Passer au contenu principal

Refus du tournant énergétiqueQuand la vague verte se brise en votation

Le week-end dernier, les Argoviens ont refusé une loi qui permettait de diminuer la consommation en énergie des bâtiments.

La nouvelle loi argovienne sur l’énergie voulait que les nouveaux bâtiments produisent une partie de leurs besoins énergétiques à l’aide par exemple de cellules solaires.
Économie d’énergie
La nouvelle loi argovienne sur l’énergie voulait que les nouveaux bâtiments produisent une partie de leurs besoins énergétiques à l’aide par exemple de cellules solaires.
VQH

Les activistes du climat sur la place Fédérale ont défrayé la chronique toute la semaine dernière. Dimanche, les votations fédérales ont consacré la victoire de la gauche, des Verts et surtout des Vertlibéraux, seul parti national à avoir remporté les cinq scrutins. Et les politologues de gloser sur la poursuite de la vague verte qui emporte tout sur son passage depuis les dernières élections de 2019.

Vraiment? Un scrutin cantonal ce dimanche a pourtant jeté un froid en Suisse alémanique. À contre-courant, si on ose dire, les Argoviens ont refusé la nouvelle loi sur l’énergie que proposaient leur gouvernement et leur parlement. Une claque qui montre que la vague verte peut se briser sur une votation.

Projet pas révolutionnaire

Le projet nétait pas pourtant révolutionnaire. Il voulait baisser les émissions de CO2 générées par les bâtiments à l’aide de diverses mesures touchant les propriétaires. Les chauffe-eau électriques dans les habitations devaient être remplacés ou complétés par de meilleurs systèmes dans un délai de quinze ans. En cas d’installation d’un nouveau système de chauffage, le mazout naurait été toléré qu’avec des conditions strictes. Enfin les nouveaux bâtiments auraient dû couvrir eux-mêmes une partie de leurs besoins énergétiques avec du «combustible» renouvelable comme le solaire.

Eh bien, c’est non! Certains rétorqueront que le résultat s’est joué à un cheveu puisque l’objet a été refusé par 50,9% des votants. Ils ajouteront que l’Argovie est un canton conservateur dominé par l’UDC et le PLR, deux partis qui ne figurent pas en pointe du tournant énergétique. Certes. Mais on aurait tort de croire à un simple accident de parcours.

Confort et porte-monnaie

Il faut se rappeler que d’autres cantons par le passé ont aussi refusé en votation des lois en faveur du tournant énergétique quand cela touchait leur confort ou bien leur porte-monnaie. Fribourg a dit non à l’interdiction des radiateurs électriques et le canton de Berne a rejeté une nouvelle loi énergétique qui prohibait les chauffages à mazout une fois arrivés en bout de course.

Ces votations cantonales dissonantes doivent servir d’avertissement à la nouvelle loi fédérale sur le CO2 qui vient d’être approuvée par le parlement. Elle implique un fort renchérissement du mazout, des hausses du prix de l’essence et lintroduction d’une nouvelle taxe sur les billets d’avion.

Avertissement pour la loi sur le CO2

Un référendum est sur le point dêtre lancé et ne devrait avoir aucun mal à réunir les 50000 signatures. Ceux qui pensent que le tournant énergétique est acté avec la victoire des partis Verts et les manifestations climatiques devraient se méfier. Une votation n’est jamais pliée, comme l’a encore démontré dimanche le vote serré sur les nouveaux avions de combat.