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États-UnisPrimes russes: pas de consensus au sein des services de renseignement

Moscou est soupçonnée d’avoir versé des primes à des insurgés afghans pour tuer des soldats occidentaux, une affaire sur laquelle Donald Trump n’a pas été briefé selon la Maison Blanche

«Il n’existe pas de consensus sur ces affirmations au sein de la communauté du renseignement», a affirmé Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison Blanche. (Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
«Il n’existe pas de consensus sur ces affirmations au sein de la communauté du renseignement», a affirmé Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison Blanche. (Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
AFP

Les services de renseignement américain ne sont pas arrivés à un consensus sur l’affaire des possibles primes versées par Moscou à des insurgés pour tuer des soldats occidentaux en Afghanistan, a assuré lundi la Maison Blanche.

«Il n’existe pas de consensus sur ces affirmations au sein de la communauté du renseignement», a affirmé Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison Blanche, réaffirmant que Donald Trump n’avait pas été briefé sur ce dossier.

La porte-parole a précisé qu’un groupe d’élus des deux partis avait été invité lundi à la Maison Blanche pour être tenus informés sur ce dossier.

Le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a confirmé dans la soirée qu’il s’y rendrait avec d’autres parlementaires de son groupe.

Grands critiques de Donald Trump, avec qui les relations sont tendues, la présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi et le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer n’ont pas reçu d’invitation, ont indiqué à l’AFP leurs équipes.

Ces deux dirigeants démocrates ont demandé à la directrice de la CIA, Gina Haspel et au directeur du renseignement américain (DNI), John Ratcliffe qu’ils informent au plus vite tous les membres de la Chambre et du Sénat sur cette affaire.

Le «New York Times», suivi ensuite par le «Washington Post» et le «Wall Street Journal», ont rapporté ce week-end que des agents russes avaient distribué de l’argent à des combattants «proches des talibans» pour qu’ils tuent des soldats américains ou de l’Otan en Afghanistan.

Selon ces journaux, qui s’appuient sur des sources anonymes au sein du renseignement américain, les informations ont été transmises à Donald Trump, et le conseil de Sécurité nationale de la Maison Blanche en a discuté à la fin mars sans qu’aucune action ne soit engagée.

La Russie et les talibans ont démenti en bloc ces informations.

Saper «nos alliances»

Le président américain a nié dimanche avoir été informé de cette affaire puis expliqué que ses services secrets n’avaient pas estimé cette information «crédible».

«Le refus du président de s’élever contre la Russie met aussi en danger des vies dans la région, pendant que le gouvernement afghan et les États-Unis sont engagés dans des négociations cruciales de paix avec les talibans», a écrit Nancy Pelosi.

«Nous devons savoir si le président Trump a été informé et si oui, quand», a renchéri Chuck Schumer.

Le rival démocrate de Donald Trump pour la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, a estimé, lors d’une levée de fonds en ligne, que le président américain avait «tenté de se mettre dans les petits papiers (du président russe Vladimir Poutine, ndlr.) depuis le tout début, en lui donnant une place qu’il ne mérite pas, en sapant nos alliances en Europe et ailleurs dans le monde».

Chez les républicains aussi des voix s’élèvent autour du cœur des allégations.

«Si les informations du renseignement sur le fait que la Russie ou tout autre pays mettent des primes sur (la vie, ndlr) de militaires américains sont vérifiées, alors ils doivent être traités comme des États soutenant le terrorisme», a tweeté Thom Tillis, un sénateur républicain siégeant à la commission sur les Forces armées.

Il n’y a pas eu de soldat américain tué par des talibans en Afghanistan depuis la fin mars, selon les chiffres officiels du Pentagone.

(AFP/NXP)