Elle tourne les pages dans un désir d'évasion

PortraitAurore Py, auteure

La Lausannoise d'adoption Aurore Py parle des bibliothèques comme d'un lieu magique, où elle aime venir s'évader depuis petite.

La Lausannoise d'adoption Aurore Py parle des bibliothèques comme d'un lieu magique, où elle aime venir s'évader depuis petite. Image: Patrick Martin

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Après avoir lu le dernier roman d’Aurore Py, un polar très drôle intitulé Lavage à froid uniquement sorti le 3 mars dernier (Ed. de l’Aube), on s’attend à rencontrer une sorte de clown hyperactif à l’humour noir irrésistible déguisé en mère au foyer. On s’attend aussi à la voir dans un café bobo, où se donnent rendez-vous les mamans branchées, heureuses de trouver de la place pour le pousse-pousse entre deux fauteuils chinés desquels il est impossible de se relever. Mais non, Aurore Py arrive très calme, presque gênée, dans le hall de la Bibliothèque cantonale du Palais de Rumine, à Lausanne.

C’est elle qui a choisi le lieu de rendez-vous, un canapé situé à quelques mètres à peine de la bibliothèque où elle a achevé son premier roman, en 2014. «Oui, je sais, je parais timide. En fait, j’ai eu l’habitude depuis petite de cacher ma vraie personnalité, de ne pas laisser sortir d’emblée mon imagination, mon humour et ma fantaisie», s’excuse-t-elle d’entrée avant de commencer à se détendre.

Une personnalité dont les multiples facettes rendent Lavage à froid uniquement irrésistible. L’ouvrage commence comme ces nombreux romans «post chick-lit», où l’héroïne est passée de la poursuite de l’âme sœur à la recherche d’une certaine harmonie, dans sa vie tourmentée de jeune maman dont l’époux passe sa vie au travail. Une harmonie qui s’éloigne lorsqu’elle découvre un cadavre sur le pousse-pousse de ses jumeaux…

De Strasbourg à Versailles

Le lecteur vaudois, lui, se régalera de savoir que la Française a utilisé Lausanne comme toile de fond de son roman. On s’y balade donc entre l’esplanade de Montbenon (un peu) et l’Hôtel de police de Saint-Martin (beaucoup), et l’on sent très bien que l’auteure se plaît dans sa ville d’adoption. «Après avoir grandi en Moselle, dans une famille très catholique, et étudié la théologie à Strasbourg – oui, oui, par choix! –, j’ai suivi mon mari à Versailles. La vie de château? Disons que nous habitions à 200 mètres de son entrée, mais ça s’arrête là. Je n’ai jamais vraiment aimé la tension permanente de la vie parisienne. J’étais donc ravie lorsque mon mari a trouvé un poste à Lausanne. Je n’ai jamais eu aucun mal à tourner la page. Petite, je m’évadais à la bibliothèque. On aurait aisément pu m’y oublier tant j’y passais du temps. Sans doute pour fuir la maison et mes trois frères, y développer mon imagination… Bref, au mois d’août 2007, je suis venue visiter Lausanne et suis tout de suite tombée sous son charme. Il faut dire qu’avec le lac et de nouvelles choses étonnantes à découvrir à chaque coin de rue, la ville a ses arguments!»

«Avec le lac et de nouvelles choses étonnantes à découvrir à chaque coin de rue, la ville de Lausanne a ses arguments!»

Contrairement à la plupart des gens, le jeune couple Py trouve sans trop de peine l’appartement de ses rêves. Aurore poursuit son activité d’enseignante de français – «les cours privés sont rares à Lausanne et la demande est forte» – et lance un blog sur son expatriation en Suisse. Elle crée aussi «Les mercredis frouzes», à l’occasion desquels elle retrouve des compatriotes dans un restaurant de la ville. «L’idée étant notamment de nous moquer gentiment du regard que les Suisses portent sur nous. Cela m’a aidée à me faire rapidement des amis.»

Arrivent ensuite deux enfants, «qui m’ont permis de redécouvrir la ville autrement, à travers leurs yeux». Le troisième, dont la conception a aussi pris neuf mois, c’est son premier roman, Les fruits de l’arrière-saison. «Je prenais de plus en plus de plaisir à construire les billets que je publiais sur mon blog. On m’a dit que je devrais écrire un roman. Je trouvais l’idée intéressante, mais je n’avais pas la moindre idée de sujet.»

En 2010, la famille achète une maison de campagne en Bourgogne, qu’elle retape le week-end. «Je m’y suis intéressée comme à une personne. C’était l’occasion de me remettre à fouiller, comme je le faisais à la bibliothèque. J’ai donc réalisé l’arbre généalogique des propriétaires et découvert que les quatre fils étaient tous revenus de la guerre. Cela a titillé mon imagination et j’ai commencé à écrire une histoire basée en 1936.»

Une histoire qui fleure bon le terroir et séduit un éditeur dix mois après son achèvement. «J’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire, même si j’ai passé bien plus de temps que je ne le voulais à faire des recherches historiques. Je m’intéresse beaucoup à la folie, à la manière dont les maniaco-dépressifs sont pris en charge actuellement. C’est le lien qui unit mes deux romans. Mais, au moment d’écrire le second, je me suis dit que j’allais me faciliter la tâche: il devait être écrit à la première personne, à notre époque, et situé à Lausanne!» (24 heures)

Créé: 15.03.2016, 08h22

Carte d'identité

Née le 7 juillet 1980 à Sarrebourg (F).

Cinq dates importantes


1986 Elle apprend à lire et découvre le monde enchanteur des bibliothèques, où elle aime toujours s’évader.

2001 Rencontre son futur mari, Nicolas, qui lui a permis d’être elle-même en laissant enfin sortir sa fantaisie étouffée.

2007 Déménage à Lausanne.

2009 Naissance de son fils Maximilien. Charlotte suivra trois ans plus tard.

2014 Publication de son premier roman, Les fruits de l’arrière-saison (Ed. Marivole).

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