Lausanne, en juin, pour s’offrir cette petite respiration bienvenue.

«Pour faire ce métier, il faut toujours avoir l’esprit en ébullition, même le week-end ou en vacances», dit-elle. Mais pour cette stakhanoviste le mot «vacances» n’a rien à voir avec l’idée qu’on s’en fait. «Je déteste en prendre! Car quand tu reviens ta boîte e-mail est saturée. Parfois, je pars quatre jours à Paris pour voir mes amis. Mais là encore, nous parlons course à pied durant tout le séjour. Que voulez-vous, j’ai la chance de faire ce qui me plaît. Avec Steve, nous nous occupons du Lausanne Marathon de A à Z, sauf la tenue de la comptabilité.» Même en train ou en voiture, elle emporte un livre avec elle. «Rester sans rien faire, ça, je ne peux pas!»

Tombée dans la marmite du sport depuis la naissance, elle suivait son père, Paul Bernasconi, sur les terrains de foot à 3 ans déjà. La fille de celui qu’on surnommait le «Grand Paul» en raison de ses 195 cm se retrouvait toute seule à regarder jouer son paternel, en sirotant un Sinalco à la paille. «Il était fier que je perpétue cette lignée sportive. Mon père était aussi champion valaisan vétéran de tennis de table.»

Toujours avec les garçons

Josette Bruchez-Bernasconi est née dans une fratrie de cinq enfants. «J’étais la plus âgée, après une demi-sœur de 13 ans mon aînée. J’aidais ma maman à s’occuper des plus jeunes.» Très vite indépendante, à 5 ans elle se rend toute seule à l’école en trottinette. À 14 ans, elle devient monitrice de gym. «Quand j’avais 15 ans, je passais cinq jours sur sept dans les salles de sport. Lors d’un cours Jeunesse+Sport de volley à Colombier, le sélectionneur national juniors m’a dit que j’avais du potentiel. J’ai rejoint son équipe. Pour cela, j’ai dû m’entraîner chaque semaine, une fois avec les femmes et deux fois avec les hommes.»

Vivre dans un milieu masculin ne lui a jamais fait peur. Ainsi elle entraînera les volleyeurs de Monthey et Ollon et s’engagera dans un apprentissage de dessinatrice en mécanique. «Je n’étais qu’avec des garçons, sourit celle qui adore les voitures et conduire vite sur des circuits. Ils parlaient devant moi comme si j’étais des leurs.» Avec son ex-mari, Robert Bruchez, elle travaillera dans l’architecture, tout en assurant certains mandats sportifs. Ensemble, ils mettront sur pied le Marathon en 1993. «J’ai travaillé plus de trente-sept ans avec lui. Nous avons fait un magnifique travail familial ensemble, de belles organisations. De si longues années ne s’effacent pas, c’est pourquoi l’entente est toujours présente. Nous collaborons encore sur quelques projets. L’histoire se perpétue maintenant avec notre fils.»

Aujourd’hui, le Lausanne Marathon fait courir 13'500 personnes entre la capitale olympique et La Tour-de-Peilz. À chaque lendemain de course, il y a cette petite appréhension de se retrouver sous une montagne de réclamations. «En 2018, nous n’en avons eu que quatre», relève la Saint-Preyarde. Une jolie victoire à mettre à son crédit.

Créé: 15.05.2019, 09h15

Bio

1957

Naissance le 29 janvier à Monthey.

1974

Membre de l’équipe de Suisse junior de volley.

1975

Arbitre volley et cours Jeunesse+Sport. Participation à la Gymnaestrada de Berlin avec l’équipe de Suisse.

1978

Diplôme de dessinatrice en mécanique.

1979

Formation de dessinatrice en architecture, surveillance
de chantier, métrage.

1982

Mariage avec Robert Bruchez.

1984

Naissance de son fils Steve.

1993

Organisation de la première édition du Lausanne Marathon.

1995

Première édition du Tour du Pays de Vaud pédestre.

2003

Crée sa société RBO (Romandie Bruchez Organisations).

2014

Conduite sur circuit.

2015

Conduite sur glace.

2006

Installation de RBO à la Maison du sport international.

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