Retour historiquePrises d’otages en Suisse: un phénomène rare mais pas exceptionnel
Si le phénomène est rare dans le pays, la prise d’otages de jeudi soir n’est pas une première. Aperçu non exhaustif.

La prise d’otages d’Essert-sous-Champvent est d’autant plus marquante qu’elle est d’une ampleur presque inédite, de par le nombre de personnes retenues sous la menace de l’agresseur. Le phénomène est rare, mais la Suisse a connu des précédents ces dernières années. L’un des cas les plus récents remonte à 10 ans, presque jour pour jour.
Le 17 février 2014, le copilote d’un appareil de la compagnie Ethiopian Airlines profite de l’absence du pilote pour détourner sur Genève l’avion qui effectue la liaison entre Addis-Abeba et Rome. En proie «à une crise paranoïaque», se sentant persécuté, il demande l’asile politique. Les 202 passagers s’en sortent indemnes. Une quinzaine de détournements similaires se sont déroulés en Suisse depuis la fin des années 60.
Le 3 octobre 2013, c’est dans un club érotique de Zizers, dans les Grisons, qu’un ressortissant syrien de 30 ans retient trois personnes. Après une altercation avec l’assaillant, la gérante sort un pistolet et le menace. L’homme le lui arrache des mains. Il faudra huit heures de négociations pour le convaincre de se rendre.
Le 29 septembre 1998, un Français de 27 ans arrache son arme à un policier à l’Hôpital cantonal de Bâle et prend la fuite. Il force le chauffeur d'une camionnette à le conduire à Genève. Il sera arrêté trois mois plus tard.
Le 23 juillet 1992, le pirate de l'air libanais Hussein Hariri et quatre autres détenus s'évadent du pénitencier de Bochuz (VD) en emmenant un chef d'atelier et son adjoint dans un camion. Les otages sont rapidement libérés et les fuyards repris après cinq jours de cavale.
Le 19 mars 1994, trois braqueurs prennent en otage à leur domicile un employé de l'agence de la Banque cantonale de Genève (BCGE) et son épouse. Le lendemain matin, ils contraignent l'employé à ouvrir l'établissement en fixant sur lui une bombe télécommandée et dérobent 900’000 francs. Si les motivations de l’agresseur du train Sainte-Croix-Yverdon ne sont pas encore claires, c’est plutôt l’appât du gain qui motive le plus grand nombre de prises d’otages, dans des scénarios très similaires à celui de Genève.
Dans la nuit du 29 au 30 décembre 1994, deux braqueurs séquestrent le gérant de l’agence BCV de Chexbres (VD) et sa famille. À l'aube, ils font ouvrir le coffre et s'emparent de plusieurs centaines de milliers de francs. Des événements similaires se sont déroulés dans les agences de la BCV à Lausanne le 28 décembre 1991.

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