L’humoriste s’est offert un univers futuriste

PortraitSandrine Viglino, artiste.

Image: Chantal Dervey

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Elle a les yeux qui brillent, Sandrine Viglino, quand elle parle de son nouveau spectacle. La Valaisanne y évoque les rapports entre humanité et développement technologique, ce que l’on appelle l’homme augmenté, ou le transhumanisme. «Les robots, la répartition du travail, l’écologie, ce sont les sujets de demain. On va forcément vers cela, et je pose les questions que tout le monde doit se poser.» A sa manière bien sûr, car «il faut que ça fasse rire! J’aime l’émotion de l’humour, rire fait du bien.» Elle-même, sans être une geek, se considère déjà comme «augmentée»: «Des lunettes à la voiture hybride en passant par le smartphone. J’aime tout ce qui me fait gagner du temps. Ce que j’apprécie le plus dans la technologie, c’est lorsque l’on n’en voit pas la difficulté. Ce qui me permet d’aller vers un art vivant.» Après avoir été pianiste, institutrice, humoriste, la voilà donc qui se glisse dans la peau d’une comédienne. Non sans se demander si elle en a la légitimité, elle qui n’a «pas fait la Manuf’», comme elle appelle l’école de théâtre lausannoise.

«J’ai beaucoup de chance, j’ai toujours pu faire ce que je voulais, je peux m’épanouir»

Son enthousiasme et son énergie lui ont permis aussi bien de convaincre le metteur en scène Lorenzo Malaguerra que d’obtenir le soutien de l’EPFL et de la HES-SO Valais afin de concilier technologie et poésie sur scène. «C’est sûr, j’ai la chance d’avoir plusieurs facettes et des envies qui me boostent. J’ai beaucoup de chance, j’ai toujours pu faire ce que je voulais, je peux m’épanouir.»

La petite Sandrine se disait que 40 ans, ce devait être une espèce d’aboutissement, «l’âge où on est là où on doit être». Elle y est. «Je sais que professionnellement, je suis à la bonne place. Pour le reste, c’est une année durant laquelle je me pose beaucoup de questions. J’espère trouver les réponses avant le 31 décembre!»

Sandrine Viglino a mis longtemps avant d’oser se déclarer «artiste». Ce n’est pourtant pas faute d’avoir commencé tôt. Le piano depuis l’âge de 4 ans, un peu d’accordéon. Mais, à cet âge-là, elle ne s’imaginait pas musicienne. «J’ai toujours voulu être institutrice. Une classe, c’est aussi un public.» Elle a enseigné quelques années, et dit être restée proche d’élèves qui ont maintenant 27-28 ans. Entre-temps, il y a eu la période pianiste de bal, dès ses 13-14 ans. Vendredi et samedi soir, elle faisait danser les gens avec des valses, des tangos ou des marches, et sa maman venait la rechercher au milieu de la nuit. Ses cachets, elle les a mis de côté pour plus tard. Des économies qui lui ont permis, en 1999, de vivre le rêve américain en allant passer sept mois dans une école de musique à Hollywood. «Je suis partie avec quelques copains, c’est un monde qui s’est ouvert, ç’a été le déclic.»

Dans la foulée, elle est engagée à La soupe est pleine et aux Dicodeurs, sur La Première, joue dans le groupe Hirsute. Elle qui se dit prudente, qui essaie «de tout bétonner», attendra encore trois ans avant de quitter l’enseignement, pour pouvoir tourner avec l’imitateur Yann Lambiel ou accompagner la Revue de Cuche et Barbezat. «Je n’ai aucun problème à être derrière quelqu’un, puis à passer seule sur scène. Je n’aime pas les cloisons. Je suis plutôt une artiste avec différents outils dans les mains. Ce qui m’intéresse, c’est le travail, progresser, apprendre, m’enrichir.»

Elle évoque sa double ascendance, valaisanne par sa mère, italienne par son père – son arrière-grand-père a franchi les Alpes –, pour dire sa chance d’être venue au monde dans un milieu où «on fait les choses». Pas très efficace en cuisine – «je suis agréable à table, pas difficile, et je fais un bon commis» –, cette gourmande connaît par cœur, en vraie Valaisanne, la recette de la tarte aux abricots que préparait sa grand-mère, tous les dimanches. «Avec des fruits du Brocard, village de mes parents, à Martigny-Croix.» Puisqu’on y est, «t’as où les vignes»? «Un jour, j’hériterai d’une vigne à Champlan, au-dessus de Sion, d’où vient ma maman. On est des vrais vignerons, dans nos familles. Je n’ai pas pu vendanger cette année, à cause de mon spectacle, ça m’a fait bizarre de ne pas y aller retrouver ma famille et pique-niquer sur les caisses.»

Attention quand même avec les étiquettes posées un peu trop facilement. Installée à Fully avec son compagnon de longue date, Sandrine Viglino ne refuserait pas de bouger. «J’ai réalisé tardivement à quel point j’aime le Léman. Et j’aime les Vaudois… pour leur lac et leur ouverture. Ils m’ont toujours bien accueillie. D’ail­leurs, si quelqu’un cherche à vendre une maison à Vevey, qu’il me contacte!»

En tournée avec Imagine + Fribourg, Théâtre du Bilboquet, ve 18 nov.

Vevey, La Grenette, du me 23 au di 27 nov. www.sandrineviglino.ch (24 heures)

Créé: 14.11.2016, 09h35

Carte d'identité

Née le 10 janvier 1976 à Martigny-Combe.
Sept dates importantes

1989 Débuts en tant que pianiste de bal.

1995 Matu pédagogique d’enseignante à l’Ecole normale.

1996 L’imitateur Yann Lambiel lui demande de l’accompagner au piano.

1999 Passe sept mois dans une école de musique à Hollywood. «Le rêve américain.»

2000 Débuts à La Soupe et aux Dicodeurs, sur la Radio romande.

2003 Quitte l’enseignement.

2016 Fête ses 40 ans. Le 21 octobre, première de son spectacle Imagine+.

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