Passer au contenu principal

Écoles lausannoisesPour une fois, les élèves pouvaient regarder à la fenêtre

Des artistes se produisent dans les cours de récré devant un jeune public resté en classe. Les histoires parlent du confinement.

Les élèves de Chandieu à la fenêtre et les artistes du collectif Et Maintenant… dans la cour de récréation. VANESSA CARDOSO/24HEURES
Les élèves de Chandieu à la fenêtre et les artistes du collectif Et Maintenant… dans la cour de récréation. VANESSA CARDOSO/24HEURES
24 HEURES

Ils n’ont décidément pas eu de chance. En 2019 déjà, le cortège de la Fête du bois des classes enfantines à Lausanne avait été annulé en raison de la canicule. Rebelote en 2020, cette fois pour cause de coronavirus. Mais si tu ne vas pas à la fête, c’est la fête qui viendra à toi. C’est en tout cas l’idée qui a germé dans la tête de quatre artistes lausannois, réunis sous le collectif «Et Maintenant…»: proposer des spectacles adaptés aux écoliers les plus jeunes, en respectant bien entendu les distances sociales toujours de rigueur. Comment? En se produisant dans les cours de récré devant un public en culotte courte massé aux fenêtres. Une trentaine de représentations ont été agendées de fin mai à début juillet. L’une d’elles passait par Chandieu ce vendredi matin.

«Nous avons créé ce spectacle quand nous étions tous confinés»

Sophie Pasquet-Racine, artiste

Sophie Pasquet-Racine est membre du collectif. Dans la cour de récré de Chandieu, elle partage le bitume avec son mari Jean-Samuel, à la clarinette basse, et leur fille Billie. Elle a 4,5 ans. «Ce spectacle intitulé «Des histoires aux fenêtres», nous l’avons créé et répété lorsque nous étions tous confinés. Billie a suivi sa création. Il était normal de l’intégrer», explique la maman. C’est elle la conteuse. Ce matin, les écoliers auront droit aux «Contes à tous les étages». Il y en a six en tout. Billie lancera un dé géant à trois reprises, comme autant d’histoires tirées au hasard, toutes inspirées du confinement. La première se déroule au deuxième étage d’un immeuble imaginaire. C’est celle d’un enfant qui doit rester chez lui et qui se lie d’amitié avec une araignée au plafond. Poétique. Les enfants, un instant agité derrière les baies vitrées de leurs classes, sont concentrés. Ils le seront moins pour la deuxième histoire, un peu plus tarabiscotée, qui se déroule au cinquième étage. Une jeune fille cherche midi à quatorze heures, voire à sa porte. Un peu compliquée pour des primaires. Pour la troisième histoire, qui se passe au sixième sous forme de chanson malheureusement torpillée par des problèmes de son, le relâchement gagne du terrain.

Faire travailler les artistes

«Notre objectif, c’est de raconter des histoires au-delà des écrans, d’ouvrir des fenêtres. Les enfants sont certes retournés à l’école, ils y ont retrouvé les copains, mais il n’y a plus le temps pour des animations pour eux, en dehors des cours. Et nous voilà avec une proposition ludique», explique Sophie Pasquet-Racine. Une proposition en tout cas bienvenue pour les enseignants de Chandieu. Ils gèrent quatre classes d’environ 70 enfants. «Cela ne remplace pas vraiment la Fête du bois, mais c’est une expérience géniale que nous voulions proposer à nos élèves. Et puis, il était important à nos yeux de faire travailler des artistes lausannois qui ont été privés de spectacle durant le confinement», confie Marie Materne, enseignante.

Les spectacles du collectif «Et Maintenant…» ont été proposés aux écoles lausannoises par la Direction de l’enfance, de la jeunesse et et des quartiers. C’est elle qui prend en charge leurs coûts, entre 200 et 300 francs par représentation.