Quand Dumas contait Delacroix
Roman graphique Catherine Meurisse revient sur l'amitié de deux monstres sacrés. Exercice (impertinent) d'admiration.

En 1864, lors d'un vernissage à Paris, Alexandre Dumas donne une causerie sur Eugène Delacroix et s'emballe: «Enlevez-lui couleurs, pinceaux, toiles, il peindra avec le premier morceau de bois venu, du charbon, de la salive ou de la cendre! Il peindra ou il mourra de ne pas peindre!» En fait, l'artiste est mort un an auparavant, mais Dumas, tout à son exercice d'admiration, ne s'en soucie guère. En intime, l'écrivain partage souvenirs cocasses et morceaux de bravoure, épreuves aussi, quand la critique boudait Delacroix.
Catherine Meurisse croque cette amitié avec une vivacité étourdissante. Après «La légèreté» teinté de Caravage déjà, qui la voyait reconquérir la vie après l'attentat de Charlie Hebdo, après «Les grands espaces», bol d'air d'une Parisienne stressée, elle revient sur ce discours qu'elle abordait dès 2005, mais dans la frustration du noir et blanc. Comme Dumas, l'auteur se proclame amateur plus que spécialiste des beaux-arts. Cela n'empêche pas la sensibilité, et il faut voir son trait suggérer l'amertume non dite quand une toile est exilée d'un musée, s'en revient à l'atelier. La liberté guide le peuple, elle guide aussi la bande dessinée.
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