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La rédaction
Quand l’union plaine-montagne échauffe les esprits

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Ce dimanche 18 juin, toute la Suisse aura les yeux rivés sur les résultats des votations fédérales – en particulier pour connaître le sort lié à la loi sur le climat. Toute? Non. Dans le Valais central, beaucoup n’auront d’yeux que pour le verdict d’une affaire locale riche en émotions: la fusion des communes de Sion et de Veysonnaz.

Comme souvent en pareille situation, les passes d’armes ont été épiques entre partisans et adversaires de cette union. D’un côté, le poids des arguments fiscaux: les citoyens de Veysonnaz verront leurs impôts communaux chuter de 20% s’ils acceptent le projet. De l’autre, la crainte que l’identité du village – 600 habitants – disparaisse en devenant un simple quartier de la capitale.

Certains n’ont pas hésité à brandir le spectre d’une «urbanisation de la montagne» à la faveur de la Lex Weber: en cas de fusion, le taux de résidences secondaires à Veysonnaz passerait bien en dessous de la barre fatidique des 20%, ce qui pourrait donner lieu à de nouvelles constructions aujourd’hui interdites. Poussées dans leurs retranchements, les autorités locales ont dû jurer qu’elles prendraient des mesures strictes pour éviter toute dérive de ce genre.

«En Valais comme ailleurs, les petites communes ont de plus en plus de mal à faire face à des tâches qui se complexifient.»

Mensonges, désinformation? Les opposants ont adressé deux recours au Conseil d’État. Selon eux, les explications fournies aux votants, «financées par les deniers publics, manquent d’objectivité, de nuance et de transparence». Ils ont par ailleurs déposé une plainte pénale après la réception d’un e-mail anonyme contenant «des propos insultants». Une enquête de police a été lancée, poussant l’auteur à se dénoncer. Il s’agit d’un cadre de l’administration communale de Veysonnaz, qui a admis avoir agi dans «un moment d’énervement et de désarroi dû au stress de la campagne».

Pas facile, dans des conditions aussi tendues, de ramener le calme sur le coteau. Les arguments rationnels peinent à se faire entendre. Pourtant, en Valais comme ailleurs, les petites communes ont de plus en plus de mal à faire face à des tâches qui se complexifient sans cesse. Les collaborations s’intensifient entre voisins, mais, dans bien des cas, elles ne suffisent plus. La fusion prend alors la forme d’un mariage de raison.

Capitale suisse des Alpes?

Quand le processus aboutit, avec l’adhésion de la population, le résultat s’avère bénéfique. Les exemples sont légion, du canton de Neuchâtel au val d’Anniviers, en passant par la campagne vaudoise. Le nombre de communes en Suisse s’érode peu à peu: l’Office fédéral de la statistique en dénombre 2136, alors qu’il y en avait encore plus de 3000 il y a trente ans.

Sion a déjà convaincu une petite localité voisine, Salins, de la rejoindre en 2013. Mais le scrutin de ce dimanche, entre plaine et montagne, paraît bien plus ardu*. Il a valeur de test à la fois pour l’Exécutif sédunois et pour les communes des alentours. Ceux qui rêvent de transformer le chef-lieu valaisan (35’000 âmes) en «capitale suisse des Alpes» devront batailler ferme.

Le résultat est tombé dimanche 18 juin à 14 h: la fusion ne se fera pas. Si les citoyens de Veysonnaz l’ont approuvée à 55,4% , ceux de Sion l’ont rejetée par 62,15% des voix.