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Un petit détour par le Musée de la modeQuand Pierre Cardin était en visite dans le «village» d’Yverdon

En 2007, Sandrine Fattebert suivait pour 24 heures une soirée où le couturier parrainait un défilé de mode de cinq jeunes stylistes, organisé à l’occasion des 25 ans du Musée de la mode suisse.

Le 25 octobre 2007, à La Marive, défilé de jeunes stylistes dans le cadre des 25 ans du Musée de la mode en présence de Pierre Cardin (à droite), qui vient de recevoir une montre exceptionnelle de la part du designer automobile Franco Sbarro.
Le 25 octobre 2007, à La Marive, défilé de jeunes stylistes dans le cadre des 25 ans du Musée de la mode en présence de Pierre Cardin (à droite), qui vient de recevoir une montre exceptionnelle de la part du designer automobile Franco Sbarro.
Michel Duperrex-A

Le gratin yverdonnois se presse dans le hall d’entrée de la Marive. L’événement est exceptionnel: Pierre Cardin est à Yverdon, à l’occasion des 25 ans du Musée suisse de la mode! Minirobe au coloris acidulé, robe cerceaux ou légèrement trapèze… «C’est toujours un émerveillement!» s’extasie une femme d’âge mûre, devant la quinzaine de modèles seventies du couturier, présentés sur mannequins fixes.

La salle s’emplit peu à peu. Les dernières créations Pierre Cardin défilent sur grand écran. Murmures dans le public. Les spectateurs se lèvent en applaudissant pour saluer l’arrivée du styliste. Le syndic Rémy Jaquier se précipite vers lui, la main tendue. Gloria Capt, la présidente d’organisation, n’en revient toujours pas: «Lorsque l’on m’a annoncé votre présence, je n’y ai pas cru», lance-t-elle à l’adresse du créateur. Décidément, à 80 ans passés, le designer continue à ne pas être là où on l’attend.

Noir et conventionnel dominent

Sur scène, Ilham Vuilloud, ex-speakerine de la TSR, annonce le début du défilé de cinq stylistes. Avec deux arbres boules en pot pour tout décor, les mannequins amateurs s’avancent, tournent, pivotent. Le noir et le conventionnel dominent. Un grain de folie souffle enfin sur le défilé, avec les créations colorées de la Bulgare Mila Iquise, installée à Genève. Alors, les applaudissements éclatent.

«Je suis très heureux d’être ici ce soir et je suis surpris par la qualité du village. Peu de stylistes parviennent à percer. Je me retrouve à travers ces jeunes gens. Leur enthousiasme est merveilleux!»

Pierre Cardin, lors de la visite à Yverdon en 2007

Face aux jeunes débutants, le génie de la haute couture a la politesse de l’indulgence: «Je suis très heureux d’être ici ce soir et je suis surpris par la qualité du village (ndlr: Yverdon!). Peu de stylistes parviennent à percer. Je me retrouve à travers ces jeunes gens. Leur enthousiasme est merveilleux!» Il parle surtout du poids économique de la mode et dit d’elle qu?«elle n’est pas utile, mais indispensable».

Connaissant Pierre Cardin depuis trente-deux ans, Franco Sbarro, le couturier de l’automobile, lui remet en cadeau une montre de sa création. Elégant jusqu’au bout, Pierre Cardin se rattrape à l’heure des remerciements: Yverdon retrouve son statut de ville, du moins à l’échelle suisse. L’honneur est sauf. La magie s’étiole avec le tirage de la tombola. Quelques participants se retrouvent à l’extérieur, avant le cocktail dînatoire. «Tu te rends compte! Pierre Cardin est venu ici, alors qu’il voyage partout dans le monde… s’exclame l’un d’entre eux. Mais pour le défilé, c’est dommage, il y avait beaucoup de déjà-vu. » Là encore, le talent de Pierre Cardin a fait la différence.