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L’invitéPour lutter contre le Covid, réfléchir et agir «romand»

Philippe Eggimann souhaite la création d’un comité scientifique romand afin de développer les meilleures réponses possible à la pandémie.

Le fédéralisme a beaucoup de charme et d’atouts, mais aussi ses limites. Notamment lorsqu’il s’agit de lutter contre un virus qui n’a pas de préférence pour les orifices faciaux de l’un ou l’autre type de confédéré, et fait peu de cas des frontières cantonales qu’il franchit clandestinement, bien au chaud au fond des fosses nasales de ses futures victimes.

On suit ainsi la vague pandémique en 26 épisodes au fil des décisions cantonales visant à répondre aussi efficacement que possible, mais aussi différemment que nécessaire, au même danger. Quelle créativité dans l’exercice de la semi-autonomie! Si des vies et notre économie n’étaient pas en jeu, on prendrait presque plaisir à observer nos autorités suer à justifier telle ou telle particularité régionale, pour parfois s’asseoir dessus dans l’urgence quelques jours plus tard. Il ne faut donc pas s’étonner que le pauvre citoyen s’interroge sur la pertinence de toujours tout bien respecter…

«Avec des mesures similaires, prises en même temps, expliquées d’une même voix […], il serait nettement plus facile de convaincre la population romande de s’y rallier.»

Pour éviter un tel chaos et arrêter de perdre un temps précieux, confier les clés à la Confédération semblerait a priori logique pour combattre le coronavirus. Mais les rapports de force étant ce qu’ils sont, que ce soit au sein de la «task force» scientifique nationale ou directement au Palais fédéral et dans ses coursives, le risque d’une pesée d’intérêts défavorable à une minorité de la population n’est pas à négliger.

Il existe pourtant une alternative pour tendre, ici et dans notre propre intérêt, à une unification de la réponse au Covid: une meilleure coordination entre les cantons romands. À nous de choisir, en somme… Avec des mesures similaires, prises en même temps, expliquées d’une même voix par tous les responsables sur la base des mêmes arguments, il serait nettement plus facile de convaincre la population romande de s’y rallier, tout en restreignant la possibilité de les contourner.

On ne peut pas ignorer que pour leur travail, leurs courses, voire leurs quelques loisirs autorisés, les Romands continuent de passer chaque jour par dizaines de milliers les frontières cantonales. Et qu’ils s’informent aussi via les mêmes médias romands ou transcantonaux.

Une entité indispensable

Une première étape indispensable est la création d’un comité scientifique romand où développer solidairement les meilleures solutions pour lutter contre le coronavirus, de ce côté du «Röstigraben». À tout le moins, nos autorités cantonales pourront ensuite fonder leurs décisions sur des éléments objectifs communs pour tenter d’agir de concert.

Depuis l’été, des experts et de nombreux médecins romands ont appelé à la création d’une telle entité, dans la perspective d’une deuxième vague que l’on voyait arriver. Il n’est peut-être pas trop tard… Surtout que le spectre d’une troisième vague, même avec un vaccin sous le sapin, reste encore à craindre.

7 commentaires
    Bullshit Detector

    Encore un médecin ivre du pouvoir de la peur.

    M. Eggimann, je ne veux pas que ma vie soit réglementée par des scientifiques et des médecins bardés de conflits d'intérêt.

    Je ne veux pas que mes loisirs soient "autorisés". Ce n'est pas parce que vous désignez une entité comme “indispensable“ qu'elle l'est, bien au contraire. Votre discours n'est qu'un énième lavage de cerveau destiné à apprêter le terrain pour la suite.

    De plus en plus de gens ne sont plus dupes.

    J'ai voté pour que des élus me représentent, en élaborant des lois et en les appliquant, pas pour qu'ils prennent des décisions suite aux pressions de gens comme vous. Vos conclusions sont très loin de constituer des "éléments objectifs". Au contraire, tout le monde devrait savoir qu'il n'y a de consensus sur à peu près aucune des mesures jusqu'ici imposées par ces comités.

    Je ne veux pas de votre énième Task Force, aussi romande fût-elle.

    Vous contribuez à la perpétuation de mensonges d'État, en utilisant des termes inappropriés. Quelle “deuxième vague“?

    Pour un infectiologue, vous devriez pourtant savoir qu'il s'agit d'une NOUVELLE situation épidémique, provoquée par un nouveau variant de ce virus, dont plus de 6 ont déjà été identifiés. Il est donc évident que, à l'instar d'autres virus qui mutent facilement, les vaccins ne serviront à rien, si ce n'est à gonfler les bénéfices déjà énormes de laboratoires qui veulent faire de toute personne saine un consommateur chronique et angoissé de médicaments.