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L’invitéPrivatiser PostFinance n’est pas la solution!

Vincent Brayer estime que la population n’a pas besoin d’une banque privée supplémentaire, mais d’un service public de qualité.

Le Conseil fédéral vient de proposer au parlement deux modifications du fonctionnement de PostFinance. La première consiste à privatiser la banque en faisant passer la majorité de ses actions en mains privées. La seconde offre au bras bancaire de la Poste le droit d’octroyer des crédits commerciaux et des hypothèques.

Si la possibilité d’accorder à PostFinance plus de marge de manœuvre en la dotant de ces nouveaux outils est intéressante, la volonté affichée du Conseil fédéral de privatiser partiellement PostFinance en ouvrant son actionnariat est une très mauvaise idée qu’il nous faut rejeter.

«Nous verrons, à terme, un démantèlement des prestations, une dégradation des conditions de travail pour les employé·e·s.»

Il n’est pas difficile d’imaginer la suite de la chanson… Une fois la majorité des actions en mains privées, PostFinance se verra soumise à une pression de rentabilité décuplée. La logique du toujours plus rentable sera appliquée au détriment du service public universel. Nous verrons, à terme, un démantèlement des prestations, une dégradation des conditions de travail pour les employé·e·s.

PostFinance a un rôle central de garantie d’accès universel à un service de paiement de qualité pour toutes et tous, des personnes les moins fortunées aux petites entreprises. Demain, avec une PostFinance privatisée, de nombreuses prestations pour les clients moins rentables seront supprimées ou bien seront offertes contre des frais élevés. Au contraire, il faudrait réorienter PostFinance vers une authentique logique de service public, par exemple en supprimant les frais tracassiers introduits au fil des années pour tous les petits clients (gestion de compte, paiements au guichet, etc.).

Pour autant, la possibilité pour PostFinance de diversifier son offre en y intégrant la possibilité d’octroyer des crédits et des hypothèques est une bonne chose. Rappelons que cette interdiction a été mise en place historiquement par le parlement et le Conseil fédéral afin d’éviter une concurrence avec les banques cantonales. Aujourd’hui, ces dernières ont fortement reculé dans le service des paiements, alors que PostFinance est resté le numéro un incontesté du trafic des paiements selon l’Union syndicale suisse.

Lever les interdictions

L’ère des taux d’intérêt bas menace le service public de la Poste en ternissant les bénéfices de PostFinance, mais la privatisation est-elle vraiment la seule proposition du Conseil fédéral? Quittons les postures idéologiques et discutons vraiment de lever l’interdiction d’octroyer des crédits et des hypothèques mais aussi d’établir des garanties de capital étatiques.

La population n’a pas besoin d’une énième banque privée. PostFinance pourrait plutôt devenir une banque du climat en finançant la transition énergétique et climatique. Une chose est sûre: la population désire un service public de qualité dans toutes les régions du pays à un prix abordable. Il nous faut lever l’interdiction d’octroyer des crédits et des hypothèques pour PostFinance et ne pas la privatiser!

5 commentaires
    A réfléchir

    Il faut faire une différence entre le service pour le public et le service public qui est un service pour les fonctionnaires privilégiés (Protections, salaires, etc.). En cas de faillite, qui paiera pour la poste ? Le peuple ?

    Oui pour le service au public.

    Oui pour la privatisation de Post Finance (Concurrence déloyale, avec risque accrue pour la population).

    Oui pour conserver le service universel public de la Poste.