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Réchauffement planétairePourquoi décarboner la planète finance ne suffit pas

L’Union européenne met en place les premières normes contraignantes pour les banques en matière d’investissement durable. Mais il ne faut pas se tromper de cible: la réduction des émissions directes de CO₂ doit primer.

Une bulle financière semble se gonfler sur les actions des firmes actives dans les énergies renouvelables.
Une bulle financière semble se gonfler sur les actions des firmes actives dans les énergies renouvelables.
KEYSTONE

Dans l’air du temps. L’Europe se veut à la pointe en matière d’investissement vert. Les premières dispositions du règlement européen SFDR, portant sur la publication par les banques d’informations sur la durabilité des investissements nichés dans les portefeuilles de la clientèle, sont entrées en vigueur cette semaine. «Il y a une forte demande des fonds de pension et des fonds souverains pour connaître l’empreinte carbone des entreprises dans lesquelles elles investissent», souligne Antoine Mach, directeur de l’agence de notation Covalence.

En vérité, les analyses ESG passant au crible les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance sont partout. Alors, sauvée la planète? C’est aller un peu vite en besogne. On oublie que les banques ou les grands investisseurs, telle la Banque nationale suisse (BNS), souvent décriées, polluent peu directement. «Si vous décarbonez uniquement la sphère financière et pas la sphère réelle, vous n’aurez pas un gramme de CO2 émis en moins», rappelle Jean Laville, associé à Conser et directeur adjoint de la plateforme Swiss Sustainable Finance (SSF). Et comme le changement climatique va toucher tout le monde, c’est bien l’économie réelle qui doit être décarbonée.

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