En Suisse, les différences régionales en matière de prix de l’immobilier sont énormes. Dans les communes rurales du Jura ou du Tessin, une maison individuelle coûte en moyenne quelques centaines de milliers de francs. Dans les communes riches de l’agglomération genevoise ou zurichoise, c’est parfois près de dix fois plus. C’est ce que montrent les dernières données de l’entreprise de conseil immobilier Wüest Partner.
Sur la base de ces données, nous avons développé un calculateur hypothécaire qui vous montre dans quelles communes vous pouvez encore vous offrir une maison moyenne (avec 5 à 5,5 pièces) ou un appartement moyen (avec 4 à 4,5 pièces) avec vos moyens financiers. L’outil immobilier compare le prix du marché moyen pour un logement proposé à la vente, dans chaque commune, avec le prix supportable, c’est-à-dire le prix maximal que vous pouvez vous permettre selon vos moyens financiers. Au total, environ 200’000 annonces de logements publiées en 2023 ont été prises en compte dans l’évaluation.
Important: contrairement aux autres endroits de Suisse, la cuisine est comptée comme une pièce à Genève. Un logement de quatre pièces à Genève est un logement comptant une cuisine et trois autres pièces.
Les différences régionales des prix de l’immobilier dépendent de divers facteurs. En principe, plus la demande de logements en propriété est élevée, plus les prix sont élevés. La demande est élevée dans les centres économiques puissants comme Genève ou Zurich. Parmi les dix communes où les prix du marché annoncés sont les plus élevés, six proviennent du canton de Zurich (Kilchberg, Küsnacht, Rüschlikon, Herrliberg, Zumikon et Zollikon) et deux du canton de Genève (Cologny et Vandoeuvres). Cologny arrive en tête de classement: une maison y coûte en moyenne 4,3 millions de francs.
L’attractivité est également un facteur important: les prix des maisons dans les communes touristiques des Grisons comme Silvaplana (7e place) et St-Moritz (15e place) sont très élevés. Les communes fiscalement avantageuses comme Walchwil, dans le canton de Zoug, (10e) et Zoug (14e) sont tout aussi chères.
L’accessibilité a également une influence. Là où l’accès aux grands centres (en voiture ou en transports publics) est comparativement moins bon, les prix de l’immobilier sont également plus bas. C’est notamment le cas de certaines communes du canton du Jura ou du Tessin, où les prix sont particulièrement bas.
Difficile d’acheter une maison
Un constat particulièrement amer pour toutes les personnes souhaitant devenir propriétaires: les prix de l’immobilier en Suisse augmentent nettement plus vite que les salaires. Selon une analyse de Wüest Partner, le prix de vente d’une maison individuelle moyenne correspondait encore à environ six revenus bruts du ménage en 2000. En 2023, il s’élevait déjà à près de dix revenus bruts. Une tendance comparable est également observée pour les appartements en propriété.
Pour de nombreuses jeunes familles, l’achat d’une maison individuelle est devenu «inabordable», explique Robert Weinert, responsable du monitoring immobilier chez Wüest Partner. Une évaluation de l’entreprise montre ainsi qu’aujourd’hui, seul un cinquième des ménages familiaux et des ménages de deux personnes âgés de 30 à 50 ans peuvent encore se permettre de contracter une hypothèque pour une maison individuelle de 5 à 5,5 pièces. Sont pris en compte ici tous les ménages travaillant au moins à 150%.
Dans certaines régions, ces valeurs sont encore plus basses: dans les cantons de Genève, Vaud, Schwytz, Zoug ou encore Zurich, moins de 5% de la population peuvent encore s’offrir une maison. À l’inverse, c’est dans le Jura que cette valeur est la plus élevée, avec 68%.
Selon les prévisions de Wüest Partner, la hausse des prix se poursuivra cette année, même si elle sera nettement moins marquée que par le passé.
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