Passer au contenu principal

Moyen-OrientPour l’Iran, l’embargo onusien sur ses armes est levé

L’Iran estime que les restrictions qui lui ont été imposées sur les ventes et achats d’armes sont arrivées à expiration.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif le 24 septembre 2020 à Moscou.
Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif le 24 septembre 2020 à Moscou.
AFP

En mai 2018, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement son pays de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne et a rétabli de sévères sanctions américaines à l’encontre de l’Iran.

Mais en août, les Etats-Unis ne sont pas parvenus à pousser le Conseil de sécurité à prolonger l’embargo sur les armes et à rétablir les sanctions internationales contre l’Iran levées aux termes du pacte.

Moscou a confirmé en septembre sa volonté de développer sa coopération militaire avec Téhéran une fois l’embargo levé et la Chine ne cache pas non plus son intention de vendre des armes à l’Iran après le 18 octobre.

«La République islamique d’Iran peut donc se procurer les armes et équipements nécessaires de n’importe quelle source sans aucune restriction légale et uniquement sur la base de ses besoins défensifs», ajoute le texte du ministère des Affaires étrangères. Elle «peut aussi exporter des armements défensifs sur la base de ses propres politiques».

Échec américain

La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que toute vente d’armes à l’Iran entraînerait des sanctions.

«Les Etats-Unis sont prêts à se servir de leurs autorités nationales pour sanctionner tout individu ou entité qui contribue de façon matérielle à l’approvisionnement, la vente et le transfert d’armes conventionnelles à l’Iran», a-t-il assuré dans un communiqué.

Dans sa déclaration dimanche, la diplomatie iranienne exhorte les Etats-Unis à «abandonner leur approche destructrice vis-à-vis de la résolution 2231». Elle rappelle que les tentatives américaines ont été «catégoriquement rejetées à plusieurs reprises au cours des trois derniers mois par le Conseil de sécurité».

Dans le cas d’une «violation substantielle de la résolution et des objectifs» du pacte sur le nucléaire, indique le texte, «la République islamique d’Iran se réserve le droit de prendre toutes les contre-mesures nécessaires pour garantir ses intérêts nationaux».

Inquiétude israélienne

Le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif a déclaré sur son compte Twitter que la communauté internationale avait «protégé» l’accord nucléaire et a marqué dimanche la «normalisation de la coopération de l’Iran avec le monde».

M. Trump argue – contre les autres Etats parties à cet accord avec l’Iran (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) – que le texte n’offre pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. L’Iran a toujours démenti vouloir une telle arme.

En Israël, le ministre de la Défense Benny Gantz a tweeté qu’avec «l’expiration de l’embargo sur les armes à l’Iran, nous devons être plus que jamais forts et déterminés». Selon lui, «l’Iran n’a jamais été un problème israélien, mais, avant tout, un problème mondial et régional».

M. Gantz a promis de «continuer à prendre toutes les mesures nécessaires, en concert avec nos partenaires, anciens et nouveaux, pour empêcher l’expansion et l’armement de l’Iran».

AFP/NXP