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Challenge LeaguePour mieux se projeter vers le haut, le SLO sait regarder en bas

Les Stadistes ont été sauvés à la 94e par un ancien joueur de Promotion League, vendredi contre Schaffhouse (2-2). La récompense d’une politique intelligente.

Lavdrim Hajrulahu (à droite) a connu sa deuxième titularisation de la saison avec Stade-Lausanne.
Lavdrim Hajrulahu (à droite) a connu sa deuxième titularisation de la saison avec Stade-Lausanne.
Chantal Dervey

S’il y a bien une chose qu’on peut reprocher à bon nombre de clubs suisses, c’est la peur de regarder en dessous d’eux. Autrement dit, la réticence à faire confiance à des éléments qui proviennent de divisions inférieures. Le défaut est valable en Super League, en Challenge League, mais vaut tout aussi bien pour les ligues qui suivent. Et à cause de ça, chaque année, pléthore de clubs passent à côté de joueurs à fort potentiel, et ces derniers à côté de belles occasions de carrière.

Stade-Lausanne-Ouchy a souvent été loué pour ses exploits, son identité, sa capacité d’adaptation. À raison, mais malheureusement en en oubliant parfois la justesse de sa politique. Pendant des années (cela a un peu changé aujourd’hui), le SLO a été un club disposant de moyens importants pour sa division. Une entité capable d’attirer des éléments de top niveau pour sa catégorie (et ne s’en privant pas), mais qui n’a jamais oublié de s’enquérir de ce qu’il se faisait plus bas au moment de se renforcer.

Avant le début de l’exercice, les derniers arrivés appartenant à cette catégorie s’appelaient notamment Lavrdrim Hajrulahu, Bijan Dalvand ou Zeki Amdouni, trois joueurs qui peuvent légitimement espérer continuer à vivre du football. Et il y en a eu tant d’autres avant eux qui ont participé à amener Stade-Lausanne où il se trouve aujourd’hui.

Merci Giovani Bamba et Mergim Qarri

Cet été, les Stadistes sont allés chercher deux de ces éléments-là: Mergim Qarri et Giovani Bamba. La situation est un peu particulière, puisque les deux hommes appartenaient au Stade Nyonnais, club dirigé par Vartan Sirmakes, également président de Stade-Lausane-Ouchy. Mais au fond qu’importe. Ces footballeurs étaient dominants en Promotion League, le SLO leur a offert la possibilité de prouver leurs qualités à l’étage supérieur: tant mieux.

Et puisque la Promotion League est remplie de joueurs géniaux, rien d’étonnant à voir l’ancien duo nyonnais à l’aise sur une pelouse de Challenge League. Enfin, à l’aise n’est pas tout à fait le terme. Vendredi soir à l’occasion de la réception de Schaffhouse, Mergim Qarri a tout simplement été l’homme le plus en vue sur le terrain. Et si ses statistiques n’ont pas rendu honneur à sa prestation, celles de ses deux premières titularisations sont là pour compenser (un but, un assist). Depuis plusieurs saisons, l’ancien de Lancy et Carouge est un ailier qui monte. Le SLO ne s’est pas trompé en misant dessus.

Giovani Bamba? C’est bien simple, Stade-Lausanne était parti pour revivre exactement le même scénario frustrant que lors de son dernier match face à Grasshopper. Les Lausannois ont ouvert le score en début de seconde période avant d’encaisser deux buts dans les vingt dernières minutes. Il y a trois semaines, cela avait franchement été mal vécu dans les rangs stadistes. Vendredi, la question ne s’est finalement pas posée, puisque l’imposant Bamba a surgi de nulle part à la 94eminute, a plongé sur un coup franc sortant et a envoyé son immense coup de tête juste sous la latte de David Da Costa.

La conséquence, c’est que le SLO reste plutôt bien accroché à sa deuxième place. Un rang flatteur? Peut-être un peu, mais franchement pas si éloigné du potentiel de cette équipe. Pensée et bâtie non sans faille, mais intelligemment.