Une fonceuse de droite au service des enfants

PortraitSyndique de Vufflens-la-Ville depuis dix-huit ans, Ingrid Rossel a mis en place de nombreuses structures régionales.

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Ingrid Rossel n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Il y a près de quarante ans, lorsqu’elle est devenue maman, elle a arrêté de travailler pour s’occuper de ses enfants; même si cela lui en a coûté. En 2003, elle a de nouveau interrompu sa carrière professionnelle pour pouvoir se consacrer pleinement à sa nouvelle tâche de syndique de Vufflens-la-Ville. Une tâche qu’elle abandonnera le 29 février prochain, après trente années d’engagement pour la collectivité. Enfin, en 2012, elle s’est offert, avec le soutien de sa Municipalité, un bras de fer avec le Canton: tant qu’elle n’aurait pas la garantie que la route de contournement de son village – la fameuse RC177 – sera construite, la Commune ne délivrera plus de permis de construire dans la zone industrielle. «C’est dans mon tempérament, sourit-elle comme pour s’excuser. Si une cause me tient à cœur, je vais jusqu’au bout. Je préférerais toujours aller jusqu’au Tribunal fédéral que renoncer de moi-même à un projet dont je suis convaincue.»

Cette grande détermination lui vient peut-être de son papa suisse allemand, qui était très carré. «Comme lui, j’aime quand les choses avancent. Ce qui implique que l’on accorde et s’accorde le droit de se tromper. Dans ce cas, on corrige et on reprend.» Une manière de dire qu’elle n’apprécie guère la tendance croissante à se protéger derrière de multiples études avant de démarrer quoi que ce soit.

Attentive aux autres

Si son rythme n’est pas toujours facile à suivre, il s’accompagne heureusement d’une attention à l’autre au moins aussi importante. Ingrid Rossel l’a d’ailleurs fait fructifier tout au long de son parcours: d’abord comme infirmière - puéricultrice, puis par son engagement politique. Un pur hasard pourtant: «En 1989, j’étais allée, par curiosité, regarder les listes déposées pour l’élection de notre premier Conseil communal. Quand j’ai vu qu’il n’y avait que trois femmes parmi plus de huitante candidatures, j’ai inscrit mon nom.»

N’y voyez pas une fibre féministe. Juste un souci d’équité et de justice. Ingrid Rossel n’apprécie d’ailleurs guère les revendications actuelles de certaines de ses consœurs, lorsqu’elles sont empreintes d’agressivité. «Mais pourquoi devrions-nous faire aux hommes ce qu’ils nous ont imposé? Une société se construit ensemble.»

Une vision du fonctionnement familial

Symbole de sa vision des choses, sa représentation du fonctionnement familial idéal: deux parents travaillant à 80% et des enfants placés trois jours par semaine dans des structures d’accueil. Vu son caractère et ses convictions, pas étonnant donc qu’Ingrid Rossel ait piloté depuis le fauteuil de présidente les associations ayant mis en place le réseau d’écoles, garderies et autres Unités d’accueil pour écoliers de la région de Cossonay - Penthalaz. Un paradoxe pour cette adhérente du PLR? «J’avais accepté de rejoindre ce parti lors de la constitution des nouveaux districts, car c’est celui qui me laissait le plus de liberté. Mais mon parti à moi puiserait des idées dans tous les autres. Et puis, comme avait dit Giscard, la gauche n’a pas le monopole du cœur. J’ai commencé à m’intéresser à ces sujets car, au début de mon engagement politique, mes enfants étaient encore scolarisés. Ensuite tout s’est enchaîné naturellement. J’ai simplement fait en sorte d’être présente là où les choses se jouaient, donc à l’échelon intercommunal.»

«Le fait qu’elle soit de droite et moi de gauche ne nous a jamais posé problème», confirme la députée socialiste et municipale de Cossonay Valérie Induni, qui a beaucoup collaboré avec Ingrid Rossel sur ces dossiers. «C’est effectivement une fonceuse, mais elle est aussi très ouverte à la discussion et cherche toujours des solutions constructives. Tout cela en fait une politicienne et une femme très attachante.»

«Je me verrais bien me mettre au service d’Exit pour accompagner les personnes qui font le choix de partir, ou bénévole au CHUV»

Cette description la touchera sans doute beaucoup, comme l’a touchée la récente démarche de ses collègues municipaux de la proposer au Conseil communal du village comme première Bourgeoise d’honneur. «Un petit bout de papier, mais une grande reconnaissance. Et ça m’émeut d’autant plus que, dans une Municipalité, on se fait rarement des compliments.»

Ces émotions révèlent une sensibilité qui se matérialise aussi dans sa capacité d’émerveillement intacte: pour le lever de soleil qu’elle admire depuis son appartement, la vue sur le Mont-Blanc depuis la salle de la Municipalité, les décors des pays qu’elle visite ou les fonds marins qu’elle aime découvrir avec un masque et des palmes. Quand elle voyage, Ingrid Rossel aime prendre le temps de la progression, qui lui fait découvrir des paysages successifs plutôt que d’être «parachutée» à destination. En ce sens, la pratique de la voile, avec à la fois sa lenteur et son jeu de maîtrise des éléments, lui convient tout particulièrement pour découvrir de nouveaux endroits.

Toutes ces activités, Ingrid Rossel se réjouit de les pratiquer plus assidûment dès le mois de mars prochain. Tout comme, d’ailleurs, les déplacements pour aller découvrir des expositions ou écouter des concerts de musique classique; plaisirs auxquels elle a trop souvent dû renoncer ces dernières années en raison de comités ou d’inaugurations. Quand elle en aura bien profité, elle laissera son envie de se mettre au service des autres revenir la titiller. La future ancienne syndique a même déjà une idée: «Je me verrais bien me mettre au service d’Exit pour accompagner les personnes qui font le choix de partir, ou bénévole au CHUV.» Un mélange d’altruisme et de maîtrise de la situation qui la résument parfaitement.

Créé: 12.11.2019, 08h56

Infobox

1956
Naît le 12 février à Bienne.

1977
Se marie avec Pierre-Yves Rossel et obtient son diplôme d’infirmière-puéricultrice.

1982
S’installe à Vufflens-la-Ville. Naissance de son fils Cédric. Sylvain suivra en 1984.

1990
Est élue au Conseil communal.

1998
Est élue à la Municipalité.

2002
Est élue syndique pour la 1re fois.

2004
Entre au comité de pilotage de la future Association scolaire intercommunale Cossonay-Penthalaz, en deviendra présidente dès 2007.

2006
S’installe avec son nouveau compagnon. Entre au PLR en vue des élections au Grand Conseil.

2008
Entre au comité de pilotage de l’Accueil de jour des enfants de la région de Cossonay, en deviendra présidente en 2009. Entre au comité de la Région Gros-de-Vaud.

2015
Entre au comité de la Fondation pour l’enseignement de la musique.

2019
Est faite Bourgeoise d’honneur.

2020
Remettra son mandat de syndique le 29 février.

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