Elle utilise sa médiumnité pour apaiser les vivants

Denise Kikou GilliandÉgalement documentariste et auteure, la Vaudoise a été elle-même sceptique avant de valider ses recherches par des expériences personnelles.

Denise Kikou Gilliand à la fois documentariste cartésienne et guérisseuse spirituelle.

Denise Kikou Gilliand à la fois documentariste cartésienne et guérisseuse spirituelle. Image: Patrick Martin

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C'est l’histoire d’une petite fille qui a l’impression d’être observée et accompagnée par des présences invisibles. À 7 ans, comme la plupart des petits de son âge, elle communique avec ces amis que personne ne voit et que la société taxe d’imaginaires. Puis les «portes» se referment de manière organique pour la plupart des gosses, afin qu’ils puissent se construire et se forger une pensée.

La petite Denise, elle, a coincé son petit pied dans l’entrebâillement de la porte – de manière consciente ou pas – afin qu’elle ne se referme pas. «Si je voulais quelque chose, il me suffisait de «sortir mes antennes», comme je le disais. J’avais le sentiment d’aimanter les bonnes personnes ou les bonnes réponses.»

L'impression d'être guidée

Ce n’est que bien plus tard que Denise Kikou Gilliand se rendra compte que, sans le savoir, elle exerçait déjà une forme de médiumnité en faisant appel à ses «antennes». «La technique est similaire: on expand notre aura dans l’énergie pour aller capter l’invisible.» Entre la petite fille rebelle qui s’était fait jeter d’une église parce qu’elle riait trop fort et la médium guérisseuse accomplie dont l’agenda de consultations affiche complet six mois à l’avance, bien des années de tâtonnements, de questions et de révélations avec, tout au long du chemin, la très forte impression d’être guidée.

Peu scolaire, fille de parents soixante-huitards, elle s’envole à 16 ans pour le Mexique après avoir bossé comme barmaid pour gagner de quoi lui permettre de tenir six mois. Elle finira par passer deux ans à Mexico, en travaillant notamment comme mannequin après avoir été arrêtée dans la rue.

Expérience dans le mannequinat

«Une femme m’a interceptée en me demandant quelle taille de pantalon je faisais. À l’époque, il n’y avait pas encore le libre-échange et je pensais qu’elle allait me proposer quelque chose en échange de mon jean. Mais elle venait d’ouvrir une agence de mannequins et cherchait des visages européens. Quelle chance! En plus, c’est en tournant des pubs sur les plateaux télé que j’ai découvert le métier de réalisatrice.» Au Mexique, elle découvre aussi un autre rapport à la spiritualité. «La Fête des morts y est quelque chose de très… vivant! On célèbre les disparus, on les nourrit. Cette approche colorée et joyeuse a validé ce que je ressentais enfant.»

Malgré cette révélation, Denise Kikou Gilliand poursuit sa route terrestre. Amoureuse, elle rentre en Suisse puis s’inscrit à une école de cinéma à Florence. Elle se réalise en tant que documentariste avec des commandes qui affluent dès son retour à Lausanne. «J’ai toujours travaillé en indépendante: ma liberté est sacrée! Et j’ai une chance extraordinaire, je m’en suis toujours sortie comme ça. Maintenant, je sais qu’il faut placer des intentions pour que l’univers puisse nous seconder. «Aide-toi et le ciel t’aidera» est l’une des phrases judéo-chrétiennes qui font sens pour moi.»

Le changement de cap se fera via un article de presse présentant la nouvelle école de médiumnité à Neuchâtel. «J’y ai appris toutes les techniques. Mais on m’a surtout enseigné à ouvrir et à refermer mes portes, sinon je capterais tous les gens que je croise dans la rue et je serais épuisée!»

Sur les bancs de l’École Fréquence, elle rencontre Catherine Eicher Wacker, aujourd’hui son associée. Comme d’autres élèves, elles ressentent le besoin de pratiquer, en parallèle avec leurs métiers respectifs. «On faisait ça dans mon salon, mais rapidement il y a eu beaucoup de demandes d’amis. Comme mes enfants grandissaient, ce n’était plus possible de faire ça à domicile. Catherine m’a proposé d’utiliser un local qu’elle avait au centre de Lausanne. Nous y avons lancé nos guérisons publiques gratuites (ndlr: qui ont toujours lieu tous les premiers samedis du mois entre 11h et 13h) et plein d’autres activités. La demande a rapidement explosé. Au point qu’aujourd’hui j’exerce à plein-temps et la liste d’attente est longue.»

Malgré le succès, elle n’en oublie pas son amour pour la réalisation. En 2011, Médiums, d’un monde à l’autre sort sous forme de film et de livre. «Le film a été traité avec sérieux dans les journaux, alors que jusque-là ce genre de sujet se heurtait à pas mal de scepticisme. Mais il a surtout touché le grand public, que je rencontrais lors des projections au cinéma. J’y ai croisé des mamans qui avaient perdu leur enfant par suicide et qui vivaient dans l’angoisse permanente que leur âme soit coincée entre deux mondes ou errait carrément en enfer. Je n’ai pas supporté que ces croyances judéo-chrétiennes fassent autant souffrir des personnes pourtant athées et non pratiquantes. J’ai donc commencé mon travail pour l’Au-delà sans peur, pour leur expliquer que, dans l’autre monde, tout n’est qu’amour et bienveillance.»

C’est d’abord la documentariste cartésienne qui bûche, multipliant les rencontres et les interviews. La médium prend le relais, faisant valider par ses guides tous les propos du livre avant de directement leur donner la parole. «Il y en a huit avec lesquels je travaille régulièrement dans mes consultations. Chacun a sa spécificité. Le client m’expose son problème et, suivant quel guide se présente, je sais la pathologie à traiter.»

Au final, un ouvrage didactique truffé de témoignages, mais aussi de conseils pratiques. «J’encourage l’autonomisation des gens avec des clés de compréhension. Le but n’est pas qu’ils viennent me consulter, mais qu’ils trouvent un certain apaisement.»

Conférence «L’au-delà sans peur» Grenier Bernois, place du Casino 1 à Morges. Ve 26 janv. 19h Hôtel du Cèdre à Bex, sa 3 fév. 13h www.atelier-infini.com (24 heures)

Créé: 23.01.2018, 10h05

Bio

1964 Naît le 23 octobre à Lausanne.
1980 S’envole à 16 ans pour le Mexique avec une amie. Elle y restera deux ans en travaillant notamment comme mannequin.
1985 Diplôme de réalisatrice de l’Istituto di Scienze Cinematografiche de Florence (It).
1989 Travaille sur une des premières campagnes audiovisuelles de prévention du sida.
1994 Sortie de son premier long-métrage, «Mon père, cet ange maudit», qui raconte l’histoire d’un gangster.
1998 Épouse le journaliste Alain Maillard. Naissance de Léo. Yona verra le jour trois ans plus tard.
1999 Fonde l’Association Rebond’Art, qui soutient des projets culturels réalisés avec des personnes démunies.
2005 Formation de médium guérisseuse à l’École Fréquence de Neuchâtel.
2011 Sort son 2e film sur l’immatériel, «Médiums, d’un monde à l’autre».
2012 Ouvre l’Atelier Infini à Lausanne.
2017 Sortie du livre «L’au-delà sans peur» (Éditions Favre).

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