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ÉditorialQuand présenter le budget, c’est faire de la politique

Une conférence de presse pour dire que Lausanne est dans les chiffres rouges? Rien de bien nouveau sous le soleil voilé d’octobre. Mais cette année, toute la Municipalité – six membres de gauche, un de droite – était là pour présenter le budget 2021 à la presse. Si seuls les deux socialistes Grégoire Junod (syndic) et Florence Germond (directrice des Finances) se sont exprimés, il a visiblement été décidé d’afficher une équipe soudée face à l’adversité.

Le Covid n’arrange évidemment rien aux affaires lausannoises, déjà fragiles (plus de 2 milliards de dettes, en augmentation). La Ville a, ces derniers mois, ouvert les vannes pour soutenir l’économie locale. Elle a déjà dépensé plus de 30 millions. Et elle entend poursuivre l’effort l’an prochain. En y ajoutant par exemple de l’aide aux transports publics (9 millions), ou encore à l’apprentissage (0,5 million).

Une manière, dit le syndic, de «prendre ses responsabilités». Pour le socialiste candidat à sa réélection en mars prochain, le rôle des autorités est manifestement de protéger et de soutenir. Pas question de compter uniquement sur la résilience individuelle et les aides venues d’en haut. Lausanne payera sa part de la crise.

«Il faut continuer à avoir confiance en l’avenir. Tout arrêter serait un très mauvais signal»

Grégoire Junod, syndic de Lausanne

Elle va même au-delà: elle poursuit son développement. L’aide face au Covid n’est ainsi pas une ponction dans des projets mis en pause ou abandonnés. «Il faut continuer à avoir confiance en l’avenir. Tout arrêter serait un très mauvais signal», martèle le syndic. Crèches, écoles, logements, transports… Ce qui était prévu sera fait. Une politique «anticyclique» qui va à l’encontre d’autres villes, assure Florence Germond. «Ce n’est clairement pas la logique de la Municipalité que de rentrer dans une logique de plan d’économie», dit-elle.

Une attitude qui détonne avec celle du Canton, plus prudent pour ses prévisions 2021, alors que son assise financière est bien plus grande et solide que celle de la capitale.

Il y a un peu moins de cinq ans, Grégoire Junod lançait une législature sous le signe de la collaboration, de la transversalité entre les directions et les municipaux. Au moment de clore cet exercice, le voilà qui prend le pari risqué de ne pas se laisser aller à une frilosité liée à la pandémie.

Les Lausannois devront attendre pour savoir si cette stratégie se révèle judicieuse «à terme». Mais comme la Municipalité dit prendre ses responsabilités, ils sauront au moins à qui demander des comptes, si leur ville finit dans l’ornière.

4 commentaires
    C est quoia

    Ou comment se faire réélire avec l argent des autres