Au nom du père et de la famille du basket

PortraitXavier Paredes est tombé dans la marmite du BBC Nyon quand il était petit. La saison prochaine, il assumera, à 32 ans, la présidence du club de La Côte.

Xavier Paredes, l'expression d'une certaine décontraction.

Xavier Paredes, l'expression d'une certaine décontraction. Image: Vanessa Cardoso

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Le nom de Paredes résonne d’un écho particulier à Nyon. Il est intimement lié à l’histoire du club de basket qui fête ses 80 ans. Carlos s’était adjugé la Coupe de Suisse en 1981. Xavier a disputé cette même compétition en 2005 sans connaître l’ivresse de la victoire. Mais avec l’immense satisfaction d’avoir marché dans les traces de son père. Plébiscité à la tête du club de La Côte, il relaiera, en 2018/2019, Barbara McAllister, désireuse de passer la main.

À 32 ans, assumer une telle charge ne relève pas de l’ordinaire. «Je ne pouvais plus participer à tous les entraînements et donc être à niveau comme joueur. Mais j’avais tellement envie de rendre au club ce qu’il m’a donné, de m’investir en faveur de ma deuxième famille. De transmettre à mon tour les valeurs qui m’ont été inculquées. Nous avions parlé de la situation avec «Fab» (lisez Fabrice Rey) et il m’a dit: «Pourquoi pas toi? Barbara arrête, vas-y!» Et c’est devenu une évidence.»

Dire que Xavier pense souvent à Fabrice, qui s’en est allé définitivement en octobre, relève de l’euphémisme. «Il offrait son temps, son énergie, ses compétences et sa gentillesse au club. «Fab» était toujours là pour aider les autres, pour s’occuper des jeunes. Au secrétariat, les messages de sympathie ont afflué de partout. Il faisait l’unanimité. Son nom restera dans les mémoires. Mais pas seulement. On réfléchit à des pistes pour perpétuer son souvenir. On pourrait organiser un événement, retirer son numéro 32», souffle Paredes au Moulin, ce restaurant situé à la sortie de l’autoroute à Nyon où il s’est attablé tant de fois avec «Fab» et ses coéquipiers.

De gourmand à gourmet

Cet ailier de 205 cm voit les choses en grand pour le BBC Nyon. «Dimensionné pour la LNB et le mouvement jeunesse, le club roule sur un budget de 300 000 francs. Pas de pertes, pas de dettes. On peut construire sur des bases saines, solides. Pour le développer, le structurer, on a un projet sur cinq ans. À terme, on vise la LNA. Il ne faut pas aller trop vite en besogne et être trop gourmand mais sur le long terme, on imagine être capables de tenir les premiers rôles.» De gourmandise à gourmet il n’y a qu’un pas. Xavier Paredes ne cache pas son plaisir d’être aux fourneaux. «Je cuisine pas trop mal les lasagnes.»

Avant de se forger des souvenirs sur le parquet, «Spike» – surnom dont l’a affublé l’entraîneur philosophe Jon Ferguson, en raison de sa coupe de cheveux et des piquants qui se hérissaient sur sa tête – allait à la chasse au trésor. Les yeux ébaubis. «J’ai récupéré le maillot qu’Olivier Deforel portait à la grande époque. Gamins, nous le suivions ainsi que Robert Margot. Nous allions même les soutenir lorsqu’ils jouaient à Versoix.» À l’évocation de Ferguson, il souffle, amusé: «Ses speechs d’avant-match ou à l’entraînement étaient extraordinaires.»

«On adore New York»

Xavier Paredes a appris les fondamentaux sous la férule de Pierre Badan. Son premier mentor l’avait baptisé «Grand Canard». Gianpaolo Patelli l’a aussi aidé à grandir. «C’est toujours mon entraîneur en 3e ligue!» Le basket est un petit monde ou une grande famille, c’est selon.

En février 2014, Xavier lâchait dans le journal La Côte, dans une interview tout à trac: «Quand un gars me trash, je réponds.» Son sourire irradiant mâtiné de bienveillance semble infirmer ce propos au goût âpre. «J’étais plus jeune. À l’époque, j’avais tendance à répliquer. Avec l’âge, je me suis calmé (rires).» Ses études ont également guidé ses pas en Allemagne, près de Koblenz. Où la sphère orange conserva intact son pouvoir d’attraction. L’intéressé joua alors en 3e division au sein du club de Treis-Karden. Entre son travail en qualité de responsable achats/ventes au sein d’une entreprise dont Lara Gut et Bernhard Russi sont les ambassadeurs, son engagement politique (ce PLR œuvre au sein de la Commission des finances de la Commune de Nyon) et son futur statut de président de club de basket, Xavier Paredes a un agenda bien rempli. Il se ménage pourtant du temps avec son épouse, Mikela. «On partage la passion des voyages. On adore New York.» Le sport reste, bien sûr, au centre de ses préoccupations dans ses hobbies. «Je suis supporter de Genève-Servette.»

Le Rocher, lieu de vie

Il consomme aussi sa passion du sport devant son poste TV. «Je fais quand même attention de ne pas trop en imposer à ma femme. Je suis récemment allé à Barcelone pour assister à Barça-Celta Vigo, avec mon père. Il est de Manresa, une ville distante de quelque 60 km de la capitale catalane. J’y ai encore des oncles et des tantes et nous sommes évidemment sensibles et très touchés par le problème catalan. Mais c’est difficile de bien se positionner depuis ici.»

Ici, c’est le Rocher, pas celui qui caractérise la Principauté de Monaco mais, plus prosaïquement, le centre sportif qui abrite le club du BBC Nyon. «C’est l’endroit que je préfère, l’endroit où j’ai longtemps passé le plus clair de mon temps.» (nxp)

Créé: 20.12.2017, 09h05

Bio

1986 Naît le 2 mars à Morges. Grandit entre Dully, Prangins et Nyon.
2001 Est stagiaire un an dans le centre de formation de l’ASVEL (Association sportive de Villeurbanne Éveil lyonnais), club français de basket prestigieux s’il en est.
2002 Effectue à 16 ans ses premières apparitions en LNA.
2005 Finaliste malheureux de la Coupe de Suisse (contre Boncourt), il obtient là sa meilleure perf intrinsèque.
2016 Est victime d’une rupture totale du tendon d’Achille droit.
2017 Ce titulaire d’un master en management met un terme à sa carrière sportive le 20 mai.
2017 Épouse Mikela, sa compagne depuis trois ans, le 1er juillet.
2018 Endossera à l’été le rôle de président du BBC Nyon.

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