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AboQualifications à l’Euro 2024
La Suisse au soleil pour effacer les ombres de juin

À Riddes, les internationaux suisses profitent du soleil. En pensant au choc de samedi au Kosovo.
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C’est un peu le proviseur en chef. Pierluigi Tami, directeur des équipes nationales, promène un regard serein sur l’endroit: les trois terrains d’entraînement de Riddes, ceux du FC Sion habituellement. Tout a été soigneusement planifié dans le cadre du nouveau protocole d’accueil de l’équipe de Suisse: qualité de la pelouse et de sa préparation pour induire, en miroir, une qualité d’entraînement des internationaux helvétiques. Le bain de foule de la veille, à Saillon, est oublié, c’est dans le huis clos de Riddes que la sélection suisse prépare depuis ce mardi et jusqu’à vendredi son voyage au Kosovo (match samedi soir à Pristina), dans le cadre des éliminatoires pour l’Euro 2024.

Sourires tranquilles de la délégation, souvenir mitigé des dernières performances: cette chiche victoire en Andorre (2-1), ce nul concédé stupidement dans les ultimes minutes contre la Roumanie, à Lucerne (2-2). C’était en juin. Cela ne remet pas en cause la supériorité de la Suisse dans ce groupe si faible, elle reste en tête du classement.

L’efficacité visée

«Mais c’est une piqûre de rappel, souffle Pierluigi Tami. Je ne parlerais pas d’inquiétude, le mot serait trop fort. Mais cela nous a montré l’importance d’être efficace, de convertir les nombreuses occasions que nous avons eues, notamment contre les Roumains. Cela nous rappelle aussi que la qualification pour l’Euro n’est pas encore en poche.»

Sur le plan des certitudes, après quatre matches de ces éliminatoires, la Suisse a copieusement dominé la Biélorussie (5-0 en Serbie) et Israël (3-0 à Genève), avant de se faire peur en Andorre et de caler contre la Roumanie.

Une nouvelle dynamique est attendue pour cette rentrée. Pour les six derniers matches de qualification, pour tout dire. Sous le soleil de Riddes, les ombres de juin se dissipent. Mais c’est à Pristina, samedi soir, qu’il faudra faire la lumière sur ces intentions.

Un match piège

Le Kosovo, c’est sans doute un match piège à savoir gérer. L’aspect émotif pour Xhaka ou Shaqiri, par exemple; la teneur sportive aussi. «Si l’on prend le potentiel de chaque joueur du Kosovo, on est en droit de se dire que l’équipe n’est pas classée en regard de sa possible valeur», rappelle Tami. Les Kosovars émargent en effet au 109e rang du classement FIFA, derrière la Biélorussie, 98e, pourtant si limitée.

À Riddes, tout le monde sait cela: le potentiel du Kosovo; l’ambiance qui régnera à Pristina samedi soir; le coup de fouet que voudra donner le Slovène Primozh Gliha, le nouveau sélectionneur appelé il y a moins de deux mois à la barre.

Le point de repère, c’est le 29 mars 2022, quand la Suisse a joué en amical pour la première fois contre le Kosovo. «On voulait s’y préparer, au cas où, sourit Tami. Et le tirage au sort a fait le reste ensuite.» Il y a un an et demi, c’est un match nul 1-1 qui avait conclu l’affrontement. «C’était surtout une grande fête pour tout le monde, pour le Kosovo, on sait les liens qui existent entre certains de nos internationaux et ce pays.»

Remo Freuler sourit lui aussi. Le nouveau joueur de Bologne (prêté par Nottingham Forest avec option d’achat pour les Italiens au terme de la saison) résume la situation. «On sait tous ces liens, ou le caractère spécial pour certains coéquipiers ou adversaires, oui, mais une fois sur le terrain, il n’y a plus d’amis le temps du match», assure-t-il.

Calfeutrée derrière des bâches qui enserrent l’entier des trois terrains d’entraînement, juste derrière l’imposante bâtisse d’un géant du bricolage, l’équipe de Suisse est à l’abri des regards indiscrets. Elle sait que la part de rachat, pour ces deux buts concédés contre la Roumanie, passe par un succès probant au Kosovo.

Beaucoup de transferts

La rentrée des classes, à l’international, c’est aussi l’occasion de démontrer pour plusieurs des sélectionnés helvétiques que tout va bien dans leurs nouveaux clubs. Cet été, beaucoup ont changé d’air, comme Freuler. Xhaka est passé d’Arsenal à Leverkusen, Zakaria de Chelsea à Monaco, Okafor de Salzbourg à l’AC Milan, Sommer du Bayern à l’Inter, Zesiger d’YB à Wolfsburg, Amdouni de Bâle à Burnley ou Sow d’Eintracht à Séville, pour ne citer que ceux présents à Riddes.

Cela fait beaucoup de mouvements. Aux internationaux de démontrer qu’ils n’ont pas été perturbés et qu’ils sont prêts à boucler ces qualifications à la première place du groupe. Comme prévu dès le départ. Être favori, c’est assumer cela jusqu’au bout. C’est savoir réagir après avoir trébuché en juin contre les Roumains. C’est gagner samedi soir au Kosovo, en maîtrise, avant de disposer largement d’Andorre, mardi à Tourbillon.