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L’invitéPour des transports publics gratuits!

Luca Schalbetter milite en faveur d’une nouvelle donne en matière de mobilité.

Coronavirus ou pas, nous devrons un jour nous interroger sur notre vision de la mobilité. Longtemps considérée comme utopique et inapplicable, la gratuité des transports publics est une revendication prise, depuis peu, au sérieux. Le Luxembourg, qui applique cette mesure sur tout son territoire depuis le 1er janvier 2020, en est le meilleur exemple.

Dans notre canton, le POP a toujours porté et poussé cette mesure, à différents échelons: initiative parlementaire du député Bernard Borel en 2010, pétition des Jeunes POP Vaud en 2016 et nouvelle initiative parlementaire du député Vincent Keller fin 2018. Même si ces tentatives ont échoué, la dernière a recueilli un bon accueil au centre et chez les Vert’libéraux.

«Les villes qui ont déjà appliqué cette mesure en font un bilan globalement positif.»

Les villes qui ont déjà appliqué cette mesure en font un bilan globalement positif, à plusieurs égards. Premièrement, nous pouvons observer une hausse de la fréquentation des transports publics, et avec cela un report modal de la voiture au train ou au bus. Deuxièmement, la gratuité n’a pas amené une hausse des incivilités dans les transports. Elles peuvent même baisser, à Dunkerque, en Belgique, par exemple. Troisièmement, les investissements dans ce secteur ne décroissent pas non plus avec l’instauration de la gratuité.

Pour le financement, il faut savoir que les pouvoirs publics subventionnent déjà massivement les entreprises de transports publics (entre 30 et 70% pour le sol vaudois). Selon nos estimations, la mesure coûterait environ 232 millions au Canton. Nous proposons un apport via un «versement transport», une taxe entre 3 et 4% sur le bénéfice des grandes entreprises basées dans notre canton, qui suffirait à financer la mesure. Une participation partielle des Communes serait également envisageable.

Une nécessité

De souhaitable, la gratuité des transports publics deviendra bientôt nécessité. La crise écologique à venir nous obligera à penser de façon structurelle notre manière de nous déplacer. La crise sociale et économique, elle, pointe déjà le bout de son nez. Nous devons donc concevoir des outils qui permettent de mettre en œuvre la durabilité, sans passer systématiquement par des mesures punitives qui se répercutent sur les classes populaires, les travailleurs et les retraités. Cette mesure permettrait donc de soulager le budget des ménages, particulièrement celui des familles, en plus de faire profiter largement l’économie locale et le tourisme dans le canton de Vaud.

En garantissant l’exploitation et le développement du réseau de transports publics là où c’est nécessaire, la gratuité des transports publics permettrait de s’engager durablement contre les effets d’une triple crise économique, sociale et écologique.

8 commentaires
    Daniel Favre

    Mouais, comme on dit en anglais “there is no free lunch” et le coût retombera dans les impôts que seuls 50% des habitants - bonnes poires dont je fais partie - paient (exemple ville de Lausanne). Encore une manière détournée de l’extrême gauche de vouloir saigner la classe moyenne au profit des assistés