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Mesures sanitaires à l’écoleQuand la confusion gagne les goûters des élèves

Contre le coronavirus, une école genevoise interdisait les gâteaux qui n’étaient pas industriels. Elle a dû revenir en arrière face à la fronde.

Les enfants ne doivent plus partager leur goûter et ne peuvent avoir de gâteaux faits par leurs parents à l’occasion d’un anniversaire fêté en classe.
Les enfants ne doivent plus partager leur goûter et ne peuvent avoir de gâteaux faits par leurs parents à l’occasion d’un anniversaire fêté en classe.
Getty Images

«Entre la première communication puis la seconde, on ne sait plus vraiment ce que nos enfants ont le droit d’amener à l’école.» Comme Marie, maman d’une élève de l’école primaire de Perly-Certoux, dans le canton de Genève, de nombreux parents perdent leur latin avec les nouvelles règles concernant les goûters des enfants. Sur ordre de la médecin cantonale, en raison de la flambée des cas de coronavirus au bout du lac, ils ne peuvent plus être partagés entre les bambins. Et les fêtes d’anniversaires sont prohibées. Enfin presque.

«Entre la première communication puis la seconde, on ne sait plus vraiment ce que nos enfants ont le droit d’amener à l’école.»

Marie, maman d’une élève de l’école primaire de Perly-Certoux

Cela a été un beau petchi lorsque de nouvelles règles ont été annoncées dans cette école genevoise. Un premier courrier de la direction faisait état d’une interdiction d’apporter des gâteaux et pâtisseries pour l’anniversaire d’un enfant «à moins que ceux-ci soient industriels et emballés de manière individuelle».

Le Département genevois de l’instruction publique (DIP) nie être à l’origine d’un tel ordre. Il explique qu’un «adjectif malencontreux» employé dans la lettre du directeur d’établissement, à savoir les «goûters industriels», est à l’origine de cet imbroglio. Seuls les gâteaux cuisinés par les parents doivent être interdits, par manque de traçabilité.

«Il était malheureux de dire que les gâteaux devaient être industriels et emballés, comme si nous étions incapables de faire des pâtisseries individuelles.»

Eric Emery, président des artisans boulangers-confiseurs du canton de Genève

Un rectificatif a ensuite été envoyé aux parents pour tenter de clarifier la situation. Il est cette fois-ci précisé que les pâtisseries «achetées dans les commerces sont autorisées». Elles seront ensuite distribuées par l’enseignant dans le respect des normes d’hygiène. Les boulangers avaient bondi face à la missive de l’école de Perly; ils sont rassurés. «L’affaire est close, il s’agissait de la maladresse d’un fonctionnaire, rapporte Eric Emery, président des artisans boulangers-confiseurs du canton. Il était malheureux de dire que les gâteaux devaient être industriels et emballés, comme si nous étions incapables de faire des pâtisseries individuelles.»

Fini de partager

Alors qu’est-il encore autorisé de faire? À la récréation et contrairement aux anniversaires, il est possible pour un enfant d’avoir son goûter fait maison. Mais il ne doit pas en faire profiter ses camarades. C’est ce que mentionne le plan de protection du DIP: «Les élèves sont priés de ne pas partager leur nourriture ou leur boisson.» Le Département craint en effet la transmission du virus par le biais d’un gâteau touché ou mordu par un élève porteur du coronavirus.

Quant à la justification sanitaire, le Département de la santé indique toutefois que les goûters présentent «peu de risques du côté du Service de la médecin cantonale». Les spécialistes se veulent prudents et vont dans le sens des directives du DIP. «Dans la mesure où le virus circule beaucoup en ce moment à Genève, il est approprié de le traquer partout, y compris sur la nourriture. Et lon peut garantir davantage lhygiène de la préparation des plats par ce type de mesures», estime l’épidémiologiste Antoine Flahault.

«Dans la mesure où le virus circule beaucoup en ce moment à Genève, il est approprié de le traquer partout, y compris sur la nourriture.»

Antoine Flahault, épidémiologiste

Ces restrictions induites par la crise sanitaire font craindre à certains parents des effets négatifs sur le développement des enfants. La fin du partage du goûter, le manque de spontanéité dans la célébration des anniversaires nuisent en effet aux interactions sociales, si importantes chez les plus jeunes.

«La mesure est compréhensible car les moyens de contamination et la longueur de temps durant laquelle le virus reste sur les surfaces ne sont pas clairs, juge Anne Thorel Ruegsegger, secrétaire générale de Fédération des associations de parents d’élèves de l’enseignement obligatoire (FAPEO). Le maximum est fait pour garder les écoles ouvertes. Dans un sens, c’est normal que tout ce qui semble peu sûr devienne suspect et donc interdit, mais il est aussi vrai que la situation complique les choses au niveau de la convivialité. Il ne faudrait pas que cela dure trop longtemps car cela pourrait induire des problèmes plus tard.»

12 commentaires
    Mendriziotto

    Mais les conneries qui s'inventent à Genève ,