Pratiques «à la James Bond» du Credit Suisse

Conflit fiscalLes sénateurs Levin et McCain ont réclamé mardi à Washington que la grande banque livre les noms de ses clients américains.

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Les sénateurs Carl Levin et John McCain ont sonné mardi la charge contre le Credit Suisse. Le puissant élu démocrate du Michigan, figure clé de l’affaire UBS, et l’ancien candidat républicain à la Maison-Blanche ont vigoureusement critiqué les agissements de la deuxième plus grande banque helvétique aux Etats-Unis et son «culte du secret» pour dissimuler au fisc américain les comptes de plus de 22 000 clients américains. Ils estiment que le Credit Suisse a accueilli entre 10 et 12 milliards de dollars en provenance des Etats-Unis, des fonds qui n’étaient en «majeure partie» pas déclarés.

Carl Levin, qui a présenté un rapport d’enquête implacable de 175 pages sur les agissements du Credit Suisse aux Etats-Unis, a réclamé les noms des clients américains de la banque. Il a martelé que le Credit Suisse n’a jusqu’ici révélé les noms que de 238 personnes. Le sénateur du Michigan a cité le témoignage d’un ancien client du Credit Suisse pour décrire l’atmosphère «à la James Bond» qui régnait selon lui au sein de la banque helvétique: «Après avoir rencontré un banquier du Credit Suisse à Zurich, le client a signé un papier autorisant le Credit Suisse à détruire les relevés de compte, a affirmé Carl Levin. Le client nous a raconté avoir été emmené dans un ascenseur télécommandé à distance et sans boutons. Les rendez-vous ne se déroulaient pas dans le bureau du banquier, mais dans une salle de conférences impersonnelle donnant un caractère dramatique à l’événement et offrant une vision des pratiques secrètes du Credit Suisse.»

Cette offensive de Carl Levin et John McCain s’est déroulée vingt-quatre heures avant l’audience ce matin à la sous-commission sur les enquêtes, à laquelle doit participer Brady Dougan, le patron du Credit Suisse. Toujours selon Carl Levin, «les banquiers du Credit Suisse ont également remis un relevé de compte à leur client directement dans un hôtel, caché dans un numéro du magazine Sports Illustrated».

L’une des enquêtrices de la sous-commission du Sénat pour les enquêtes a révélé, sous le couvert de l’anonymat, que le Credit Suisse avait ouvert un bureau à l’aéroport de Zurich pour faciliter les affaires avec les clients américains. «On ne parle pas d’un bancomat, mais d’un bureau», a-t-elle déclaré. Ce bureau secret était désigné par les banquiers sous le nom de code «SIOA5», a-t-elle précisé, avant d’ajouter que 1800 banquiers du Credit Suisse étaient impliqués dans les affaires américaines.

Carl Levin et John McCain n’ont pas été avares de critiques envers le Département américain de la justice, qu’ils accusent d’avoir «traîné les pieds». Ils ont aussi fustigé l’attitude du gouvernement suisse, qui, selon eux, ne coopère pas avec les Etats-Unis et protège le secret bancaire helvétique.

Créé: 25.02.2014, 23h00

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